FRANCOIS, Jean-Pierre « FRANCIS »

Né à Reims le 3 décembre 1855 - Menuisier – Aubervilliers (Seine Saint Denis) – Londres
vendredi 30 mars 2012
par  R.D.
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Jean-Pierre François dit Francis avait quitté Reims en 1873 ou 1874, après l’évacuation du territoire des troupes allemandes. Il avait fait 5 ans de compagnies disciplinaires pour "refus d’obéissance". Suite à une condamnation, Francis , qui résidait 21 Passage Auvry à Aubervilliers, avait été condamné à six reprises pour "vols et vagabondage" et "outrages à agents" et militait semble-t-il au groupe de Saint Denis.

Il s’agit sans doute du Francis qui, lors d’une réunion de préparation à la manifestation du 1er mai 1891, avait, selon un indicateur, engagé les compagnons à s’y rendre bien armés, puis à un moment donné, de se disperser dans tous les quartiers, afin de profiter du désarroi de la police pour piller tout ce qui tombera sous leurs mains".

Dans un rapport du 25 avril 1892 où il était qualifié de militant et dangereux, demeurant 54 rue Beaubourg, la police précisait qu’il était "très lié avec Martinet", cherchait comme lui "à entraîner les jeunes à commettre des actes" et que "faute de savoir parler en public, il ne prononçait jamais de discours mais excitait dans les groupes particuliers les compagnons à agir individuellement"..

Suite à des déclarations d’Alphonse Lauze qui fut ensuite accusé d’être un indicateur, il avait été soupçonné d’avoir participé avec Théodule Meunier à l’attentat de Ravachol au restaurant Very en avril 1892. Pendant l’instruction de cet attentat, Fernand Bricou l’avait également dénoncé comme complice, et pour échapper à une arrestation et à la prison préventive, Francis , qui demeurait alors semble-t-il 54 rue Beaubourg, avait pris la fuite et s’était réfugié à Londres où il aurait été hébergé par le compagnon allemand Fritz Brall. Avec sa compagne il vivait semble-t-il sous le nom de Johnson et avait été recherché et arrêté à Londres à la fin de l’été 1892 : il était alors en possession des papiers de Brall et de divers écrits anarchistes relatifs à la fabrication d’explosifs. Lors de l’arrestation, sa compagne, enceinte, aurait tenté de se saisir d’un révolver avant d’être désarmée. Bien que bénéficiant d’un alibi – à l’heure de l’attentat il se trouvait rue Quincampoix chez un certain Lejeune – confirmé par une dizaine de témoins et que deux ordonnances de non lieu airent été prononcées en sa faveur, il fut extradé en France à l’automne ce qui donna lieu à un meeting de protestation en novembre à Trafalgar Square où, avant même de pouvoir prendre la parole, Louise Michel avait été arrêtée. Sa petite fille âgée de 3 ans en Angleterre avait été recueillie par Guttin dit Chauvière.

Traduit aux assises en avril 1893, il bénéficia d’un acquittement, tandis que Bricou qui l’avait chargé lors des interrogatoires, était condamné à 20 ans de travaux forcés.. Il retourna ensuite à Londres.

En mars 1894 son nom figurait sur une liste d’anarchistes établie par la police des chemins de fer en vue d’une « surveillance spéciale aux frontières ».

Revenu en région parisienne, sans doute dès l’été 1893, il fut signalé début juillet dans les réunions du Cercle anarchiste international où il s’opposait notamment à Brunet traité de "phraseur et farceur" voulant le chasser de la Bourse du travail et menaçant d’aller à la Bourse pour y monter à la tribune et, révolver au poing, de faire feu contre celui qui l’empêcherait de parler.

Il fut arrêté le 5 mars 1894 lors d’une perquisition à son domicile , 16 rues Archives à Paris - il fut poursuivi en août 1896 avec sa compagne et le compagnon Lefevre pour un déménagement « à la cloche de bois » le mois précédant. Il fut condamné à 2 mois de prison, sa compagne à 8 jours et Lefèvre à 15 jours.


Sources : C. Bantman « Anarchismes et anarchistes… », op. cit.// Fichier Bertillon // AD marne 30M73// Le Père Peinard, 3 juillet, 4 décembre 1892, 16 & 23 avril 1893 // APpo BA 77, BA 1500, BA 1506, BA 1509 // Le Journal, 17 octobre 1892 // La Sociale, 16 août 1896 //


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