Dictionnaire international des militants anarchistes
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LEGAY, Henri
Né le 15 décembre 1869 à Nérondes (Cher) – mort le 13 avril 1932 - Cheminot ; serrurier – CGT – CGTU – Orléans (Loiret)
Article mis en ligne le 26 avril 2013
dernière modification le 7 septembre 2023

par ps

Fils de tisserands, Henri Legay s’était installé à Orléans au début des années 1880 et était entré en 1889 comme serrurier aux ateliers des chemins de fer. Militant de la CGT et abonné aux Temps nouveaux, il fut l’un des animateurs de la manifestation du 1er mai 1906. Il était alors décrit par la presse locale comme faisant « preuve d’une violence inouïe. Il est hervéiste, antimilitariste et le proclame furieusement ! Il proteste véhémentement contre le grand complot [de Clémenceau]. Pour en être réduit à de pareils moyens, dit-il, il faut que la société ne tienne plus debout. Je n’ai plus de patrie. On l’applaudit et on crie vive l’anarchie » (cf. Le journal du Loiret, 2 mai 1906).

Déjà en décembre 1902, il avait manifesté son esprit d’indépendance et de révolte. Ayant appris que, suite à une conférence qu’il avait donné à l’Université populaire, i avait été diplômé par la Ligue de l’enseignement, il avait refusé cette distinction dans une lettre adressée au journal Le Républicain orléanais où il écrivait : "…Je suis entré à l’université populaire pour y développer mon instruction et pour participer à une oeuvre d’éducation ouvrière, et non pas pour contribuer, par mon exemple, à entretenir dans la masse le gout et la religion des diplômes, décorations et autres amulettes indignes d’un personnage sérieux. Je croyais que la Ligue de l’enseignement était une oeuvre d’éducation et non de domestication… Puisqu’on persiste néanmoins à me gratifier, contre ma volonté, d’un morceau de papier que je juge inutile et ridicule, je vous prie de bien vouloir faire connaître publiquement mon refus à vos lecteurs, en donnant asile à ma lettre dans les colonnes de votre journal.…” (reproduit in Les Temps nouveaux, 13 décembre 1902).

Responsable en 1919-1920 du syndicat CGT des cheminots du réseau État d’Orléans, avec notamment l’anarcho-syndicaliste Jules Buissonière et le communiste René Bailly, il anima les deux grandes grèves de 1920 ce qui lui valut d’être révoqué et dut, pour subsister quitter le Loiret.

Réintégré aux chemins de fer à la fin 1924 il reprit alors la lutte au sein de la CGTU et au Secours rouge jusqu’à sa mise à la retraite fin 1927. Végétarien et anti alcoolique, H. Legay, selon E. Armand qu’il avait souvent hébergé à Orléans, « ne comprenait pas qu’en URSS les prolétaires continuent à boire et fumer ».

Le 2 avril 1932, lors d’un défilé militaire place de la Gare, il avait crié « A bas la guerre ! ». Aussitôt arrêté il fut emmené d’abord au poste de la gare et violemment passé à tabac, puis transféré au commissariat où il fut à nouveau frappé. Emprisonné sans soins pendant 9 jours, il rentra chez lui pour y mourir le 13 avril suivant, d’une « péritonite consécutive à un traumatisme violent de la cage thoracique » selon le médecin légiste.

Un comité Henry Legay fut formé sous la présidence de l’anarchiste Colin, allant des radicaux aux anarchistes, et organisa une manifestation le 19 mai présidée par Buissonnière, qui avait réuni un millier de personnes demandant que justice soit faite. Toutefois, les communistes et quelques anarchistes refusèrent de participer à ce comité où figurait le Parti radical dont certains policiers étaient membres et qui gérait la municipalité, et formèrent le Comité des amis d’Henry Legay dont le secrétaire était l’anarchiste Marius Berger. En mai les deux policiers qui avaient été inculpés furent mis hors de cause et le mois suivant l’affaire fut classée.


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