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Dictionnaire international des militants anarchistes
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EVERTZ, Henri
Mineur – USA - Canada
Article mis en ligne le 6 décembre 2019

par Michel Cordillot, R.D.

Mineur de charbon et militant anarchiste, Henri Evertz fut en 1896 l’un de deux orateurs qui animèrent la soirée organisée le 21 mars à Weir City (Kansas) par le groupe anarchiste local pour commémorer l’anniversaire de la Commune de Paris. L’autre orateur était Julien Bernarding.
Sans doute étroitement surveillés à dater de ce jour, les deux hommes furent arrêtés quelques semaines plus tard pour un vol qu’ils ne nièrent pas. Après avoir purgé quatre mois de prison préventive, Evertz et Bernarding passèrent en jugement en septembre 1896 et furent condamnés à trois ans de pénitencier.

En février 1897, La Tribune libre commença à recueillir les premières souscriptions destinées à hâter leur libération. Dans une longue lettre adressée à ce journal, Bernarding et Evertz donnèrent une description détaillée de leur vie quotidienne, y compris de leur travail dans la mine de charbon du pénitencier de Lansing.

Dans une lettre envoyée au Libertaire (Paris, 17 avril 1898), il écrivait : « Il est triste de voir l’humanité souffrir à cause de l’abrutissement des hommes ! Car, ici en Amérique, comme en Europe, la sottise a pousé dans les cerveaux, et les hommes soi disant civilisés ont construit des prisons et des casernes….Le progrès des idées d’émancipation va lentement, la masse est tellement avachie qu’il lui faut une longue évolution et il et inutile d’aller de force , mais bien patiemment et par l’éducation , surtout n prêchant l’exemple…Quand nous serons sortis, nous ferons pour le mieux ».

Libérés par anticipation le 1er juillet 1898, les deux compagnons décidèrent de partir ensemble à travers l’Amérique du Nord. Leur correspondance avec la rédaction de La Tribune libre montre bien leur déception au contact d’une classe ouvrière jugée esclave et apathique. Seule la coopération leur semblait désormais constituer une voie réaliste vers l’émancipation des travailleurs. Ils n’avaient pas pour autant abandonné leurs convictions profondes, puisque fin janvier 1899, ils furent expulsés de Roslyn (Washington), après une débat public houleux avec le curé au sujet de l’anarchie. À souligner aussi que dans une correspondance adressée de Roslyn à la rédaction de la Tribune libre, Evertz s’était montré très critique sur l’attitude des ouvriers blancs vis-à-vis des Noirs, notamment au plan syndical.

Bernarding et Evertz se séparèrent peu après. Evertz se rendit au Canada, dans l’île de Vancouver, où il resta près de six mois en dépit de conditions de travail dignes du Moyen Âge. Il retourna ensuite à Higby dans le Montana, d’où il reprit contact avec La Tribune libre en septembre 1899. Tout en souhaitant que les ouvriers s’instruisent pour marcher vers le communisme et l’anarchie, il se disait convaincu que les Unions de métier étaient indispensables.

En octobre 1900, Henri Evertz s’installa à Saint Charles (Michigan) et se rallia au au socialisme debsien, il était le seul militant socialiste dans cette ville.(pour son parcours ultérieur voir sa notice dans le Maiton)


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