Alphonse Bal, qui avait été abandonné par son père et avait commencé à travailler dès l’âge de 11 ans, fut appelé au service militaire en octobre 1878, et jugé « bon pour le service auxiliaire ». Il ne fut donc pas incorporé et n’effectua pas d’entraînement militaire.
En 1887, il travaillait aux établissements Godin et était logé au fameux Familistère de Guise (Aisne). Sympathisant anarchiste il avait participé en 1887 avec Édouard Devertus et Massey à un meeting à Saint-Quentin (Aisne) qui valut aux trois hommes d’être ultérieurement poursuivis pour « provocation de militaires à la désobéissance ». Le 10 aout, à la Cour d’assises il fut condamné à 1 an de prison et 100 francs d’amende par défaut — bien que présent dans la salle d’audience — tandis que Devertus avait été condamné à 2 ans de prison et 100 francs d’amende.
En septembre 1887, lors d’une cérémonie de remise de médaille à de vieux ouvriers de Godin, Bal voulut répliquer au maire de Guise qui avait recommandé aux ouvriers de ne jamais écouter les révolutionnaires. On l’empêcha de parler, et Godin lui signifia qu’il serait licencié sous quinzaine.
Quelques jours plus tard, deux affiches manuscrites furent placardées à Guise, menaçant les directeurs et contremaîtres de Godin : soupçonnés, deux anarchistes, Louis Basse et Gustave Mathieu furent arrêtés par les gendarmes, ainsi qu’un autre militant, Henri Jason, qui avait crié « Vive la Commune » lorsque les gendarmes avaient arrêtés Bal. Tous furent immédiatement licenciés de chez Godin ainsi qu’Émile Mathieu le frère de Gustave.
Le jour de son départ de chez Godin, Bal afficha un placard dénonçant Godin et appelant les ouvriers à s’abstenir aux élections municipales, ce qui lui valut une nouvelle garde à vue. De retour au Familistère, sa chambre avait été fouillée et vidée par l’administration Godin, et Bal porta plainte.
Lors des élections municipales, seuls 300 électeurs prirent part au vote et, selon L’Idée ouvrière, 100 bulletins portaient les noms des ouvriers emprisonnés.
Le 14 novembre, Bal comparut devant la cour d’appel de Laon pour le meeting avec Édouard Devertus et Laurent Massey. Sa peine et celle de Massey furent ramenées à trois mois de prison et 16 francs d’amende, tandis que Devertus écopait d’une peine de un an de prison et 100 francs d’amende.
Fin octobre 1888, faute de salle autorisée, Alphonse Bal tint à Guise, avec Louise Michel, Pompée Viard et Joseph Tortelier, un meeting en plein air auquel assistèrent 800 personnes. Cela lui valut une nouvelle détention, et l’ouverture en novembre d’une souscription pour lui venir en aide.
Le 19 janvier 1889, il donna une conférence à Paris.
En juillet 1896, il habitait 46, rue Daguerre, à Paris 14e.
Dictionnaire international des militant·e·s anarchistes (DIMA)