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CASTELHANO, Mario dos Santos « Mario SANTOS »
Né le 3 mai 1896 à Lisbonne – mort en captivité le 12 décembre 1940 - Cheminot- CGT(P) – Lisbonne - Angola
Article mis en ligne le 11 janvier 2007
dernière modification le 11 octobre 2018

par R.D.
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Mario Castehano (1936)

Fils de José Maria Castelhano petit commerçant à Lisbonne et de Maria dis Prazeres Alves, Mario Castelhano dos Santos, après l’école primaire avait commencé à travailler dès l’âge de 14 ans aux chemins de fer portugais et avait adhéré à la CGT. Licencié après la grande grève des cheminots en 1920, il fut nommé secrétaire aux relations internationales de la Fédération ferroviaire. Il était également le directeur de l’organe de la Fédération O Ferroviario. Ses activités syndicales lui valurent d’être à plusieurs reprises emprisonné notamment en octobre 1923 et en octobre 1924.

Après s’être marié en 1925 avec Lucinda da Conceiçao Duarte, il fut l’année suivante nommé délégué au Conseil fédéral de la CGT et directeur du quotidien de la Confédération, A Batalha jusqu’à son interdiction et la destruction de ses machines par la police en mai 1927. Arrêté en juin, il échappait à la déportation, était libéré mais de nouveau arrêté en octobre suivant alors qu’il allait visiter un compagnon détenu. Emmené au siège de la police politique, il était déporté le 15 novembre en Angola à Vila Nova de Seles ( Novo Redondo).

C’est pendant cette déportation que sa mère décédait à Lisbonne en mai 1930. En septembre 1930, suite à une tentative d’insurrection en Angola, il était transféré avec d’autres prisonniers à l’île du Pico aux Açores où il allait rester quelques mois avant d’être regroupé avec les autres prisonniers à l’île de Madeira en vue de leur transfert au Cap Vert. C’est là, à Funchal, qu’il participait le 6 avril 1931 à la révolte de militaires et prisonniers contre la dictature (revolta de Madeira). A Funchal, Mariano Castelhano était entré rapidement en contact avec l’organisation locale de la CGT, qui publiait le journal A Batalha (Funchal, 8 mai 1926-mi 1935) et avait organisé les groupes de déportés et de civils appuyant la révolte.

Après l’échec du mouvement, il parvint à se cacher pendant plus d’un mois avant de revenir clandestinement à Lisbonne sur le bateau Niassa, avec entre autres Manuel Henriques Rijo, Anibal Dantas et Domingo Lopez Bibi. A son arrivée à Lisbonne, il était accueilli par sa compagne qui l’emmenait dans une maison isolée de Guerreiros loin de toute surveillance policière. Puis il décidait de retourner à Lisbonne pour y poursuivre la lutte clandestine sous le nom de Mario Santos. A cette même époque il écrivait plusieurs ouvrages dont ses souvenirs de déportation - qui ne seront publiés qu’après la chute de la dictature salazariste en avril 1974 - et en 1932 naissait son fils unique.

Membre du Conseil fédéral de la CGT avec notamment José Francisco et Manuel Henriques Rijo, il participait à l’organisation de la grève générale et de l’insurrection du 18 janvier 1934 pour s’opposer à la prise de contrôle des fascistes sur les syndicats et, comme la plupart de ses camarades, fut arrêté le 15 janvier, trois jours avant le mouvement. Traduit devant un tribunal militaire à Trafaria après l’échec du mouvement, il fut condamné à 16 ans de prison et, le 8 septembre, à bord du vapeut Lima fut déporté au fort de San Joao Baptista à Angra do Heroismo sur l’île de Terceira (Açores) où, suite aux mauvais traitements, il commença à souffrir des intestins. Le 23 octobre 1936, avec des dizaines d’autres prisonniers, il était embarqué à bord du Luanda pour être transféré au camp de concentration de Tarrafal, sur l’île de Santiago (Cap Vert). Il y subit les sévices du travail forcé, les punitions au « frigidaire », la privation de nourriture et les mauvaises conditions sanitaires. Début octobre 1940 il était admis à « l’infirmerie » du camp où il décédait le 12 décembre suivant.

Mario Castelhano avait également été le directeur du journal Minho e douro et avait grandement contribué à empêcher le parti communiste d’instrumentaliser le mouvement syndical.

Rue Mario Castelhano

Après la Révolution des œillets de 1974, une rue à son nom a été inaugurée à Lisbonne. Le 24 avril 1980, il fut décoré à titre posthume du grade de Grand officier de l’Ordre de la liberté.

Sa compagne Lucinda Castelhano, qui ne cessa jamais de l’aider et éleva seule leur fils, est décédée à Vila Nova de Gaia en 1968.

Œuvres : - Os organismos de transportes na revoluçao social (Ed. Pensamento acrata, Lisboa, 1932) ; - Quatro anos de deportaçao (Ed. Seara Nova, Lisboa, 1975).

P.S. :

Sources : A Batalha, Lisbonne, n°1, 21 septembre 1974 & n°129, juillet-septembre 1990 (article de Luis Garcia e Silva) //


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