logo site
Dictionnaire international des militants anarchistes
Slogan du site
Descriptif du site
VERNET Madeleine [CAVELIER Madeleine, Eugénie, Clémentine, Victorine, épouse TRIBIER dite]
Née le 3 septembre 1878 au Houlme (Seine-Inférieure) - morte le 5 octobre 1949 - Educatrice - LICP - Yvelines
Article mis en ligne le 13 septembre 2012
dernière modification le 2 décembre 2016

par R.D.
logo imprimer

En 1888, les parents de Madeleine Vernet s’installèrent à Barentin (Seine-Inférieure) où ils tinrent un petit commerce. Vers 1900, la mère de Madeleine Vernet, devenue veuve, s’installa à Pissy-Povilie (Seine-Inférieure) et prit en charge quatre fillettes de l’Assistance publique. Cet événement révéla à la jeune fille sa vocation d’éducatrice populaire. Elle écrivit une série d’articles sur les « Bureautins » dans la revue Pages libres de Charles Guieysse, pour dénoncer la grande misère des enfants assistés et les abus tolérés par l’Administration d’alors ; en représailles, les pupilles confiées à sa mère lui furent retirées. Madeleine Vernet tenta alors de créer un orphelinat ouvrier géré par les coopératives de la région rouennaise, mais elle échoua et, fin 1904, elle gagna Paris pour tenter de réaliser ses projets. Pour subsister, M. Vernet s’employa comme aide comptable ; en même temps, elle entreprit une série de démarches auprès des syndicats et des coopératives, auprès de journalistes et de députés. C’est alors qu’elle fit la connaissance d’Albert Thomas, de Marcel Sembat, de Georges Yvetot.

Le 1er mai 1906, grâce en partie aux économies de sa mère, et avec l’aide de sa soeur et de son compagnon Louis Tribier qu’elle épousera le 12 octobre 1909, elle put fonder l’orphelinat « l’Avenir social » dans un petit pavillon de Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise). En août, Madeleine Vernet loua un second pavillon, car « l’Avenir social » comptait alors vingt-quatre pensionnaires. En 1907, il y en avait trente : dix-sept garçons et treize filles. L’orphelinat put survivre grâce aux dons d’amis, à l’aide apportée par la coopérative « La Bellevilloise », aux souscriptions de l’Humanité et de la Guerre sociale.

Madeleine Vernet s’était liée également, dès 1904, avec les milieux libertaires. Elle avait publié une brochure, l’Amour libre (Brochure mensuelle n°30, avril 1925) , et un roman, La Torine. Elle collabora au Libertaire et aux Temps Nouveaux et, dans ces journaux, s’éleva en particulier contre la doctrine néomalthusienne poussée à l’extrême et qui aboutissait non plus à la limitation des naissances, mais à leur suppression (cf. « Être Mère ! », Le Libertaire, 8-15 septembre 1907). Dans les Temps Nouveaux, elle opposa « au Droit à l’Avortement, le Droit à la Maternité » (cf. numéro du 1er avril 1911).

Le 14 avril 1908, « l’Avenir social » se transporta à Épône (Seine-et-Oise). Là, Madeleine Vernet poursuivit son oeuvre en dépit de l’hostilité de la population cléricale et des tracasseries de l’administration et de l’inspecteur primaire de Mantes.

La guerre obligea M. Vernet à quitter Épône pour « la colonie des enfants de mobilisés » à Etretat (Seine-Inférieure) mais, dès que le front fut stabilisé, elle obtint de revenir à Épône.

Durant toute la guerre, Madeleine Vernet se livra à une active propagande pacifiste. Elle publia des poèmes, recueillit à Épône le fils aîné de Marie et François Mayoux emprisonnés pour propagande antimilitariste, organisa un comité de défense d’Hélène Brion, institutrice, secrétaire du conseil d’administration d’Épône, qui avait été inculpée. Madeleine Vernet diffusa une brochure clandestine, elle publia deux numéros d’une feuille Les Voix qu’on étrangle, destinée à lutter pour la paix. En avril 1918, elle publia encore L’École laïque menacée, et entreprit une tournée de conférences à Lyon, Saint-Étienne, Firminy, Saint-Chamond. À son retour à Épône, elle fut inculpée de propagande défaitiste, mais l’armistice mit fin aux poursuites. En 1916-1917, elle avait collaboré à la revue de Sébastien Faure Ce qu’il faut dire et, en août 1917, avait paru le premier numéro de la Mère éducatrice (Epone, 1917-1919, puis Levalmpos Peret, 1920-1939, ai moins 276 numéros) dont la gérante était Valentine Martini.

Après la guerre, Madeleine Vernet continua son action pacifiste et participa à la création de la « Ligue des femmes contre la guerre ». Elle demeurait alors 39 rue Chaptal à Levallois-Perret où à partir de juillet 1923 elle administra la librairie Au Panthéon de la pensée.

En 1922, les communistes se trouvèrent en majorité au conseil d’administration de l’orphelinat d’Épône ; aussi, en janvier 1923, Madeleine Vernet, qui ne s’était pas ralliée au communisme, dut-elle abandonner ses fonctions de directrice. Le 13 juin 1923, les pupilles d’Épône partirent pour Mitry-Mory (Seine-et-Marne), nouvelle résidence de l’œuvre. Deux ans plus tard, « l’Avenir social » était pris en charge par l’union départementale unitaire de la Seine. Transféré à La Villette-aux-Aulnes (Seine-et-Oise), il devint « L’Orphelinat ouvrier », qui cessa de fonctionner en 1938.

En 1928, Madeleine Vernet était secrétaire générale du Comité international d’action et propagande pour la paix et le désarmement, dont l’organe était la Volonté de paix qu’elle avait fondé en 1927.

Madeleine Vernet poursuivit son action dans La Mère éducatrice (tiré à 1800 exemplaires) et au sein du Foyer qu’elle organisa au centre Quaker de Paris. Elle fonda un journal, La Volonté de Paix, qui parut de juin 1927 à janvier 1936 et qui défendait la politique du désarmement. Le journal fut interdit après le procès du gérant, son compagnon Louis Tribier, accusé de provocation de militaires à la désobéissance. En avril 1935, Madeleine Vernet fut élue au comité directeur de la Ligue internationale des combattants de la Paix (LICP). Elle mourut le 5 octobre 1949 et fut inhumée au cimetière de Barentin (Seine-Inférieure).

Œuvres : Outre les titre déjà cités : - L’Avenir social : cinq années d’expérience éducative [1906-1911], 1911, in-8°, 56 p. (Bibl. Nat. 8° R. 34 876). — Les sans famille duprolétariat organisé et de l’Avenir social (1911) - Une belle conscience et une sombre affaire, brochure clandestine publiée en 1917 et consacrée à Hélène Brion. — L’Amour libre, 1920, 57 p., in-12 (Bibl. Nat. 8° R. 30 136). — Pages contre la guerre, 1921. — Poèmes, contes, etc... (voir le catalogue de la Bibl. Nat.) ; - Berceuse pour le p’tit gars (chanson parue dans le Bulletin de la Ruche, n°4 — Encyclopédie anarchiste, articles : Mère, Orphelinat.
Elle colabora également outre les titres cités à La Revue socialiste (1911) et à La Voix libertaire (entre 1931 et 1937).

P.S. :

SOURCES : J. Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste... op. cit. et archives personnelles — Le Monde libertaire, janvier 1967 (article de R. Bianco). — Le Monde, 26 février 1976. — Geneviève Fraisse, « Et si les mères désertaient la guerre... Madeleine Vernet (1879-1949) : pacifisme et féminisme », Les Cahiers du Grif, n°14-15, décembre 1976. — Pour l’essentiel cette biographie est due à Claude-Paul Couture = Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...op. cit.// Atch. Nat. 20010216/170 //


Dans la même rubrique

Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 4.1.10