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Dictionnaire international des militants anarchistes
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BÉBIN Ambroise, Marie « THIBOU »
Né à Ploërmel (Morbihan) le 7 mars 1883 – mort en mai 1972 - Cordonnier – FCAR - PCF – Rennes (Ille et Vilaine)- Paris - Orsay (Essonne)
Article mis en ligne le 7 mai 2016

par ps
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Fils d’un carrier, époux de Berthe Bébin (née Berthe Roure), militante communiste depuis 1921, Bebin entra lui-même au PC, le quitta puis le rejoignit en 1950, attaché dans tous les cas à la défense de la cause populaire, jusqu’à sa mort survenue en mai 1972.

Issu d’une famille pauvre de six enfants (il était le quatrième), il eut une enfance malheureuse et manqua parfois de l’essentiel. Apprenti cordonnier chez un premier patron misérable, il passa son temps rivé à des besognes qui n’avaient rien à voir avec sa formation. Tuberculeux à quinze ans par suite de privations, il retrouva peu à peu assez de force pour commencer à Rennes une vie de militant au service de la classe ouvrière dont " les problèmes devaient l’occuper toute sa vie ". C’est là qu’il connut Louise Michel, comme elle passait dans cette ville au cœur d’une longue tournée à travers la France.

À Paris ensuite où il demeura 1 square Bolivar, Ambroise Bébin dit Thibou retrouva certains de ses camarades, auxquels s’ajoutèrent ceux qui participaient comme lui aux conférences anarchistes révolutionnaires : Libertad, Monmousseau, Lorulot. Au début des années 1910 il était membre de la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR).

Militant anarchiste passionné d’antimilitarisme, il fut parfois surveillé pendant la période 1914-1918 et connut même plusieurs fois la prison. Au printemps 1916 il était mobilisé à la 10ème section C.O.A. de Rennes.

Mais après la guerre, sans qu’il rompît jamais avec ses amis libertaires, il devait être influencé par de nouveaux courants de pensée, se sentir attiré par de nouvelles lignes d’action. " La révolution de 1917 l’avait galvanisé " au dire de Berthe Bébin. Il avait rencontré celle-ci en 1919, l’avait suivie aux réunions où parlaient Cachin, Vaillant-Couturier, Barbusse, Georges Pioch, Frossard.

Ouvrier bottier, il lui était arrivé de chausser des rois (Alphonse XIII, Édouard VII), plus souvent encore de réfléchir aux injustices sociales tout en travaillant " pour le compte de patrons âpres " au service de " clients méprisants ". Peu à peu, la lecture du journal l’Humanité fit de lui, selon sa femme, " un de ces ouvriers devenus intellectuels " éprouvant le besoin d’adhérer. En 1934, il entra au PC, l’abandonna pendant quelques années pour le retrouver en 1950 (cellule Paillole d’Orsay-le-Guichet) et ne plus s’en séparer.

Quand vinrent les années tourmentées d’avant-guerre, la victoire nazie et le cortège de misères qu’elle entraînait, ce fut l’occasion pour les époux Bébin d’aider les infortunés (adoption en commun avec des amis d’enfants espagnols, secours matériels et moraux aux militants incarcérés ou en fuite).

Cordonnier retraité, domicilié à Orsay (Essonne), il mourut à Antony (Hauts-de-Seine) le 22 mai 1972.

P.S. :

Sources : La Marseillaise de l’Essonne, 27 juin 1972, article rédigé d’après les propos de Berthe Bébin. = Notice de R. Balland in Maitron en ligne// Arc. Nat. F7/13053 //


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