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Dictionnaire international des militants anarchistes
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MONTANT, Alphonse, Marie « MONAT »
Né le 6 mars 1858 à Reignier (Haute Savoie) - Ouvrier menuisier - Paris – Marseille (Bouches-du-Rhône)
Article mis en ligne le 17 septembre 2008
dernière modification le 6 août 2017

par R.D., René Bianco
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Alphonse Montant, qui se disait ancien secrétaire du communard Gustave Flourens, avait d’abord milité à Paris où il était très connu dans les groupes anarchistes au début des années 1880.

Le 10 mars 1883, c’est lui qui, avec Cardeillac, avait été l’organisateur d’un meeting tenu 2 Boulevard de la Contrescarpe pour protester contre la répression la veille de la manifestation des sans-travail à l’esplanade des invalides à l’issue de laquelle des boulangeries avaient été pillées dans le quartier Maubert (voir Emile Pouget). Ce meeting auquel devaient prendre la parole Louise Michel, Gautier, Montant, Labat et Tortelier, avait réuni quelques 200 personnes. Montant qui dirigeait les débats, y avait lu une lettre de Louise Michel expliquant que, recherchée par la police, elle ne se présenterait pas à la réunion ne voulant pas laisser aux policiers "le plaisir de l’arrêter" et qu’elle se présentera devant les tribunaux "lorsqu’elle y sera appelée". Il avait notamment ajouté que la révolution était commencée et, dans des termes très violents, avait invité l’assistance "à ne plus reculer et à affronter les mouchards, la police et l’armée". Peu après il était condamné à 3 mois de prison.

A cette époque, il était membre, semble-t-il, du groupe L’Eclair dont faisaient également partie Rieffel, Raoux, Tortelier, Cardillac et Gauthier.

Doué d’une éloquence certaine, il donna de nombreuses causeries, appelant notamment à l’abolition de l’armée permanente et c’est son activité de propagandiste qui l’amena à Marseille où sa présence fut signalée pour la première fois en juin 1884. Il parcourait alors la région (Toulon, Nîmes, Montpellier) donnant de nombreuses causeries et conférences et suscitant la création de groupes anarchistes.

Particulièrement actif au cours des années 1884-1892, il changeait fréquemment de domicile et la police ignora longtemps son nom, le signalant sous ceux de Mona, Monna, Monin et Monat. Il collabora à cette époque à l’organe communiste anarchiste L’Affamé (Marseille, ai moins 6 numéros du 15 mai au 27 juillet 1884) dont le gérant était Louis Bouisson.

Le 27 juin 1889 Monat , qui avait été nommé délégué des groupes socialistes de Paris et Marseille au Congrès international devant se tenir à Paris le 14 juillet, avait donné à Nîmes, à la chapelle de l’ancien lycée, une conférence sur le thème "Le congrès et ses conséquences". Le 6 juillet 1889, aux cotés de Verdier, Brunet, Sébastien Faure, Tricot et Octave Jahn il fut l’un des orateurs du meeting organisé à Nîmes par Jean-Pierre Geay auquel participèrent environ 700 personnes et où il exhorta l’auditoire à ne pas voter, dénonçant ceux qui se présentaient au suffrage comme "des charlatans en chasse d’un portefeuille".

En 1892 il accompagna Sébastien Faure dans ses tournées et le remplaça à l’occasion lorsque ce dernier était souffrant. Le 9 janvier, lors d’une de ces conférences, il fut très applaudi par les 250 personnes présentes, lorsqu’il déclara : « …Il nous faut donc partout , et même lorsque nous voyageons, faire parvenir dans les villages ou hameaux brichures, journaux, etc..trautant des questions sociales. De cette façon nous obtiendrons bientôt une minorité ytès importante, car vous ne l’ignorez pas, il y a dix ans, la cause anarchiste n’était guère connue, elle était à l’état d’embryon. Aujourd’hui elle est sortié du néant, elle vit et ne demande qu’à vivre. C’est à vous de la faire prospérer » (cf. rapport du commissaire de police, 9 janvier 1892, AD M6/3396).

Il fut également l’un des rédacteurs du journal L’Agitateur (Marseille, 12 numéros du 1er mars au 15 mai 1892). Début avril 1892 il fut poursuivi avec Sébastien Faure sous l’inculpation de « coups et blessures donnés lors d’une réunion » - le 21 février précédent, des coups avaient été échangés avec des contradicteurs - et n’hésita pas à se constituer volontairement prisonnier. Lors du procès le 6 mai 1892, il fit l’exposé des théories anarchistes « dont la réalisation rendra l’humanité plus heureuse » et fut condamné, comme Faure, à un mois de prison.

Cette même année 1892 il semble s’être rendu en Algérie où il fut signalé à Alger et surnommé Monnac et Menil Montant. Peu après il avait regagné Marseille où il avait été arrêté.

Il habitait alors 25 rue Pastouret avec sa compagne Joséphine Dumas et fut perquisitionné à plusieurs reprises, parfois même en son absence commle 1er janvier 1894 où la police avait saisis des exemplaires du Père Peinard, de La Révolte et un recueil manuscrit de conférences anarchistes . Puis Montant se détacha du mouvement anarchiste et passa au socialisme, participant en décembre 1894 au premier congrès régional socialiste. Il fut rayé définitivement des états des anarchistes du département le 1er décembre 1896 sur lesquels il était qualifié « d’un des plus dangereux ». Au début des années 1900 il fut expulsé de Belgique.

P.S. :

Sources : AD Marseille M6/3345, 3347B, 3352, 3387, 3390, 3391, 3392, 3393, 3395, 3396, 3397, 3400, 3406, ZI/10 — Appo BA74 = R. Bianco « Le mouvement anarchiste… », op. cit. // Les temps Nouveaux, année 1889 (l’appelle Monat) // R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. // AD Gard 1M736, 4U5302 // Arc. Nat. BB 186449, BB 186461, F7/12508 // APpo BA 73 //


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