Dictionnaire international des militants anarchistes
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GRIMBERT, Victor, Émile “{Victor Courlesrues}”
Né à Reims (Marne) en 1869 - mort le 2 mars 1929 - Scieur de long ; chiffonnier – Reims (Marne)
Article mis en ligne le 12 octobre 2007
dernière modification le 20 avril 2024

par R.D.

Fiché par la police comme anarchiste depuis 1894, Victor Grimbert fut l’un des plus actifs militants anarchistes rémois. Suite à une lettre anonyme le dénonçant comme étant “le chef des cambrioleurs anarchistes”, son domicile 53 rue de Saint-Thierry fut perquisitionné le 14 mars 1894 par la police qui y trouva “un poignard, le n°253 du Père Peinard, la brochure Ravachol anarchiste, la déclaration de ce dernier aux assises” ainsi qu’un “petit paquet renfermant une matière noirâtre” qui se révèlera être un mélange de glucose et de sable ! A la même époque il était abonné au Libertaire.

En septembre 1899 il fut envoyé effectuer une période de 28 jours au 161e Régiment de Ligne.

En 1901, après avoir été l’un des animateurs du syndicat des irréguliers du travail, Grimbert, qui demeurait alors 24 rue de Mersy, créa le syndicat des hommes de peine qui début 1904 comptait 67 membres, chiffre qui tombait en 1911 à 27. Puis, à partir de 1906, il fut l’un des principaux rédacteurs avec Charles Dhooghe et Jean Bourguer du journal libertaire La Cravache (Reims, 115 numéros du 15 décembre 1906 au 29 novembre 1913) où ses articles, souvent signés Victor Courlesrues, étaient consacrés à la solidarité. Dans son costume de velours, un large foulard rouge autour du cou, parcourant la ville avec une charrette tirée par un âne, qu’il appelait Victor, le chiffonnier-brocanteur Victor Grimbert était une figure bien connue à Reims.

En décembre 1907, sous l’égide du Comité de défense sociale, dont il était l’un des animateurs, il avait été avec Dooghe l’organisateur d’une série de conférences publiques pour la défense du compagnon Bourguer récemment condamné à 20 ans de travaux forcés pour “complicité de vol par recel d’un fauteuil”. Certaines de ces conférences furent présidées par Merckel assisté de Stoffel et Ranty.

Affaire Bourguer (décembre 1907)

Au printemps 1908 il avait récupéré les vieux drapeaux tricolores de la sous préfecture et mis l’un d’eux sur un tas de fumier devant sa maison. Après s’être affronté ave la troupe venue le retirer, il était poursuivi pour “outrages et insultes à un commandant des forces armées”. Acquitté, il était condamné en appel le 30 mai 1909 à deux mois de prison tandis que sa belle sœur écoppait d’un mois. Il fit appel mais sera emprisonné début 1910 et effectuera sa peine. Ce n’est que quatre jours avant sa libération qu’il obtiendra le régime politique.

Le 20 décembre 1908 il avait présidé à la Bouse du travail le meeting - interdit par les autorités - sur la grève et la répression de Villeneuve-Saint-Georges où, devant environ 220 personnes, prirent la parole Dooghe, Henri Dret (fédération des cuirs et peaux CGT de Paris), Paté (chemins de fer d’Epernay) et Boudoux (métallurgie de Meurthe-et-Moselle)

Meeting sur les évènements de Villeneuve-Saint-Georges (1908)

Le 9 novembre 1912, lors d’une réunion du Comité de défense sociale (CDS) de Reims, dont il était le responsable, qui avait réuni environ 150 personnes, il avait traité de la suppression des conseils de guerre, des bagnes militaires, de l’abrogation de la loi Millerand-Berry et avait lu quelques pages du livre de Darien Biribi. Puis dans l’éventualité d’une guerre européenne, il avait engagé les auditeurs à faire une active propagande contre la guerre et qu’avec l’aide la CGT serait déclenchée la grève générale révolutionnaire. Il avait ajouté : “Si on nous donne des fusils, nous ne nous en servirons pas contre nos frères de misère, mais bien pour nous procurer du pain”. A la fin du meeting, Charles Dhooghe, qui avait également pris la parole, avait fait une quête pour la création à Reims d’un nouveau journal, La Lutte ouvrière, devant remplacer La Cravache.

Le 26 mai 1913, suite à divers troubles survenus dans des régiment et de la campagne menée au printemps 1913 contre la loi de 3 ans par le Comité de défense sociale, il fut l’objet comme plusieurs autres anarchistes locaux – dont C. Dhooghe, R. Galli, Hanikenne, Louis Pichon – d’une perquisition de son domicile, 110 Boulevard Charles Arnould.

À la déclaration de guerre, il fut interné au camp d’Aurec (Haute-Loire) dont il s’évada en plein hiver en traversant la Loire à la nage ; il fut alors recueilli et hébergé par Charles Dhooghe.

Après la guerre, V. Grimbert revint à Reims. Il parut attiré par le mouvement communiste et en octobre 1921, la police l’estimait rallié au Parti. Membre du bureau de la section de Reims de la SFIC, il continuait à se proclamer « communiste libertaire », se disait antiparlementaire et se déclarait opposé à toute dictature même celle du prolétariat (voir sa notice complète dans le Maitron). Critiqué par les anarchistes parisiens qui lui reprochaient son pragmatisme et par les communistes condamnant ses positions individualistes, il participa par la suite à des réunions du groupe anarchiste Terre et Liberté. Il avait participé en 1923 à l’emprunt pour Le Libertaire quotidien.
En 1925 son fils, militant des syndicats autonomes, s’opposait à la CGTU.

Victor Grimbert est décédé à Reims le 2 mars 1929.


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