ROVIGO, Hiskia, Giusepe « MORELLI »

Né à Trieste le 6 août 1863 - Employé de commerce ; fabricant de timbres en caoutchouc – Trieste - Milan – Paris – Genève (Suisse) - Alexandrie
samedi 19 août 2017
par  Gianpiero Bottinelli, Marianne Enckell, R.D.
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En 1883, Rovigo adhéra à une société secrète de Trieste et d’Istrie, le Circolo socialista rivoluzionario. Condamné à deux mois de prison pour avoir été trouvé « en possession d’imprimés de haute trahison », il quitta la ville pour se rendre en Italie, où il fit la connaissance d’Andrea Costa, alors anarchiste militant.

En 1885 il s’établit à Paris où il gagna sa vie comme ouvrier puis représentant en timbres de caoutchouc. En 1887, il se joignit au Groupe cosmopolite animé par Charles Malato et se lia à d’autres Italiens comme Saverio Merlino et Vittorio Pini. Il participa notamment à la Fête de l’Internationale, salle Favier.

En 1887, lors d’un congrès il avait frappé un commissaire de police de Bordeaux. Début 188, lors de la campagne contre les bureaux de placements, il aurait proposé, selon la police, de piller divers monts de piété. A cette époque il aurait également participé avec notamment Voghera à des réunions du groupe socialiste révolutionnaire indépendant du XXème arrondissement ( L’avant Garde ?). Le 21 avril 1888, à la sortie d’une réunion tenue à la salle Ripoteau, rue Beaubourg, il avait reconnu un agent en civil qui avait pris la fuite, l’avait poursuivi et l’avait violemment frappé d’un coup de crosse de révolver.

A l’été 1889 il avait été arrêté à la foire du Champ de Mars : il était recherché après avoir, l’anne précédente, lors d’un congrès socialiste à Bordeaux, avoir violemment frappé un commissaire qui voulait ôter un drapeau rouge. la police s’aperçut alors qu’un autre avait été déjà condamné pour ce même fait et, après un mois de prévention et une condamnation à 2 jours de prison, avait émit un arrêté d’expulsion de France le 3 septembre 1889 pour « port d’armes prohibées » ; toutefois, à l’expiration de sa peine, Rovigo fut envoyé au Dépôt en attente de son transfert vers la Belgique où il avait choisi d’aller. Il s’y trouvait toujours 25 jours après l’expiration de sa peine et dans une lettre sortie clandestinement et rappelant la raison et la peine à laquelle il avait été condamné, il protestait en ces termes : « …C’est une violation de la liberté individuelle digne de l’Empire ! Trente jours à Mazas, deux de condamnation et vingt cinq au Dépôt, forment cinquante-et-un jours d’incarcération pour le crime d’être socialiste. Et cela en plein 89. De pareilles infamies se commettent pendant qu’on célèbre l’anniversaire de la Grande Révolution. Ainsi alors qu’on commémore la prise de la Bastille, on jette dans ces autres bastilles qui s’appellent Mazas et le Dépôt, des citoyens coupables d’être socialistes. Au nom de l’Humanité, il est nécessaire qu’une voix s’élève pour protester contre de semblables barbaries. Finie ma condamnation, j’ai droit à ma liberté » (cf. La Révolte, 24 août 1889)

Selon Malato il serait allé « inonder l’Espagne et d’autres pays de timbres en caoutchouc » (Malato). Réfugié en Belgique, il en fut aussi expulsé.

A l’été 1890 il se trouvait semble-t-il à Milan et, par l’intermédiaire de S. Mougin à Paris , il correspondait avec Malato emprisonné à Sainte Pélagie. Son nom figurait sur une liste d’anarchistes établie par la police des chemins de fer en vue d’une surveillance aux frontières.

Il s’installa à Genève probablement en septembre 1890. Selon un rapport de police, il y « pérore continuellement dans les assemblées ». Le 15 novembre, il entra dans un café et tira deux coups de revolver, sans blesser personne. Impliqué dans la diffusion du manifeste en trois langues Souvenons nous en mémoire des anarchistes de Chicago, collé sur les murs de Genève les 10-11 novembre 1890 (voir Petraroja), il fut expulsé de Suisse le 15 décembre ; il avait en fait déjà quitté le pays.

Il se trouvait à Milan, où il devint gérant du journal anarchiste 18 Marzo. En mars 1891 il sollicitait des articles de Mougin, Sébastien Faure et Malato pour un numéro spécial d’un journal publié à Milan à l’occasion d’un meeting international. Arrêté et perquisitionné fin mars, il fut libéré au bout de 3 jours et poursuivi en juin pour « excitation au meurtre et au pillage ». A l’automne il résidait chez Auguste Delvocchio, 6 via Francesco Cherubini à Milan.

Il collabora aussi au Proletario de Trieste, qui s’arrêta après cinq numéros.

En 1893, il fut condamné à quatre mois de prison pour une conférence donnée en décembre 1892.

Au printemps 1895 il figurait sur l’Etat signalétique confidentiel des anarchistes étrangers non expulsés résidant hors de France dont la résidence était alors inconnue. Selon un rapport de police française, il aurait exécuté un indicateur (en France ou en Italie ?)

On le retrouve encore en 1901 parmi les promoteurs du bimensuel L’Internazionale, qui donna un nouvel élan à la propagande anarchiste, puis en 1903 à Alexandrie d’Egypte. Il rentra ensuite en Italie.


Sources : AFS E21 14096. — Dizionario biografico degli anarchici italiani. — Album photographique des individus qui doivent être l’objet d’une surveillance spéciale aux frontières, Paris 1894 (photo). — Charles Malato, "Mémoires d’un libertaire", Le Peuple (Paris), 18 janvier 1938 = Notice de Marianne Enckell & G. Botinelli in Chantier biographique des anarchistes en Suisse// Le Père Peinard, 7 juillet 1889 // Arc. Nat. BB 186451 (correspondance saisie en mai 1892 chez S. Mougin) , F7/12518 // Etat signalétique confidentiel des anarchistes étrangers non expulsés résidant hors de France : Etat B, mars 1895 // La Révolte, 3 & 24 août 1889 // APpo BA 75, BA 1498 //


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