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BEAUJARDIN Henri « Père Barbassou », « le Bûcheron », « Quelconque »
Né le 15 mai 1865 à Bouglon (Lot-et-Garonne) - mort le 4 janvier 1928 - Maçon ; Cultivateur - CGT - Bouglon (Lot-et-Garonne)
Article mis en ligne le 3 juillet 2007
dernière modification le 19 février 2017

par R.D.
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Né à Bouglon près de Marmande (Lot-et-Garonne), Henri Beaujardin avait peu fréquenté l’école. Domestique dès l’âge de huit ans, puis apprenti et enfin ouvrier maçon, il mena pendant des années une vie errante en France et même à l’étranger. Il avait acquis « de bric et de broc » selon sa formule, une culture générale servie par une mémoire peu ordinaire. « Adolescent, il militait déjà. Il avait acquis d’emblée la conscience de classe, au sortir de l’enfance, sans passer par les habituelles étapes intermédiaires, sans donner un seul jour dans l’idéologie des différents partis bourgeois » (cf. Le Travailleur, 7 janvier 1928).

En 1887-88, il était à Bouglon l’un des animateurs pour le Midi du groupe Le Coq rouge qui regroupait les compagnons travailleurs de la terre et publiait divers manifestes et placards.

Beaujardin, qui en 1889 servait de boite aux lettres au militant libertaire Octave Jahn, collabora à la fin du 19è siècle et avant la première guerre mondiale à de nombreux journaux anarchistes dont Le Révolté (Genève), La Lutte Sociale (Lyon), le Forçat du Travail (Bordeaux), la Justicia Humana (Barcelone), L’Insurgé (Limoges), le Père Peinard puis le Libertaire où sous le nom du père Barbassou il écrivait respectivement les rubriques La babillarde du campluchard qui lui valut d’être poursuivi en avril 1891 et Propos d’un paysan.

Dans les années 1910, Beaujardin s’était lié d’amitié avec le futur député communiste Renaud Jean. Le témoignage de ce dernier est d’un grand intérêt. Il était pour moi, un ami de plus de vingt ans. Des champs où je travaillais je voyais, à quelques kilomètres, la ligne des arbres bordant le chemin qui conduisait à sa maison. Nous nous rencontrions tous les mois, à la foire de son village. Plusieurs fois chaque année nous nous asseyions à la même table.Un ami avec qui, d’ailleurs, les discussions n’étaient pas toujours aisées. Nos formations différentes se heurtaient parfois. Mais nous sommes quelques-uns dans notre coin de Gascogne qui lui devons, au moins en partie, notre conscience de classe, que son impitoyable critique a aidé à se débarrasser de ces dogmes pourvoyeurs d’esclavage matériel et intellectuel : Dieu et Patrie ». Selon Renaud Jean, Beaujardin était « communiste libertaire » ; il était par tempérament réfractaire à toute discipline mais « d’autre part sa conception de la révolution le conduisait à l’acceptation de la discipline nécessaire. Avant la guerre, il échappait sans trop de mal à cette contradiction ».

Le ralliement de la CGT à l’Union sacrée puis la Révolution russe l’amenèrent à adhérer au Parti communiste et à collaborer au Travailleur du Lot-et-Garonne sous la signature du Bûcheron. En 1921, il était membre du comité directeur de la Fédération communiste et en 1923, il participait toujours au comité fédéral du PC et écrivait également dans La Voix Paysanne. Cependant Le Libertaire publia en 1927 quelques articles de Beaujardin sous la signature de Quelconque. À la fin de 1926, il subit l’amputation d’une cuisse : sur son lit d’hôpital il continua la rédaction de ses rubriques, sans jamais souffler mot de son état. Son dernier « papier » fut écrit quelques jours avant son décès, (le 4 janvier 1928), alors qu’il se savait condamné. Ses obsèques eurent lieu le 6 janvier à Bouglon. Renaud Jean apporta le salut de la Voix Paysanne et du Conseil paysan ; un autre discours fut prononcé par le maire, ami d’enfance du défunt : « Il faut rendre justice à ces derniers d’avoir respecté le caractère intégral du regretté camarade » écrivait Le Libertaire (20 janvier 1928).

P.S. :

Sources : Le LibertaireLe Travailleur du Lot-et-Garonne, 14 janvier 1928. = notice de J. Maitron et Cl. Pennetier in "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...", op. cit. // R. Bianco "Un siècle de presse...", op. cit. // Le Père Peinard, 26 avril 1891 // La Révolte, année 1888 //


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