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Dictionnaire international des militants anarchistes
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VIDAL Georges, Marie, Valentin
Né le 24 avril 1903 à Guérigny (Nièvre) - mort le 13 novembre 1964 - Correcteur d’imprimerie ; romancier – UA – CGT - Paris - Costa Rica -
Article mis en ligne le 15 février 2013
dernière modification le 27 février 2018

par ps
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Georges Vidal

Dès le lycée, Georges Vidal connut des ennuis à cause de ses convictions libertaires : « Je tiens (...) à vous annoncer que je viens d’être exclu du lycée Mignet d’Aix-en-Provence pour propagande anarchiste en cette ville  » écrivait-il, le 16 décembre 1919, à Le Meillour, secrétaire de la Fédération anarchiste, dans une lettre (publiée par le journal Liberté du 1er décembre 1964).

Vers 1921 il fonda avec Colomer et Dalgara une revue poétique libertaire. En 1922, il fit paraître dans Terre libre (Marseille, n°2, 5 juillet 1922), organe de la Fédération anarchiste du Sud auquel il collaborait, et dans le Libertaire, un poème dédié à Émile Cottin, auteur d’un attentat contre Clémenceau, ce qui lui valut le 16 novembre une peine de deux mois de prison infligée par un tribunal de Paris puis une peine de trois mois infligée le 24 novembre par le tribunal correctionnel de Marseille. A la Petite-Roquette où il était détenu, il dut faire la grève de la faim pour obtenir d’être admis au régime politique.
Dans le poème à Cottin, on pouvait notamment lire :
"Alors dans les éclairs fulgurants de ton arme
S’illumina tout le passé
Et les yeux convulsés,
Appelant auprès d’eux policiers et gendarmes
Les bourgeois virent s’avancer
Le spectre noir des trépassés
Ravachol, Caserio, Vaillant
Les regardaient en souriant
Et leurs têtes nimbées de sang
Disaient la gloire des apôtres.
Et les bourgeois fous de terreur
Ont cru qu’il en reviendrait d’autres
...C’est pour cela qu’ils ont voulu
Tuer en toi l’âme des foules
Mais ton exemple est là, Cottin
Plus fort que cette armée de drôles
Et nous irons quelque matin
Ouvrir les portes de ta geôle"

Le quatrième congrès de l’Union anarchiste, qui se tint à Paris, les 12 et 13 août 1923, l’élut membre de la commission administrative de la Librairie sociale, et quelques semaines après, il fut nommé, le 26 octobre, administrateur du Libertaire et le demeura jusqu’au 10 décembre. Le journal se trouvait domicilié 9, rue Louis-Blanc à Paris. Le 22 novembre, Vidal y reçut un jeune homme exalté qui se confia à lui : Philippe Daudet, fils de Léon Daudet, le directeur de l’Action française, qui, quelques jours plus tard, périt tragiquement (suicide ? assassinat ?). Cette mort fut le départ des attaques violentes de Léon Daudet et de l’Action française contre le Libertaire et contre Georges Vidal, en particulier.

Les 1er-3 novembre 1924, Vidal assista à Paris au congrès de l’Union anarchiste. Deux ans plus tard, il partit avec Marius Theureau et sa compagne Fernande Miquet pour le Costa-Rica dans le but d’y participer à la communauté anarchiste de Mastatal fondée par Charles Simoneau Pedro Prat, expérience qui échoua.

Revenu en France, il s’écarta peu à peu de l’action militante pour se consacrer aux romans d’aventures, mais collabora notamment aux chroniques littéraires de L’Insurgé (Paris, 1925-1926) de Colomer et à L’anarchie » (1926-1929). Il avait été admis le 1er janvier 1924 au syndicat des correcteurs. Il en démissionna en 1929 en raison d’un changement de profession, y fut réadmis en 1932 et, de 1936 à juin 1940, fut membre du comité syndical de cette corporation.

Georges Vidal est décédé à Paris le 13 novembre 1964. Sur sa tombe, Albert-Jean, au nom de la Société des gens de lettres, et Louis Lecoin prononcèrent son éloge funèbre.
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Oeuvre : Quelques rimes, 1919. — Devant la vie, 1923. — Comment mourut Philippe Daudet, 1924. — Han Ryner, l’homme et l’oeuvre, 1924. — Commentaires, Ed de L’Insurgé, 1925 — La Halte (poémes), 1925 — J.H. Fabre ou une leçon d’énergie, 1925 — Six Fours , bourgade provençale, Ed. Les Humbles, 1925 — Aventure, 1930. — Romans d’aventures chez Ferenczi et romans policiers aux Éd. du Fleuve noir. — Filmographie : L’Aventure est à bord de Pierre Montazet, 1947.

P.S. :

Sources : L. Lecoin, Le Cours d’une vie, op. cit. [photo]. — L. Malet, La Vache enragée, Éd. Hoëbeke, 1988 [icon.]. — J. Bisoeglia, Trésors du roman policier, Éd. de l’Amateur, 1988. — Bulletin des correcteurs, n° 70, février 1965. —Liberté, 1er décembre 1964. — Le Monde, 22-23 novembre 1964. — Le Monde libertaire, décembre 1964. — Cahiers des Amis de Han Ryner, n° 78, 1965. — Notes de R. Bianco. = Notice de J. Maitron in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit.// Terre Libre, Marseille, année 1922 //

Iconogr. : Gallica.bnf.fr


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