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Dictionnaire international des militants anarchistes
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ROUSSEL, Henriette
Née le 5 novembre 1885 aux Lilas (Seine) - fleuriste - AIA – Paris
Article mis en ligne le 11 mars 2020
Dernière modification le 20 mars 2020

par Guillaume Davranche, R.D.

Henriette Roussel (parfois orthographié Rousselle) était la sœur de Georges Roussel. Elle fut membre de l’équipe de L’anarchie d’Albert Libertad dès sa fondation en 1905, et fut l’une des animatrices des Causeries populaires de la rue Muller puis de la rue du Chevalier-de-la-Barre. Elle habitait alors 3, place des Fêtes, à Paris 19e.
Le 1er juin 1905 elle avait été arrêtée alors qu’elle vendait L’anarchie lors de manifestations contre la visite du roi d’Espagne à Paris.

Suite à la publication d’un article intitule “anarchistes et faux monnayeurs” paru dans Le Matin du 31 mai 1907, un groupe de compagnons avait envahi le 4 juin les bureaux du quotidien . Après un compte rendu de cette action dans ce même journal et jugé mensonger, elle fut l’une des signataires avec notamment Noel Realis, Albert Frémant, Henri Patin, Jeanne Beau, Dugast, P. Cayaux, Tissier, L. Mournot, Jean Goldsky, Davret, Rédan et H. Valliquet d’une lettre de protestation, parue dans l’édition du 6 juin (voir Goldsky).

Elle fut, en 1907, la seule femme signataire de l’affiche « Aux crimes, répondons par la révolte » (voir Eugène Mouchebœuf). Au procès, les 14 et 15 septembre 1907, elle fut acquittée. Lors de son interrogatoire,elle avait notamment déclaré au Président de la Cour : "Depuis mon enfance, je n’ai jamais accepté un ordre sans le discuter. Donc, je suis contre la discipline qui commande d’obéir sans discuter" (cf. Le Libertaire, 22 septembre 1907).

En plus de L’anarchie, elle fréquentait désormais également La Guerre sociale et courait les réunions anarchistes où elle distribuait des brochures antimilitaristes. Elle habitait alors au 41, rue des Bois, à Paris 19e.

Le 9 octobre 1907 elle fut de nouveau arrêtée à la gare de l’Est pour avoir distribué aux conscrits en partance un tract-affiche antimilitariste intitulé « La crosse en l’air ». Les 30 et 31 décembre 1907 elle repassa en procès devant la Cour d’assises, encore une fois seule femme avec 17 jeunes hommes : Lacour, Duchateau, Michaud, Deslandes, Menier, Masniaud, Charragnat, Docquet, Passant, Leblanc, Ranques (ou Rague ?), Thomas, Mazelaigne, Bouviat, Duncas, Coindeau et Delage. Les inculpés furent défendus par Urbain Gohier, Besançon, Bracke, Maria Vérone, Ernest Lafont, Faye, Boucheron, Moro de Giafferi et Gustave Hervé. Henriette Roussel et deux accusés furent acquittés. Les quinze autres furent condamnés à des peines variant entre dix mois et un an de prison, et 100 francs d’amende.

Au printemps 1908, Henriette Roussel participa à la réorganisation de l’Association internationale antimilitariste (AIA) avec Gaston Delpech et Georges Durupt. Elle fréquentait toujours assidûment la rue du Chevalier-de-la-Barre, siège de L’anarchie, où elle multipliait les amants, au grand scandale des mouchards qui la qualifiaient régulièrement dans leurs rapports d’« hystérique à moitié folle » (rapport Finot du 15 avril 1908).

En janvier 1909 elle participa à une action au Cirque d’hiver pour perturber un concert donné par des musiciens jaunes. Elle fut condamnée à un mois de prison avec sursis et 11 francs d’amende.

Elle ne se confond apparemment pas avec Henriette Rousselet qui, en 1911-1914, signait des articles dans La Vie anarchiste.

En 1913, elle vivait maritalement avec le socialiste (et ex-anarchiste) Albert Rigaudie* au 35, rue Frédéric-Lemaître à Paris 20e. Sa fille, âgée de 6 ans, était alors malade et en traitement à Bayonne. Rigaudie fut « tué à l’ennemi » le 16 juin 1915 à Souchez (Pas-de-Calais).


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