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Dictionnaire international des militants anarchistes
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CHEVET, Suzanne dite « Suzy » (née Goubard)
Née le 25 septembre 1905 à Montjean (Maine-et-Loire) – morte le 15 septembre 1972 - Employée - FA - CGTFO - Paris 18
Article mis en ligne le 15 janvier 2007
Dernière modification le 9 juin 2014

par R.D.
Suzy Chevet à Carrare, 1968

Née en Anjou d’un père syndicaliste et mutualiste, Suzy Chevet, élève de l’École normale d’institutrices d’Angers, n’exerça pratiquement pas. Elle adhéra au Parti socialiste et fut de la tendance Marceau Pivert qui devait donner naissance en 1938 au Parti socialiste ouvrier paysan. Elle partit pour Saint-Malo et y travailla dans les bureaux du service de l’emploi, s’occupa des Auberges de la jeunesse et en fonda une dans cette ville ; elle participa également aux comités d’aide de Saint Malo et de Trélazé lors de la guerre civile d’Espagne et lors de la Retirada aida de nombreux réfugiés à trouver du travail et un logement.

Révoquée des services de l’emploi en 1941, elle fut, avec sa fille, assignée à résidence à Saint-Malo. Après avoir mis sa fille en sûreté, elle se rendit dans l’île anglo-normande de Jersey où elle organisa une filière d’évasion : "Là, avec l’aide de marins hollandais qui cabotent régulièrement du matériel pour le compte de l’occupant, elle organisa une filière d’évasion qui passe par Saint-Malo, où des amis espagnols sont fortement organisés, et Trélazé, où la maison de son père, occupée par les allemands, est un relais insoupçonnable" (cf. La Rue, n°15). Arrêtée par la Gestapo en 1942, elle fut transférée à Rennes pour interrogatoire puis ramenée à Angers où, avec l’aide de compagnons ardoisiers de Trélazé, elle réussit à s’évader et gagna Lorient. Sous une nouvelle identité, elle entra dans les bureaux du STO et jusqu’à la Libération, put renseigner utilement la Résistance et la jeunesse réfractaire locale.

À la Libération, Suzy Chevet regagna Paris où elle connut des difficultés pour faire valoir ses droits et retrouver un poste. Elle entra finalement au ministère du Travail. En 1945, elle rencontra le militant anarchiste Maurice Joyeux et milita dès lors à ses côtés à la Fédération anarchiste où dès 1947 elle faisait partie du Comité national. Elle collaborait régulièrement à l’hebdomadaire Le Libertaire où elle signait souvent « Suzy ».

Suzy Chevet, qui appartenait à la Fraternelle maçonique du 18è arrondissement, milita aussi à la Libre Pensée ainsi qu’à la Ligue des Droits de l’Homme dont elle présida la 18e section. En 1947, elle prit part à la fondation de Force Ouvrière et fut membre de la commission exécutive de la région parisienne. Ele était membre de la Fédération des fonctionnaires et allait participer à la plupart des congrès de FO entre 1948 et 1971. Au dernier congrès auquel elle allait participer en 1971 comme délégué de la Main d’oeuvre-Travail au X° congrès de Force Ouvrière (1971) elle était intervenue dans le débat sur le rapport moral au nom de la minorité anarcho syndicaliste.

Membre du groupe Louise Michel (Paris 18), elle avait participé activement aux cotés de son compagnon au groupe l’Entente anarchiste à l’origine de la réorganisation de la Fédération Anarchiste dans les années 1950 après que l’ancienne organisation, devenue FCL, ait été prise en mais par la tendance de G. Fontenis. Elle deviendra alors la principale organisatrice de la plupart des galas annuels de soutien au journal Le Monde Libertaire dont elle était membre du comité de lecture et auquel elle collaborait régulièrement. Son père en aurait été le premier abonné et y souscrivait régulièrement sous le pseudonyme un vieux pédago.

Elle dirigea la revue La Rue (Paris, n°1, mai 1968) qu’édita le groupe libertaire Louise Michel et fut rédactrice au Monde libertaire, organe de la Fédération anarchiste.

Renversée par une voiture à Port Grimaud, Suzy Chevet décédait à Nice le 15 septembre 1972. Elle a été incinérée au cimetière du Père Lachaise.

Dans sa nécrologie parue dans la revue La Rue, Jean-Ferdinand Stas rappelait que Suzy Chevet "ne se cantonnant pas uniquement dans les tâches nobles, elle avait toujours à cœur d’aller coller sa part d’affiches dans les rues de sa chère butte Montmartre, plaçant à l’occasion, ici ou là, qui un journal qui une revue, avec une persévérance qu’aucune rebuffade ne pouvait émousser". Il rappelait également "Combien de copains et même d’inconnus ont été dépannés par elle ? Combien de camarades sans ressources ont trouvé, grâce à elle, un moyen d’existence, un travail ? Combien de copains étrangers ont pu régulariser leur situation par son intermédiaire ? Encore un bilan impossible".


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