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Dictionnaire international des militants anarchistes
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BÉRANGER Julien (ou Jules) "OSCAR" ; "Le ROUQUIN"
Né le 7 février 1874 à Roubaix (Nord) – mort au printemps 1939 - Ouvrier appêteur ; cabaretier ; camelot - FCAR - CGT - Roubaix (Nord) & La Courneuve
Article mis en ligne le 28 novembre 2006
dernière modification le 24 avril 2017

par R.D.
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Julien ou Jules Béranger dit Oscar , né de parents belges, était au début des années 1890 camelot dans l’Aisne et la Marne où il était un proche du compagnon Claeys. Avant 1914, il fut un des principaux animateurs de l’anarchisme à Roubaix.

Le 1er janvier 1894 il fut l’objet d’une perquisition où la police avait saisis un grand nombre de journaux anarchistes et de brochures. Le 10 mars suivant, Béranger fut l’objet d’un arrêté d’expulsion à la suite d’une condamnation pour "fraude". Toutefois, étant devenu français par tirage au sort en 1895, la mesure sera rapportée le 14 janvier 1897. Il fut arrêté en octobre 1895 et condamné à 2 mois de prison à Reims où les compagnons firent une collecte pour assurer sa défense, collecte qui avait rapporté 31 francs (dont 21 pour l’avocat).

Revenu à Roubaix en janvier 1897, il demeura 38 rue Paul-Bert et continua à faire de la propagande anarchiste.

A l’automne 1900 il demeurait rue des Longues haies et, selon la police, préparait en collaboration avec V. Loquier et le groupe d’Epinal la publication d’un manifeste antimilitariste et d’une traduction de la brochure de J. Most La Peste religieuse.

A l’occasion de la visite du Tsar en France, le 16 septembre 1901, à la gare de Roubaix, il fut arrêté avec le compagnon Demollet avec lequel il voulait aller à Lille et avec Séraphine Pajaud accompagnée du compagnon Lanneau qui se rendaient à Croix. Touys furent maintenus 5 jours en prison sans aucun interrogatoire et des perquisitions furent effectuées à leurs domiciles. Remis en liberté, Béranger fut aussitôt licencié de son atelier où les ouvriers arrêtèrent le travail et obtinrent sa réintégration.

Au début des années 1900 il était ouvrier apprêteur d’étoffes et en 1902 était le gérant de l’estaminet Le Palais au Pile qui servait de lieu de réunion aux anarchistes locaux. Lors des grèves de 1903 il fut condamné à 6 mois de prison pour "entraves à la liberté du travail" avant de bénéficier de l’amnistie du 1er janvier 1904.

En 1909, il était le correspondant de la Guerre sociale et avait déménagé son estaminet au 104 rue Bernard où il y constituait une librairie anarchiste.

Le 11 décembre 1910, il fut un des fondateurs du Groupe d’action et d’éducation syndicaliste (GAES) de Roubaix, qui structura la minorité syndicaliste révolutionnaire dans ce département où la CGT était dominée par les guesdistes. Le GAES, animé par les libertaires, avait son siège au 104, rue Bernard.

En janvier 1911, Julien Béranger fut un des initiateurs de la nouvelle série du Combat (Roubaix, au moins 3 numéros du 7 au 21 janvier 1911) , « organe communiste révolutionnaire du Nord » animé par le groupe anarchiste de Roubaix et dont le gérant était J.N. Knokaert. Le titre sera repris de janvier 1912 à juillet 1914 (au mins 29 numéros).

Du 15 au 17 août 1913, il fut délégué au congrès national anarchiste à Paris, et participa à la rédaction du manifeste de la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR), aux côtés de Marc Pierrot, Sébastien Faure et Ernest Girault.
Vers cette époque il fut semble-t-il domicilié en région parisienne, 45 rue Claude Lorrain, et était membre du groupe L’Ent’raide des Temps Nouveaux. En 1914 il était membre du groupe de Roubaix-Tourcoing de la FCAR dont Knockaert était le secrétaire.

Pendant la Grande Guerre, Béranger, qui avait été réformé n°2 en mai 1915, désapprouva l’union sacrée. Au printemps 1916, membre du groupe Le Combat de Roubaix, il apporta sa signature et celle d’« amis de Roubaix » au manifeste pacifiste « La paix par les peuples » (voir Charles Benoît) qui s’opposait au Manifeste des Seize (voir Jean Grave). Puis il fit partie des diffuseurs du journal pacifiste CQFD de Sébastien Faure. Poursuivi devant le conseil de guerre, il y fit de courageuses déclarations pacifistes. Tombé gravement malade, il fut l’année suivante hospitalisé dans un sanatorium de la Loire.

S’agit-il du J. Béranger qui fut le gérant de la revue mensuelle L’Avenir international (Paris, janvier 1918 à août 1920, 32 numéros) jusqu’en mars 1919 où il fut remplacé par André Girard ?

En 1930, il habitait 80, avenue Jean-Jaurès à La Courneuve (Seine). En juillet 1935, il fut l’un des signataires du manifeste pour une conférence contre la guerre et l’union sacrée, publié dans Le Libertaire du 12 juillet. Cette conférence fut ensuite tenue à Saint-Denis.

Julien Béranger mourut en 1939 et sa disparition fut annoncée dans la Révolution prolétarienne du 10 avril.

P.S. :

Sources : Les Temps Nouveaux, année 1902. — Le Combat, 1911-1914. — CQFD, années 1916-1917. — Le Libertaire du 23 août 1913 et du 12 juillet 1935. — La Révolution prolétarienne du 10 avril 1939. — Alfred Rosmer, Le Mouvement ouvrier pendant la guerre, tome II, Mouton & co, 1959. — J. Polet, « L’Anarchisme dans le département du Nord, 1880-1914, DES Lille, 1967= Notice de J. Maitron, R. Dupuy, G. Davranche in Maitron en ligne // R. Bianco "Un siècle de presse anarchiste..., op. cit.// Arc. Nat. F7/12508, F7/13053 // AD Marne 30M103 // Etat signalétique des anarchistes étrangers expulsés de France, n°2, avril 1894, n°15, juillet 1897 // APpo BA 1498 // Les Temps Nouveaux, 27 septembre 1901 //


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