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Dictionnaire international des militants anarchistes
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GUADAGNINI, Diego, Domenico « Romagno Ribelle » ; « Alfredo Errante »
Né à Imola (Bologne) le 26 mars 1890 – mort le 20 juillet 1932 - Ouvrier - UCAI – UAI – USI - Imola (Emilie Romagne)– Milan (Lombardie)
Article mis en ligne le 17 octobre 2007
Dernière modification le 12 septembre 2019

par R.D.

Au début de la première guerre mondiale, Diego Guadignini, était un très actif militant antimilitariste qui collaborait en particulier à l’hebdomadaire Coerenza (Milan). Appelé sous les drapeaux le 2 août 1916, il s’insoumettait et se réfugiait dans la région de Ponterosso où il organisait un réseau de soutien aux déserteurs. Le 22 septembre 1917 il participait à Imola au second congrès clandestin de l’Union anarchiste d’Emilie Romagne (UAER) . Arrêté avec une dizaine de compagnons le 18 novembre 1917, il était emprisonné jusqu’à la fin de la guerre.

Bon orateur et « journaliste » il allait alors participer très activement à la réorganisation du mouvement libertaire à la tête de la Commission de correspondance de l’Emilie Romagne. Délégué à la plupart des congrès il allait prendre part à la fondation des diverses fédérations provinciales. En avril 1919 il fut l’un des délégués d’Imola au congrès de l’Union Communiste Anarchiste Italienne (UCAI). Secrétaire du Faisceau libertaire d’Imola, il participa à l’organisation des émeutes de juillet contre la vie chère au cours desquelles quatre personnes furent tuées par les carabiniers. En juin 1920 il était l’un des fondateurs dans la zone de Pontelungo de Bologne d’un cercle d’études sociales éducatif et antimilitariste qui allait attirer de nombreux jeunes de la région.
Délégué au congrès de l’Union anarchiste italienne (UAI) à Bologne en juillet 1920, il y fut nommé à la Commission de correspondance et secrétaire du Comité de défense libertaire des prisonniers politiques.

Il était à la même époque l’un des gérants de Sorgiamo (Rimini-Imola, 17 janvier 1920 – 27 janvier 1923) hebdomadaire de l’UAER auquel il collaborera jusqu’à son interdiction en janvier 1923. Sous divers pseudonymes (Romagnolo Ribelle, Alfredo Errante, Ogeid) il collaborait à de très nombreux titres de la presse libertaire dont Umanita Nova, Fede, Il Risveglio, etc.

Secrétaire de l’Union Syndicale Italienne (USI) d’Imola, il participa à toutes les luttes paysannes et surtout eut un rôle très important dans les tentatives pour barrer la route au fascisme. Membre du Comité de Romagne de l’Alliance Ouvrière, c’est à son initiative qu’avait été acquis une centaine de pistolets auprès des compagnons de Brescia, afin de pouvoir armer les ouvriers locaux. Recherché en 1921 par la police il se transférait à Milan où à partir de l’automne 1922 il allait prendre la gérance de la librairie anarchiste Tempi Nuovi jusqu’à sa fermeture en 1923.

Arrêté en compagnie de Malatesta, et considéré comme « sans emploi »il était renvoyé à Imola. Il regagnait rapidement la Lombardie où il allait assurer la diffusion de la presse clandestine et organiser en 1924 et 1925 plusieurs rencontres clandestines de compagnons dont les deux réunions nationales tenues en janvier et août 1925 auxquelles participèrent entre autres L. Fabbri et C. Berneri. Accusé d’avoir réorganisé le groupe Bakunin, il était arrêté en 1926 et condamné le 23 novembre à 5 ans d’isolement à Ustica. Libéré fin 1929, après une réduction de peine suite à une amnistie, il fit l’objet d’une surveillance et de persécutions incessantes jusqu’à son décés survenu le 20 juillet 1932 lors d’un accident de tramway à Milan.

Sa compagne, Ermenegilda Villa avait été condamné par le tribunal spécial à l’isolement à Lipari où elle sera internée de 1929 à 1931.


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