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Dictionnaire international des militants anarchistes
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COTTIN, Louis, Émile « MILOU »
Né à Creil (Oise) le 14 mars 1896 - tué le 8 octobre 1936 - Ouvrier charpentier
Article mis en ligne le 29 janvier 2007
dernière modification le 15 novembre 2016

par R.D.
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Emile Cottin (carte postale)

Emile Cottin avait été élevé à Compiègne dans une famille ouvrière. C’est avec la lecture de Zola, qu’il s’était intéressé aux idées libertaires et avait rencontré juste avant la première guerre mondiale plusieurs militants dont E. Armand, Sébastien Faure et Pierre Chardon. En mai 1918 il avait assisté à une charge de police, suivie de tirs, contre des ouvriers en grève d’une usine de munitions, ce qui l’avait profondément marqué et sans doute décidé à attenter à la vie de Clemenceau « le briseur de grèves ».

« Je suis anarchiste, c’est-à-dire antiautoritaire, anticléricaliste, antimilitariste et antiparlementaire » déclara Cottin lors de son procès qui s’ouvrit le 14 mars 1919. Quelques semaines auparavant, le 8 février 1919, il avait tiré sur Clemenceau et avait failli être lynché lors de son arrestation ; la blessure fut bénigne mais valut à Cottin d’être condamné à la peine de mort par le Conseil de guerre. Le lieutenant Mornet, procureur, avait déclaré « Ce n’est pas seulement Clemenceau que l’anarchiste visait ; c’était la France ! ». Après 42 jours passés dans la cellule des condamnés à mort à Melun, Cottin fut grâcié par poincaré et la peine fut ensuite commuée en dix ans de réclusion et vingt ans d’interdiction de séjour, après une vigoureuse campagne menée par Le Libertaire, arguant du fait que l’assassin de Jaurès avait été acquitté. Il est à noter que tout au long de cette campagne, de nombreux militants et militantes anarchistes seront poursuivis et emprisonnés pour leur soutien apporté à Cottin. L’Union Anarchiste avait en particulier publier la brochure "Emile Cottin, son geste, sa condamnation, son supplice" (Paris, 1922, 8 p.) ; Louis Loreal avait composé sur l’air de "Gloire au 17ème" une chanson intitulée "Gloire à Cottin" ((cf. La Jeunesse Anarchiste, n°7, novembre 1921, dont les numéros 7 à 11 traiteront essentiellement de l’affaire Cottin). Une carte postale avait également été publiée (reproduite in Le Libertaire de mai 1923).

Le 21 août 1924, il fut libéré « déficient à l’extrême...sa vue pas brillante s’étant gravement altérée (Contre-Courant, août 1952) et astreint à résider à Haucourt (Oise) où l’anarchiste S. Casteu l’hébergea. Cottin fabriquait des boîtes à pain à vingt francs pour lesquelles l’hebdomadaire Germinal faisait de la publicité. Bien qu’astreint à résidence, il n’en vint pas moins à Paris où il rencontra celle qui devint sa compagne et dont il eut un fils. Le caractère difficile de Cottin et l’insécurité de l’interdit de séjour rendirent l’entente incertaine et ce fut le désaccord puis la séparation.

En 1930, alors qu’il se rendait à Marseille pour voir son fils, il fut arrêté à Lyon et emprisonné. Il travailla comme ébéniste en 1936 à Clichy ; en février, il fut de nouveau arrêté et accomplit trois mois de prison.
Sa compagne et leur fille vivaient à Toulon.

En 1934 il figurait sur la liste des anarchistes de l’Oise où il travaillait comme ébéniste.

En juillet 1936 il vint chez L. Louvet : "Je pars en Espagne, ma résolution est prise, mais il me faut des papiers". Louvet lui donna les siens. Il s’inscrivit au groupe international de la colonne Durrutti ; quatre mois plus tard, le 8 octobre 1936, il était tué près de Huesca sur le front de Saragosse. « Ce fut un suicide » écrivit Louis Louvet qui ajoutait "Eternel diminué social, ne pouvant faire valoir aucun de ses droits, il était ulcéré à la pensée que sa fillette vivait à Toulon dans des conditions qui ne pouvaient...la prédisposer à un avenir brillant".

Emile Cottin aurait également utilisé la fausse identité de Lucien, Charles Bardeulet.

P.S. :

Sources : État civil de Creil. — Contre-Courant, août 1952, « Vieux Souvenirs » par L. Louvet. — Le Libertaire, 9 février 1919, 16 et 23 octobre 1936. — Notes de G. Mader = notice de J. Maitron in « Dictionnaire biographique du mouvement… », op. cit. // Notes D. Dupuy// R. Bianco "Un siècle de presse...", op. cit. // Contre Courant, août 1952 // L’Espagne Antifasciste, Paris, n°15, 28 octobre 1936// CAC Fontainebleau 200 10216/171// La Voix Libertaire, 24 octobre 1936 //

Iconogr. : L. Lecoin "Le cours d’une vie"// Germinal, Amiens, n°124, 7 janvier 1922// Libertaire, 29 mai 1936 (accompagné d’une lettre) & 16 octobre 1936 (avec S. Tronchoni)// Le Réfractaire, n°43, novembre 1978//


Téléchargements Fichiers à télécharger :
  • la jeunesse anarchiste, 10 mars 1922
  • 5.9 Mo / PDF
  • la jeunesse anarchiste, 15 novembre 1921
  • 3.4 Mo / PDF

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