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Dictionnaire international des militants anarchistes
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DUCHMANN, Henri
Né à Paris le 27 juillet 1873 - Paris – Genève
Article mis en ligne le 18 juin 2013
Dernière modification le 24 janvier 2020

par ps
Henri Duchmann

En 1894 Henri Duchmann se serait réfugié à Genève. Son nom figurait sur une liste d’anarchistes établie par la police des chemins de fer en vue d’une « surveillance spéciale aux frontières ». En avril 1895, suite à la dénonciation d’un voisin qui avait pris une couveuse artificielle pour une machine infernale, il fut perquisitionné à Chatillon.

A la fin des années 1890, il demeurait 80 avenue de Saint Mandé et était l’animateur du Cercle Léon Tolstoï qui se réunissait chaque vendredi au local du Pot à colle, 9 Cité Prost, rue de Chanzy. Jusqu’en 1899 il avait eu pour compagne Eugènie Collot, puis s’était mis en ménage avec l’ancienne compagne de Deherme.

En octobre 1899 il fut, avec notamment Janvion et Brenet, l’un des signataires du manifeste Aux Anarchistes critiquant très violemment Sébastien Faure et Le Journal du Peuple.

Henry Duchmann collabora à nombre de périodiques anarchistes (peut-être aussi sous le nom d’Henri Duchemin) : Harmonie (Marseille 1891-1893), Le Conscrit (Paris 1892) , La Brochure (n° 5, Bruxelles vers 1893), Les Temps nouveaux, Régénération (Paris 1896-1908), Le Libertaire, Le Pétard (Paris 1904), La Tribune internationale (Paris 1904-5), L’Ordre puis Le Combat social puis L’Insurgé (Limoges 1905-1911), et donna contes ou nouvelles à La Révolution (Paris 1909).

Il est surtout connu pour avoir, dans le Libertaire de janvier à juin 1904, lancé une grande salve d’attaques contre les féministes en général, et contre Nelly Roussel en particulier. Cela lui valut des réponses mordantes, notamment du compagnon de Nelly Roussel, Henri Godet, et de plusieurs femmes.

En 1907 il était membre de la rédaction du Libertaire avec notamment Matha, Despres, Durupt, V. Meric et E. Peronnet. Il était revenu semble-t-il depuis peu de Bruxelles où il avait passé deux ou trois ans après s’y être réfugié suite à une condamnation pour escroquerie.

Le 22 juin 1909, il donnait une conférence aux Causeries Populaires sur "l’agonie de l’anarchisme". Sa thèse consistait à démontrer que l’idée anarchiste impliquait dans les esprits de ses précurseurs la négation de toute autorité et avait dévié plus tard de ce principe par la faute de ses propagateurs qui s’étaient spécialisés comme naturistes, sauvagistes, individualistes, communistes, collectivistes, antimilitaristes, syndicalistes, terroristes, scientifiques, etc...Toutes ces déviations ayant amené des individus à créer des écoles spéciales où planaient des pontifes comme Reclus, Gauthier, Bakounine, Kropotkine, Grave et Sébastien Faure....qui en montrant qu’il était possible de transformer la société par des révolutions violentes, avaient trompé une génération et créer "des martyrs, des rêveurs, des religieux de la révolte organisée ou individuelle faisant - comme le Christ et ses apôtres - le sacrifice de leur vie pour régénérer le monde". Selon lui, les anarchistes devaient cesser de faire de la propagande pour pousser la masse à la révolte, au profit d’une critique incessante "car c’est par la critique de tous les actes légaux, qu’on amènera les nouvelles générations à transformer, par évolution, l’état social économique". Interpellé par Durupt, il avait dénoncé ce dernier comme un religieux fanatisé par la lecture de la Société mourante et du journal de Grave, et imbu des arguments et erreurs de Kropotkine, Sébastien Faure et Octave Mirbeau, lesquels vivent bourgeoisement tout en se disant des apôtres de l’anarchie".


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