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Dictionnaire international des militants anarchistes
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CARPENTIER, François- Charles « Charlot »
Né le 28 octobre 1904 à Reims – mort le 21 mars 1988 - Charbonnier - UACR – FCL – UA – CGT – Paris – Aubervilliers - Barcelone (Catalogne)
Article mis en ligne le 19 décembre 2007
dernière modification le 16 août 2014

par R.D.
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L’enfance de Charles Carpentier s’était passé en vadrouilles dans le Pas-de-Calais, son père changeant souvent de travail. Comme il le racontait, il fut élevé dans un milieu libertaire : « On avait deux chats, l’un s’appelait Bonnot, l’autre Vallet. Aux élections de 1914, c’est moi qui rempli le bulletin de mon père.Il a voté Bonnot ».

Se trouvant en zone occupée par l’armée allemande, il fut déporté en jenvier 1915 avec son père dans un camp en Allemagne. Rapatrié par la Croix Rouge, et pris en charge par un oncle, il commença à travailler dans les ateliers de tissage du Nord. Lorsque son père revint de captivité, il l’aidera à déterrer les obus et à reboucher les tranchées. Vers 1920, il fut employé à pousser des wagons au fond de la mine de Bruay-en-Artois avant de prendre la route et exercer divers métiers dont docker à Rouen. En 1924 il arriva à paris où il travailla aux Halles et commença à fréquenter les milieux anarchistes. Incorporé le 10 novembre 1924 dans un régiment de tirailleurs, il fut envoyé dans le sud marocain pour combattre la rebellion d’Abd-el-Krim. Démobilisé le 10 mai 1926 avec le grade de caporal motrailleur, il revint à Paris et enchaîna divers petits métiers.

Début 1928 il était domicilié à Aubervilliers (46 rue Heurtaut) et travaillait comme livreur de charbon. Secrétaire du groupe anarchiste de Saint-Denis, il fit la connaissance en 1930 de Charles Ridel Louis Mercier Vega auquel il allait rester lier toute sa vie dans une indéfictible amitié.

Délégué du groupe de Saint Denis au congrès de la Fédération anarchite parisienne tenu le 4 juin 1933, il y fut élu secrétaire adjoint de l’organisation aux cotés de Le Bott. Les 14-16 juillet suivant il participa toujours come délégué de Saint-Denis au congrés de l’Union anarchiste communiste révolutionnaore (UACR) tenu à Orléans.

En février 1934, lors des émeutes fascistes, Il passa la nuit du 11 à faire le guet avec Mercier Vega, revolver au poing à la Bourse du travail. Pendant le front populaire tous deux sympathisèrent ave Simone Weil lors de la grève à l’usine Sauter et harlé ; il était à cette époque le trésorier de la Fédération Communiste Libertaire (FCL) dont étaient également membres N. Faucier et Mercier et qui ultérieurement fusionnera avec l’Union anarchiste. Son domicile à Aubervilliers figurait sur la liste de vérifications de domiciles d’anarchistes.

Carpentier, Mayol & Rappaport (1936, groupe international)

Dès juillet 1936 il partit comme volontaire en Espagne avec entre autres Mercier Vega et fut milicien dans le groupe international de la Colonne Durruti sur le front d’Aragon. Avec Coudry et Ridel il était également chargé de la distribution au front du journal L’Espagne antifasciste publié à Barcelone par André Prudhommeaux. Après la bataille de Perdiguera, Mercier et Carpentier rentrèrent en France pour organiser la solidarité. Puis Carpentier retourna à Barcelone fin 1936 come délégué de l’Union anarchiste auprès de la Fédération anarchiste ibérique (FAI). Il enverra alors au Libertaire plusieurs articles sur l’évolution de la situation en Espagne. Lors d’un grand meeting pour le nouvel an, avec Scolari et Balart, il refusera « de chanter l’Internationale avec les bolchos ». Grace à Berthe Ascaso, il fut logé à Barcelone dans une maison réquisitionnée où sa compagne, à l’occcasion d’un voyage en camion organisé par P. Odéon, viendra le rejoindre. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance du militant italien Ernesto Bonomini qui, le 20 février 1924, avait abattu Nicola Bonservizi, le représentant personnel de Mussolini à Paris.

En mai 1937 il participa aux affrontements avec les staliniens : selon le témougnage qu’il fit à P. Casoar, il avait installé une mitrailleuse sur le toit de l’usine de savon Myrurgia près de la Sagrada Familia et aurait participé en auto blindé au mitraillage du local de l’Estat Catala. Puis écoeuré et découragé comme beaucoup d’autres volontaires étrangers, il regagna la France avec Mercier Vega. Sans beaucoup d’illusion sur la suite de la révolution, tous deux continueront cependant à collecter des armes qu’ils achemineront clandestinement à Barcelone. Les 29-30 octobre 1937 il participa au congrès de l’UA où il prit la parole, puis avec Mercier quitta l’organisation.

En 1938 il collaboraot avec Lucien Feuillade, Mercier Vega et N. Lazarevitch à la revue d’études révolutionnaires « Révision » (Paris, au moins 5 numéros de février à juillet 1938).

Mobilisé lors de la déclaration de guerre, son régiment sera encerclé par les allemands, mais Carpentier parviendra à s’échapper.
Pendant l’occupation il a fait partie avec entre autres, Guyard, du Comité ouvrier de secours immédiat, un organisme créé par les autorités de Vichy.

A la libération, il cesse tout militantisme — il fut rayé de la liste des anarchistes à surveiller le 31 août 1948 —, tout en gardant le contact avec ses vieux camarades (Mercier Vega, Feuillade) et monte une petite entreprise de transport. Dans les années 1980, il répondra bien volontiers aux questions de jeunes historiens (David Berry, Phil Casoar) sur son expérience espagnole.

Charles Carpentier est mort d’un cancer le 21 mars 1988. « Pour moi il y a eu la famille et les copains, et l’anarchie. Voilà tout ».

P.S. :

Sources : Le Libertaire, 7 août 1936 = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit. // Libertaire, 14 juin 1933 // Monde Libertaire, 19 mai 1988 (Nécro. par L. Feuillade et P. Casoar) // Antoine Gimenez & les Giménologues « Les fils de la nuit… », op. cit. //APpo BA 1900 // L’Espagne antifasciste, Barcelone, n°2, 26 août 1936// CAC Fontainebleau 200 10216/170//


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