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Dictionnaire international des militants anarchistes
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RAITZON, Henri
Né le 5 mars 1886 à Paris (IIe arr.), mort le 29 février 1948 - métallurgiste - CGT - CGTU – CGTSR – Saint Chamond (Loire) - Lyon (Rhône) –
Article mis en ligne le 10 août 2011

par R.D.

Henri Raitzon appartenait avant la guerre au comité syndical de Levallois-Perret (Seine). Il fut mobilisé comme ajusteur aux Forges et Aciéries de la Marine à Saint-Chamond (Loire). Ses interventions publiques dans la Loire coïncidèrent avec les grèves de décembre 1917 pour la réintégration d’Andrieu. On le vit alors «  prêchant constamment la résistance jusqu’à complète satisfaction des revendications ». Caractérisé par le commissaire spécial de Saint-Chamond comme « très intelligent » et d’une facilité d’élocution remarquable, il fit montre d’une intense activité. En janvier 1918, alors qu’il était devenu secrétaire du syndicat des Métaux de Saint-Chamond, il fut chargé par l’Union départementale d’aider à l’organisation de la grève (presque essentiellement féminine) du Textile de Saint-Julien-Molin-Molette (Loire) ; puis, après un voyage à Paris où il prit langue avec les dirigeants minoritaires en vue « d’un mouvement » contre la guerre, ce fut à cette dernière activité qu’il consacra l’essentiel de son temps. Il s’y fit remarquer par le ton véhément, voire violent de ses propos. Le 3 février 1918, il exalta à Saint-Chamond la manifestation des femmes de Firminy, le 31 janvier, qui empêchèrent les mobilisés de la classe 1913 de partir, «  acte d’émancipation qui a fait trembler les autorités civiles et militaires, obligées d’agir par persuasion ». Il orienta son action plus particulièrement en direction des jeunes et des femmes qu’il invita à rejoindre le syndicat et incita à l’action révolutionnaire ; le 12 mai 1918, au cours d’une réunion de jeunes de Saint-Chamond, il expliqua les principes de l’action révolutionnaire : « Il y a un antagonisme entre le capital et le travail ; seuls les travailleurs sont créateurs de richesses, les autres sont des parasites. Les travailleurs doivent s’unir pour leur émancipation. »

Pendant le mouvement de mai 1918, il joua un rôle important dans les manifestations et meetings de Saint-Chamond, en même temps qu’il participait aux réunions du comité départemental de grève. Il fut arrêté le 26 mai, déféré, avec nombre d’autres, en conseil de guerre (1re catégorie) et présenté comme un « syndicaliste imbu d’idées anarchistes à tendances révolutionnaires ». Enfermé à Clermont, il écrivit à Hubert sur ses conditions de détention. Il choisit comme défenseurs Pierre Laval et Ernest Lafont.

Raitzon s’installa ensuite à Lyon. Il y devint membre du Comité de défense sociale où agissaient de nombreux anarchistes et où il donna son adhésion au deuxième Comité lyonnais pour la reprise des relations internationales qui devint très vite Comité pour la IIIe Internationale ; s’y côtoyaient socialistes et anarchistes. En 1919, il affirma son accord avec le régime soviétique qu’il comprenait comme un régime politique construit sur le syndicalisme et expression du syndicalisme révolutionnaire.

En juillet 1920, il était secrétaire du Parti communiste (voir Raymond Péricat) et appartenait au Comité de défense sociale. Dès septembre 1920, lors d’un débat organisé à Lyon par les métallurgistes de la CGT, il prit cependant position contre l’adhésion à la IIIe Internationale car, disait-il, « les communistes restent parlementaristes ».

En juin 1921 il fut avec Herclet, Laplanche, Berthet et Duffaux l’un des délégués de Villeurbanne au congrès anarchiste régional du sud-est tenu à Lyon. Membre de la commission exécutive de l’Union des syndicats du Rhône, il fut favorable à la participation de l’UD du Rhône au congrès de Paris, des syndicalistes minoritaires (22-24 décembre 1921), préface à la scission de l’UD du Rhône qui, en janvier 1922, justifia cette décision en rappelant que « dès août 1914 » l’UD avait lutté contre « l’infiltration du virus « union sacrée » qui, de reniements en trahisons devait pousser les hommes à la tête de la CGT à substituer à l’intérêt de classe [...] l’intérêt général. » Ce texte fustigeait « les néo-syndicalistes du banquet des industriels et des tapis verts de Versailles » qui volaient au secours de l’État.

Dès mars 1922, la scission était réalisée à Lyon dans les faits ; Raitzon devenait le secrétaire du syndicat unitaire des métallurgistes (CGTU) et, il prit part en juin, au Ier congrès de la Fédération à Saint-Étienne. Allaient alors commencer ses démêlés avec la direction confédérale unitaire. En août 1922, au moment des violences policières meurtrières du Havre, il combattit avec Fourcade (signataire du « pacte » des anarchistes rendu public le 15 juin précédent) la décision de faire la grève nationale du 29 août et défendit l’idée d’une grève pour le lendemain 30. Membre du premier comité régional des syndicats unitaires, il fut désigné, en août 1923, pour participer aux travaux de la commission de propagande créée par l’Union syndicale. Au premier congrès ordinaire de la CGTU du Rhône, tenu le 5 août 1923 au Cercle syndicaliste de Villeurbanne, il représenta les métallurgistes de Givors et vota les résolutions présentées par Fourcade, en opposition à l’orientation de la majorité confédérale communiste. Dans les mois qui suivirent avec le même Henri Fourcade, Th. Argence et P. Pontal, il contribua à provoquer la crise qui devait aboutir à l’institutionnalisation définitive de cette scission par la création, en février, d’une Union régionale syndicaliste formée des syndicats autonomes, syndicats minoritaires, minorités syndicalistes du Rhône, Loire, Saône-et-Loire, Ain, Isère, Drôme, Ardèche, Savoie et Haute-Savoie. Le 31 octobre 1926, il fut délégué de l’UD des syndicats autonomes du Rhône au congrès de cette UD à Villeurbanne. Les 15 et 16 novembre, se constituait la CGT-SR à Lyon et Raitzon y fut nommé à sa commission administrative. Il fut également le secrétaire de la Fédération des métaux CGTSR.

Raitzon finit par abandonner l’action syndicale et il s’installa comme cafetier près de Limonest (Rhône).

Henri Raitzon est mort le 29 février 1948 à Lissieu (Rhône).


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