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DIMA-3419

LODOVICI, Onofrio

Né à Carrare le 6 mars 1904 — mort le 27 octobre 1987 — Employé — FAI — Marseille (Bouches-du-Rhône) — Barcelone (Catalogne) — Toulon (Var) — Carrare

 
Onofrio Lodovici

Onofrio Lodovici, qui était membre du Cercle des Jeunesses Nationalistes de Carrare et avait participé à la Marche sur Rome, avait émigré pour des raisons économiques à Marseille fin 1922. En 1924, il rentrait en Italie faire son service militaire puis revenait en France. En 1933, il épousait Lina Del Papa, sœur du militant anarchiste Romualdo Del Papa, et devenait anarchiste.

En aout 1936, avec sa compagne Liba Del Papa, il partait comme volontaire en Espagne et s’enrôlait comme milicien dans la Colonne Durruti. Blessé en septembre lors de la bataille de Sietamo, il perdait un œil et rentrait en France où il s’établissait à Toulon où, semble-t-il, il travaillait comme comptable — aux Coopérateurs du midi ? — à La Seyne (Var). Le 26 novembre, alors qu’il quêtait en faveur de l’Espagne, il était arrêté à Toulon et condamné le 5 décembre par le tribunal correctionnel à 8 jours de prison, 50 F d’amende et deux ans d’interdiction de séjour. Il militait alors au groupe « Jeunesse libertaire » et aurait été en juillet 1937 l’objet d’un arrêté d’expulsion. Arrêté le 11 février 1939, sans doute suite à l’indignation qu’il avait exprimée devant le sort fait aux réfugiés espagnols, il était condamné le 27 février à 6 mois de prison pour « infraction à l’arrêté d’expulsion », mais, en tant que réfugié politique, bénficia d’un sursis. Le 28 mai 1940, il fut interné au camp du Vernet d’Ariège avec plusieurs anciens miliciens d’Espagne. Il s’évadait du camp le 2 juillet 1942 et gagnait la frontière italienne où le 7 décembre il était arrêté. Jugé à Massa, il déclarait « ne plus avoir de convictions subversives » et que « seules les circonstances l’avaient amené à aller combattre en Espagne sans conviction ni enthousiasme ». Le 22 aout il était condamné à 3 ans d’isolement et était déporté à Ventotene. Après la chute du fascisme, il était transféré, comme de nombreux autres anarchistes, au camp de Renicci di Anghiari dont il s’évadait le 6 septembre 1943. Il regagnait Carrare et y participait à la résistance et aux combats de la libération. Membre du Comité de libération nationale (CLN) il fut nommé inspecteur des unités partisanes de la zone.

En 1945, il était membre du Conseil provisoire de gouvernement, sorte de conseil municipal formé par les organisations antifascistes et syndicales qui gérait la ville. Il participa ensuite à la reconstruction puis aux activités du mouvement libertaireet fut membre du groupe Pietro Gori (FAI) jusqu’à son décès survenu à Carrare le 27 octobre 1987.


Sources :

  • Arch. dép. Var 7M12.2 Cabinet 862.
  • Notice de J. Girault in : Le Maitron : dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (https://maitron.fr/) (qui le prénomme Ange et est pour le moins fantaisiste).
  • Dizionario biografico degli anarchici italiani (notice de G. Piermaria & Andrea Tozzi).
  • Umanità nova, 8 novembre 1987.