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BASSE, Louis “SOURIS GRISE” ; “DÉSIRÉ”

Né le 22 février 1866 (ou le 27 aout 1867 ?) à Guise — Ouvrier mouleur — Guise (Aisne) — Belgique

 

En 1887 Louis Basse, fils de Désiré et de Julienne Fortunée Leroux, travaillait à Guise et demeurait 4 ruelle des écoles. En aout il avait constitué un groupe abstentionniste révolutionnaire dont il était le responsable avec Gustave Mathieu. En octobre, à la suite de l’affichage en septembre de deux placards manuscrits menaçant le directeur et les contremaitres de l’usine Godin — d’où venait d’être licencié le compagnon Alphonse Bal (voir ce nom) — il fut arrêté avec Gustave Mathieu et Henri Jason. Tous trois furent conduits à pied et enchaines jusqu’à Vervins (distante de 2 kilomètres) pour y être inculpés d’affichage de placard clandestin. Après sans doute avoir été licencié, il avait ensuite gagné en octobre 1887 la Belgique avec G. Mathieu qui était semble-t-il son cousin. Sans travail il demeurait alors 109 Grand-Rue à Morlanwelz.

Le 18 décembre 1887, à l’issue d’un meeting à Frameries (Hainaut) où il avait pris la parole avec Ferdinand Pintelon devant une soixantaine de personnes aux quelles ils avaient diffus des portraits des anarchistes de Chicago et des comptes rendus des procès d’Octave Jahn, il avait été arrêté et maintenu en détention pour être « sans papiers, ni s’être inscrit à la commune où il résidait ». Lors de son interrogatoire, à la question des gendarmes sur le but de son voyage en Belgique, il avait répondu « Faire de la propagande anarchiste ». Dans l’après midi de ce même jour, il avait tenté de prendre la parole lors d’une manifestation du Parti socialiste républicain en hommage au mineur Moucheron enseveli dans l’éboulement d’un puits, mais « s’étant hasardé à développer des thèses antidéistes », il avait « dû interrompre son discours » (cf. Le Peuple 22 décembre 1887). Il fut ensuite expulsé et reconduit à la frontière française le 19 décembre.

Il revint en Belgique, où début janvier 1888, aux côtés de Mathieu, il avait pris la parole lors d’une réunion tenue à Carnières devant 300 personnes, où avaient été chantés « La Marseillaise anarchiste », « La Dynamite » et « La Carmagnole » (cf. La Voix du peuple, 11 janvier 1888). Basse y avait notamment déclaré que « dans tous les pays du monde, la révolution était sur le point d’éclater » et qu’il « n’existe que deux choses dans la société : le peuple qui crève de faim et les bourgeois gavés de richesse… il faut supprimer cette vermine qui ronge le pauvre peuple ». Le 18 janvier il avait été formulé une demande de quitter immédiatement le territoire avec interdiction d’y revenir. D’autre part les autorités demandaient qu’en cas de découverte, Basse et Mathieu soient immédiatement arrêtés et écroués à la maison d’arrêt des Petits Carmes à Bruxelles.


Sources :

  • La Révolte, 8 octobre & 31 décembre 1887.
  • Le Révolté, 20 aout 1887.
  • Arch. de l’État Bruxelles, Police des étrangers 466961.