Dictionnaire international des militants anarchistes
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LAMI, Mario “{Umberto CECOTTI” ; “Mario COLAMI}”
Né à Pontedera (Pise) le 9 janvier 1887 – mort le 31 octobre 1930 - Mécanicien naval - UCAPI - USI – Pise (Toscane) – La Spezia (Ligurie) – Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne)
Article mis en ligne le 5 mars 2010
dernière modification le 16 mai 2024

par R.D.
Mario Lami

Issu de la petite bourgeoisie, Mario Lami était le fils de Pantaleone et de Gemma Masi. Après avoir abandonné ses études après l’école primaire et suite à la faillite de son père, patron d’une petite usine de feutre et de teinturerie, il partait avec sa famille et ses frères Antonio, Dagoberto et Ottorino, s’installer à Pise où avec ses frères il allait entrer en contact avec les milieux socialistes et subversifs de la ville. En 1906 il entrait à l’école de Saint-Gobain comme apprenti mécanicien et se montrait un propagandiste actif des idées socialistes sur son lieu de travail. Mario adhérait à la Fédération des jeunes socialistes et entretenait des rapports avec d’autres militants d’autres villes toscanes. Il était alors signalé comme un « fervent antimilitariste ».

En septembre 1907 il épousait Rita Martini (née à Pise le 13 novembre 1888-morte à Paris le 4 décembre 1964) dont il aura deux filles, Cosetta (Née à Pise le 8 juin 1910-morte à Aubagne le 25 mai 2005) et Elda (Née à Pise le 20 novembre 1914-morte à Clamart le 25 mai 2006). Au cours des années qui suivirent Mario Lami développa une conscience syndicale, se rapprochant des idéaux syndicalistes. En 1912 il adhérait au Comité pisan d’action directe. L’année suivante, il était employé aux ateliers ferroviaires et commençait à faire des conférences et des meetings. Pendant la grève générale, il prenait une part active aux manifestations et aux actions contre les briseurs de grève et fut dénoncé pour « attentat à la liberté du travail ». En 1915 il partait pour Castiglioncello de Rosignato Maritimo où il était toujours l’objet d’une surveillance policière. Appelé sous les drapeaux pendant la guerre, il fut gazé.

En 1919, avec son frère Dagoberto, il ouvrait la Chambre du travail de Pise, appelée La Commune.

En 1920 il se rendait à La Spezia où il allait travailler aux chantiers navals de l’Ansaldo de Muggiano (Genova). Mario Lami s’était rapproché des idéaux libertaires et était entré en contact avec de nombreux militants dont Camillo Berneri, Antonio Cieri, Rivoluzio Gilioli, Umberto Marzocchi, Alberto Meschi, Tintino Rasi, etc. Devenu militant anarchiste, il diffusait les idées libertaires, prenait la parole lors des meetings et avait des activités d’organisateur syndical. En août 1920 il prit une part active dans le congrès national des organisations métallurgiques de l’Union syndicale italienne (USI) qui se tint à La Spezia. Très actif lors du mouvement d’occupation des usines de septembre 1920, il fit partie de la Commission d’usine des chantiers navals de Muggiano où il travaillait.

En mai 1921, au lendemain d’une manifestation où l’armée et la police avaient ouvert le feu sur la foule, tuant femmes et enfants, il était l’orateur d’un meeting syndical à Muggiano, au cours duquel, un policier en civil avait été reconnu et lynché par les manifestants. Considéré comme l’instigateur, Mario Lami était recherché et considéré comme « un délinquant en fuite ». Il parvenait à gagner Pise et ensuite à s’embarquer clandestinement à Livourne sur un navire en partance pour Marseille. Il fut ensuite rejoint clandestinement par sa femme et ses filles et fut l’objet d’une inscription sur les bulletins de recherches de la police italienne.

Lors du procès en 1923, il fut condamné par contumace à 22 ans de prison pour « homicide volontaire » tandis que son frère Ottorino, qui le rejoindra en France, était condamné par contumace à 11 ans de prison. Ses deux autres frères avaient été arrêtés : Dagoberto fut condamné à 7 ans de prison et décédéra le 18 mars 1924 à la prison politique de Soriano del Cimino dans des circonstances suspectes ; Antonio sera relaxé, mais battu à un tel point à sa sortie du tribunal par un groupe de fascistes qu’il décèdera peu après, le 15 mai 1925, des suites des coups reçus.

Mario Lami s’installa à Fontenay-sous-Bois sous le nom d’emprunt de Umberto Cecotti -il utilisa également le nom de Mario Colami – où il continua à manifester ses idéaux anarchistes. Il fit partie avec Mastrodicasa, Fornasari, Castagnoli et d’autres du groupe de Fontenay-sous-Bois qui se regroupa autour du périodique Lotta Anarchica (Paris, 1929-1933) et fonda l’Unione comunista anarchica dei profughi italiani (UCAPI) afin de reconstituer l’Union anarchiste italienne (UAI).

Mario Lami, ancien gazé et éprouvé par la tuberculose, par l’exil et sa condamnation injuste, tomba malade et décédait à Fontenay-sous-Bois le 31 octobre 1930.

Sa fille Cosetta épousera à Paris en avril 1941 l’anarchiste Gino Balestri.


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