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LEGER, Robert
Né à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le 17 mars 1915 - Cuisinier - JAC – UA – FCL - CGT - Paris
Article mis en ligne le 22 mars 2008
dernière modification le 25 novembre 2016

par R.D.
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Robert Léger (1936)

Robert Léger, diplômé de l’école hôtelière, était en 1933 membre de la Jeunesse Communiste Anarchiste (JAC) adhérente à l’Union anarchiste (UA). Il était également membre de la chambre syndicale des cuisiniers. En 1934, lors des manifestations d’extrême droite, il défendit en particulier le siège du Grand Orient de France (rue Cadet) contre les Camelots du Roy et les jeunesses patriotes. Il fut ensuite membre de la Fédération communiste libertaire (FCL)n constituée en mai 1934 par des dissidents de l’UACR autour notamment de Charles Patat, et où il animaot le groupe dit "des cuisiniers". Il demeurait alors 98 rue d’Angoulême et travaillait comme commis de cuisine au buffet de la Gare de l’Est.

Lors des grèves de juin 1936, il fut élu délégué du Cercle des jeunes cuisiniers, dont il était l’un des princiapux animateurs, au comité de grève. Il fut également membre à cette époque du groupe Les moules-à-Gauffres dont faisaient également partie Charles Carpentier, Charles Cortvrint Ridel (Mercier Vega) , Félix Guyard et Lucien Feuillade. Il devint également membre en 1936 d’une loge du Grand Orient.

En octobre 1936 il s’enrôla au centre de recrutement des Brigades internationales de la rue Mathurin Moreau (siège du PCF) et partit en novembre comme volontaire en Espagne avec plusieurs autres membres du syndicat des cuisiniers. Chargé des cuisines du quartier général des Brigades Internationales à Albacete, il fut approché par les services de renseignement communistes qui lui demandèrent des informations sur les orientations politiques des volontaires français : « Comme j’étais nommé délégué responsable des cuisines et réfectoires, on m’avait assigné deux fonctions : organiser les cuisines et écouter les conversations afin de savoir s’il y avait des éléments anarchistes ou trotskistes. Tous les soirs je devais faire un rapport car on me prenait pour un bolcho à 100% ». Il dénonça ces faits à la CNT-FAI d’Albacete, et faillit être arrêté : « On a voulu me mettre en taule car j’ai été reconnu par des bolchos de Paris…j’ai juste eu le temps de me sauver. Il a fallu que je me cache au comité de la CNT, et à 3 heures du matin, partir prendre un train escorté de quatre copains armés ». Après avoir gagné Barcelone il fut affecté début 1937 à un comité de contrôle des frontières à Port Bou avec un détachement de la centurie Sébastien Faure. Répugnant à tuer, il racontera plus tard, comment chargé de garder un jeune espagnol de 15 ou 16 ans accusé d’espionnage et devant être fusillé, il l’avait laissé s’échapper.

Robert Léger regagna Paris en 1937, sans doute après les évènements de mai. Nommé secrétaire général des jeunesses syndicalistes de la CGT, il fut arrêté avec une centaine d’autres militants anarchistes en septembre 1937 lors d’une vaste rafle suivant un attentat commis contre le siège du patronat. Tandis qu’il était écroué pour « détention d’armes et d’explosifs », le parti communiste, ne lui pardonnant pas son atitude en Espagne, lançait une campagne visant à la faire passer pour un « cagoulard » d’extrême droite. Il reçut alors une lettre de soutien de compagnons volontaires dans la centurie Sébastien Faure signée entre autres par Martin, Mayol, Turmo, Guirand, Cerezuela, Milani, Manuel Garcia et F. Vila. Le 26 octobre 1937 il fut condamné par la quatorzième chambre correctionnelle à 13 mois de prison avec sursis et 1.000f d’amende pour « possession illégale d’armes ».

Robert Léger travailla par la suite au buffet de la Gare de Lyon, puis fut responsable des cuisines du Cercle des Nations. C’est là que pendant l’occupation, il hébergea et aida, avec sa compagne Eugénie Szymanski, plusieurs Polonais évadés auxquels il fera ensuite passer la ligne de démarcation près de Moullins (Allier). A la libération il fut nommé économe des cantines scolaires à Paris, puis responsable de la cantine de presse de la rue Réaumur. A la fin de sa carrière il était conseiller culinaire pour un grand groupe alimentaire avant de prendre sa retraite en 1975.

S’agit-il du R. Léger, domicilié 6bis rue de Verdun, à Maison Alfort, qui en février 1951, tentait de constituer l’union locale CNTF de Charenton-Saint Maurice-Maison Alfort- Alfortville ?

P.S. :

Notes de David Berry, Daniel Dupuy et Jean Maitron. — Témoignage de l’intéressé. — Delperrie de Bayac, Les Brigades internationales (p. 82). — Le Libertaire, n° 568, 23 septembre 1937, sur l’affaire de la rue de Presbourg (ce même numéro contient une photographie de Robert Léger) = Notice de R. Bianco in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit. // Michel Léger,De brigades en brigades, Ed. de l’auteur, 2005 // Antoine Gimenez & les Giménologues « Les fils de la nuit… », op. cit. // CAC Fontainebleau 19 40 500 art.241 & 200 10216/170// Le Combat syndicaliste, année 1951//


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