Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

BEAUSANG, Marius, Léon

Né à Marseille le 22 janvier 1882 — Terrassier — Ardennes — Aubervilliers & Saint-Denis
Article mis en ligne le 12 juin 2016
dernière modification le 23 juillet 2024

par ps
Marius Beausang

Fils d’Henri, cocher et de Marie Antéquérat, ménagère, Marius Beausang aurait participé au début des années 1900 à la colonie L’Essai fondée à Aiglemont (Ardennes) par Fortuné Henry. Selon Le Petit Parisien, il était correcteur à L’anarchie et avait été condamné à 5 reprises.

En 1910, il connut, Jules Lefebvre dit Jully, secrétaire du syndicat des terrassiers de Saint-Denis, dans des réunions syndicales. Ils devinrent amis, Beausang se rendait journellement chez Jules Lefebvre qui vivait depuis deux ans avec Jeanne Gobinet. Beausang finit par tomber amoureux d’elle et avertit Jully de ses sentiments envers Jeanne. Il lui fit remarquer que les principes libertaires admettaient l’amour libre. Jully sembla d’accord et Jeanne devint sa maîtresse. Puis subitement Jully devint jaloux.
Le 18 mai 1910, il tira sur Beausang, sans l’atteindre. A la suite de cette dispute, Beausang partit à Rouen, mais bientôt il eut l’imprudence d’envoyer des cartes postales à Jeanne Gobinet.
Ces faits provoquèrent une nouvelle scène : en juillet, des amis réquisitionnés par Jully rossèrent Beausang.
Le 21 juin 1910, à Saint-Denis, à deux heures de l’après-midi, Jules Lefebvre venait de quitter son domicile, 14 bis rue Robert Foulon, en compagnie de Jeanne Gobinet, pour aller se promener sur les bords du canal. Le couple s’engageait dans la rue du Fort de l’Est, lorsque Marius Beausang descendit du tramway arrivant d’Aubervilliers.
Lefebvre aurait déclaré : Tiens voilà Marius, je vais aller lui serrer la main, bien que nous soyons un peu en froid depuis quelques semaines. Il se serait dirigé la main tendue vers Beausang, quand celui-ci tira à bout portant avec son revolver.
Mais Lefebvre avait sorti un revolver et Beausang se sentant menacé, aurait tiré pour se défendre. Le revolver de Lefebvre fut retrouvé dans son parapluie.
Lefebvre décéda le lendemain et Beausang prit la fuite.

Le 19 décembre 1910 il fut arrêté à Marseille avec le compagnon espagnol Jaime Arago (iculpé d’infraction à arrêté d’expulsion) et accusé du meurtre en juin précédent à Saint-Denis de Jully le secrétaire du syndicat local des ouvriers terrassiers. Lors de son arrestation il fut trouvé porteur de lettres à l’en tête du Comité de Défense sociale (CDS) signées Tixier et Ardouin responsables du CDS. Qualifié « d’anarchiste militant, antimilitariste convaincu » et de « malfaiteur des plus dangereux », Beausang, qui fut également impliqué dans d’autres affaires de droit commun, fut condamné en juillet 1911 par la Cour d’assises de la Seine à 10 ans de travaux forcés et 10 ans d’interdiction de séjour. Le 2 août 1911 il embarqua sur le Loire à destination du bagne de Guyane dont il s’évada en octobre 1918.


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