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Dictionnaire international des militants anarchistes
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BROUSSOULOUX, François, Jean-Baptiste « PINTELON », « ROUARD », « VIOCHOT », « Louis l’Algérien »
Né à Alger le 9 juillet 1863 - Cafetier ; docker - CGT - Alger - Marseille (Bouches-du-Rhône) - Lyon (Rhône) - Saint-Etienne (Loire) - Cherbourg (Manche) - Paris - Brest (Finistère) - La Ciotat
Article mis en ligne le 7 décembre 2006
dernière modification le 14 janvier 2018

par R.D.
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Broussouloux fut déclaré insoumis pour ne s’être pas présenté à une période de vingt-huit jours, condamné à un mois de prison par le conseil de guerre d’Alger, puis, à sa libération, incorporé au 1er régiment de zouaves.

En 1890, Broussouloux exploitait un café à Alger. Il vendit son café et se rendit à Marseille. Quand il fut sans argent, il travailla aux docks puis, en 1892, se rendit à Lyon, puis à Saint-Étienne. Conférencier, il était lié aux milieux anarchistes. Après semble-t-il une condamnation, il se réfugia à Barcelone où en janvier 1893 il se faisait adresser son courrier au siège du journal El Productor.

En août 1893, revenu en France après un séjour en Suisse, il fut candidat — peut-être candidat abstentionniste — à Cherbourg à une élection législative.

Selon un rapport de police, Henri Rouard (né le 16 juin 1867 en Loire inférieure), hébergé chez S. Lepalier, était devenu depuis début 1893, le diffuseur local du Père Peinard parvenant "à en porter le débit jusqu’à 1200 exemplaires" et menant une grande agitation auprès des ouvriers de l’Arsenal et des soldats (cf. Arc. Nat. BB 186451). Lors des élections législatives il avait été candidat et avait recueilli 103 voix. En septembre, il fut condamné par défaut avec Delalé du Père Peinard, par la cour d’assises de la Manche siégeant à Coutances, à deux ans de prison pour faux en écritures et quitta Cherbourg. Il pourrait y avoir identité avec Broussouloux qui utilisa le nom de Rouard comme pseudonyme.

Le 21 novembre 1893, suite à une perquisition chez un certain Paul, Louis, Maximilien Viochot (né à Paris le 3 octobre 1860 ?) qui faisait des conférences dans la région de Chalon sur Saône, la police soupçonna qu’il y avait identité avec Broussouloux. Viochot avait également été signalé comme vendeur du Père Peinard à Besançon de septembre à octobre 1893.

En 1894 il utilisait l’identité du compagnon belge Ferdinand Pintelon, ce qui valut à ce dernier d’être l’objet le 7 juin 1893 d’un arrêté d’expulsion de France, notifié en mars 1894, puis rapporté en avril 1896 après que la police ait découvert la supercherie.

En 1896, Broussouloux habitait Paris, 5, rue Sainte-Isaure. A l’occasion des élections municipales de mai 1896, il fut l’auteur d’un manifeste abstentionniste. Il participa, en septembre, au VIIIe congrès national corporatif — 2e de la CGT — tenu à Tours (Indre-et-Loire) et devint membre du comité de la grève générale. Selon un rapport de police, il était d’une « intelligence au-dessus de la moyenne » ; après avoir préconisé l’emploi de moyens violents, il se déclarait en faveur d’une « propagande intellectuelle ».

A l’été 1896 il aurait quitté son poste de garçon de magasin pour être employé comme administrateur de La Clameur.

Il semblerait qu’entre 1896 et 1899, Broussouloux aut donné bon nombre de conférences à Brest sur divers sujets (le militarisme, le parlementarisme, la crise économique et les moyens d’en finir, les mensonges sociaux, etc.). Dans un rapport de juillet 1896, le commissaire de police le décrivait comme un "phraseux, sans fonds, sans suite dans ses idées...et il est facile de constater qu’il n’a ni instruction, ni éducation", ajoutant toutefois qu’il avait "beaucoup lu et retenu l’histoire de la révolution française, Chateaubriand, Corneille, Victor Hugo et autres écrivains célèbres".

A l’automne 1896 il fut une série de conférences dans la région de Saint Etienne (Saint Chamond, La Grand-Croix, Saint Pail en Jarret...) . Le 16 décembre 1896, alors qu’il était malade et hospitalisé à Romans, au commissaire venu lui demander son identité il avait répondu qu’il étaou "autant difficile d’apprendre l’humanité à un commissaire que d’apprendre la musique à un âne". Le 17 janvier 1897 à Romans (Drôme) il tenait une conférence à Romans, présidée par Hippolyte Poncin et en présence d’une soixantaine de personnes dont douze femmes. Il y avait notamment dénoncé les socialistes comme "des menteurs et des fumistes", appelé à la grève générale et au soutien du journal La Clameur. Il avait également déclaré qu’il valait mieux "au lieu de la dynamite explosive se servir de la dynamite intellectuelle ; c’est à dire du livre qui éclaire les esprits et les fait évoluer vers la société future".

A la mi mars 1897, lors d’une réunion sur les guerres d’Orient et contre le cléricalisme tenue à la salle de la Belle polonaise, rue de la Gaité, il avait été l’un des orateurs - avec entre autres Raubinau et Georges Renard, et outre les sujets traités, avait fait l’apologie des syndicats où l’on avait négligé d’entrer et avait appeler à la grève générale tandis que Renard l’avait réfuté sur ce point et avait fait l’apologie de l’égoïsme, "l’individu lui même devant faire son bonheur et non pas compter sur les autres". Il était à cette époque rédacteur au Libertaire.

Dans un autre rapport sur une réunion tenue vraisemblablement en juillet 1897 dans un café du quartier Saint-Martin à Brest, il était mentionné que "l’anarchiste Broussouloux et ses amis au nombre d’une trentaine ont récité des monologues et chanté des chansons de circonstance, entre autres "Ravachol sera vengé", "Les bourgeois", "Plus de maîtres", "La Crapule", "Plus de frontières", "La révolte"."

Le 11 septembre 1897, aux cotés notamment de Louise Michel, il avait été l’un des orateurs du meeting en faveur des Martyrs de Montjuich, tenu la salle Crest et auquel avaient assisté environ 200 personnes. Après avoir manifesté sa solidarité avec les compagnons espagnols et avoir également protesté contre l’augmentation du prix du pain, il avait assuré que " malgré toutes les lois scélérates qui pourront être faites pour anéantir les anarchistes, ceux ci existeront toujours et ils ne pardonneront jamais l’application de ces lois".

A cette époque il était également le principal animateur du groupe La solidarité des trimardeurs qui organisait réunions et soirées notamment au café André, 42 rue Balgny.

En janvier 1898, avec notamment Matha, Faure, Tortelier, Henri Dhorr et Louise Michel, il fut au nombre de ceux qui prennent la parole pour protester contre le huis clos prononcé dans l’affaire Dreyfus (voir Portfolio).

Enfin un rapport du 27 juin 1899 précise que le "citoyen Broussouloux continue sa campagne d’agitation et de trouble. Hier soir il a provoqué une manifestation tumultueuse" suite à l’annulation d’une réunion ayant pour thème "Le sabre, le goupillon, la boue et le sang". C’est à la suite de cette manifestation que Paul Gosselin, directeur du Pére Peinard et ami de Broussouloux, fut poursuivi et condamné à 25 F. d’amende.

Début 1900 il aurait été nommé secrétaire du groupe anticlérical qui se réunissait à La Garenne Colombes (Seine) , 14 rue de Courbevoie, formé à l’instigation de la Ligue des droits de l’homme et dont le secrétaire était un certain Bobillier.

Il y a sans doute identité avec Broussoulou, vieux militant de Saint-Etienne, qui s’était retiré à La Ciotat où en 1936 il appartenait encore à un groupe anarchiste.

P.S. :

Sources : Arch. Nat. F7/13 933= Dictionnaire biographique du mouvement..., op. cit.// Voix Libertaire, année 1936 // Arc. Municipales Brest, série 2I // Le Père Peinard, 1er janvier 1893, année 1896 // Arc. Nat. BB 186449, BB 186451, BB 186452, F7/12504, F7/12507, F7/12723 1994 0494 art.54 (Le Libertaire) // Etat signalétique des anarchistes étrangers expulsés de France, n°13, juillet 1896 // APpo BA 80, BA 1497 //


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  • Conférence de Broussouloux à Romans, janvier 1897
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  • Réunion contre le huis clos de l’afaire Dreyfus (janvier 1898)
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