Dictionnaire international des militants anarchistes
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MATHIEU, Gustave, Louis
Né à Guise (Aisne) le 26 février 1866 – mort à l’été 1946 - Ouvrier mouleur ; forain - Guise (Aisne) - Revin (Ardennes) - Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) – Belgique
Article mis en ligne le 16 juillet 2008
dernière modification le 11 juin 2024

par R.D.
Gustave Mathieu

Gustave Louis Mathieu avait commencé à travailler très jeune au Phalanstère de Guise (Aisne) où son père était ouvrier. En août 1887, il avait constitué un groupe abstentionniste révolutionnaire dont il était le responsable avec le compagnon Louis Basse. Il demeurait alors 24 rue de Robbé A l’automne 1887, à la suite de l’affichage en septembre de deux placards manuscrits menaçant le directeur et les contremaitres de l’usine Godin - d’où venait d’être licencié le compagnon Bal (voir ce nom) - il fut arrêté avec Louis Basse et Henri Jason. Tous trois furent conduits à pieds et enchaines jusqu’à Vervins (distante de 25 kilomètres) pour y être inculpés d’affichage de placard clandestin.

Puis après avoir été licencié, il avait avec Basse gagné en octobre 1887 la Belgique où il travaillait comme ouvrier mouleur à Morlanwelz (Hainault) et avait participé à la formation d’un groupe. Début janvier 1888, lors d’une réunion tenue à Carnières devant 300 oersonnes, où il avait pris la parole aux côtés de Louis Basse, les autorités avaient exigé qu’en cas de découverte les deux hommes soient arrêtés et écroués à la maison d’arrêt des Petis Carmes à Bruxelles.

Il fut poursuivi pour plusieurs vols et était soupçonné d’appartenir eu groupe de cambrioleurs anarchistes de Pini et Placide Schouppe.

En octobre 1889, suite à une réunion publque tenue à Guise dans une auberge, il avait été condamné par défaut à 24h d’emprisonnement aux dépens pur ne pas avoir obtenu l’autorisation de tenir réunion.

Gustave Mathieu

Monté en région parisienne, il demeurait en 1890 à Saint-Ouen, 8 rue Montmartre, et appartenait au groupe anarchiste de Saint-Denis où il fut candidat abstentionniste dans la 2e circonscription (voir portfolio). Son frère (Émile ?) était également membre d’un groupe de Saint-Denis. Au début de l’été 1891 il fut chargé avec le compagnon Boutteville, de coordonner la publication d’un Manifeste de défense des compagnons Dardare, Leveillé et Decamps poursuivis pour les incidents du 1er mai à Clichy. Fin 1891-début 1892 il participait également très activement à l’agitation appelant à la grève des conscrits, notamment à Saint-Denis lors des tirages au sort.

Il travaillait comme employé dans la petite fabrique de couleurs tenue par le compagnon Pompée Viard à Saint-Ouen. Après la mort de ce dernier, sa femme déposa une plainte pour un prétendu "vol" - elle lui avait demandé de déménager certains objets chez des voisins, l’avait ensuite accusé de vol avant de se rétracter lors du procès - qui entraîna le 6 février 1892 l’arrestation au 59 de la rue Montmartre à Saint-Ouen, où ils habitaient de Gustave Mathieu et de Charles Simon. Il fut, semble-t-il, condamné par contumace à 6 mois de prison.

Suspecté également d’avoir participé à la préparation de l’attentat commis le 27 mars 1892 par Ravachol contre le domicile du substitut Bulot, il bénéficia d’un non-lieu le 10 avril 1892. Selon la police il aurait vécu sous la fausse identité de Guy Denis.

Le 3 avril 1892, son arrivée fut signalée à Londres où il aurait été employé comme machiniste dans un théâtre.

En mars 1893 il aurait demeuré chez Remy Schouppe à Bruxelles et lors de l’arrestation de ce dernier, serait parvenu à s’enfuir en sautant par la fenêtre du premier étage puis à rtendre un train à la gare du Midi.

Recherché après sa condamnation par contumace à 6 mois de prison, il fut arrêté le 26 mars 1893 à SaintMichel (Aisne) avant de bénéficier d’un acquittement aux Assises en août 1893, mais d’être condamné en correctionnelle à 1 an de prison et 2 ans d’interdiction de séjour. Puis le 24 octobre 1893 il fut condamné en correctionnel à Vervins à 4 mois supplémentaires de prison pour avoir résisté "avec arme" à son arrestation en mars, peine portée le 25 novembre à 6 mois sur appel à minima du procureur. Il dut détenu à la prison de Laon où il travailla à l’infirmerie. où il fut soupçonné d’avoir été en contact avec Arthur Vautier et Théodore Lardaux (voir ces noms) trouvés porteurs de nites chiffrées sur la fabrication de bombes. Toutefois lors du procès en novembre 1894 à la Cour d’assises de l’Aisne, sa complicité ne ut être provée et il bénaficia d’un non-lieu tandis que Vautier était condamné à 8 ans de travaux forcés et à la relégation et que Lardaux était condamné à 5 ans de la même peine.

En décembre 1893 il figurait sur une liste des anarchistes des Ardennes où il aurait travaillé à Revin et était qualifié de "très redouté".

Il s’exila ensuite en Angleterre - à l’automne 1894 il recevait sa correspondance chez Mme Varlet, 65 Charlotte Street à Londres - où il était notamment en contact avec Agresti et Marocco et en Belgique où l’année suivante il participa à un cambriolage destiné à financer l’évasion du bagne de Charles Simon Biscuit condamné aux travaux forcés lors du procès Ravachol. Gustave Mathieu fut condamné à l’automne 1895 à 5 ans qu’il purgea à Louvain où il mit à profit sa détention pour compléter son instruction.

Revenu en France, il s’installa comme vendeur de lingerie sur les marchés de la région parisienne puis à Guise. Au début des années 1910, il était avec Felix Albert Prévoteaux, le responsable du groupe révolutionnaire de Guise. Il fut entre les deux guerres un abonné fidèle de La Révolution Prolétarienne (Paris 1923-1939) la revue syndicaliste révolutionnaire fondée par P. Monatte. Gustave Mathieu est décédé à l’été 1946.

Il s’agit sans doute du G. Mathieu qui avait collaboré à L’En-Dehors (Paris, 1891-1893) de Zo d’Axa.


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