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MELET, Pierre
Né le 7 juin 1908 à Nantes (Loire-Inférieure) - mort le 18 décembre 1991 - Instituteur public puis berger ; écrivain - SNI - Loire Atlantique – Hautes Alpes
Article mis en ligne le 1er août 2011
Dernière modification le 2 août 2011

par R.D., René Bianco

Fils d’un surveillant à l’école nationale professionnelle Livet de Nantes, libre penseur, et d’une télégraphiste, Pierre Melet fit ses études primaires puis, après un passage à l’école primaire supérieure, fut reçu à l’examen d’entrée de l’École normale de Savenay où il termina ses études avec un brevet supérieur.

En 1927, il débuta comme instituteur public à Touvoix (Loire-Inférieure), fut nommé à Haute-Goulaine en 1931, puis, à Rezé, dans la banlieue sud de Nantes de 1935 au 31 mai 1941. Il a évoqué lui-même cette période de jeunesse dans Aux couleurs de l’automne. Pacifiste fervent, il participa dès le début des années trente à l’activité du service civil volontaire international, mouvement né en Suisse à l’issue de la Première Guerre mondiale. Profitant de ses vacances d’été, il participa ainsi à divers chantiers ouverts en Suisse, notamment en 1931, 1932 et 1934. En 1933, il fit un voyage en Russie soviétique dont il revint bouleversé, ne tardant pas à rejoindre les maigres rangs des critiques du système soviétique dont Victor Serge qu’il rencontra à Bruxelles peu après sa libération et Panaït Istrati dont il devint un lecteur fervent.

Élu au conseil syndical de la section de la Loire-Atlantique du Syndicat national des instituteurs le 9 juillet 1936, il fut ensuite désigné comme secrétaire de la commission d’action sociale dont il assuma l’activité jusqu’à la déclaration de guerre en 1939. A ce poste, Pierre Melet s’efforça de défendre fidèlement l’esprit de la Charte d’Amiens et publia de nombreuses chroniques concernant notamment la situation de l’homme dans la société et les problèmes de la culture.

Ce fut en 1937 que parut son premier livre : Mesure d’Homme (itinéraire d’un militant), publié aux éditions de la Mère Éducatrice dirigée par Madeleine Vernet, avec une préface de Han Ryner. Dès cette époque, Pierre et Blanche Melet (son épouse depuis 1927) furent influencés par Jean Giono et les Cahiers du Contadour qui enseignaient que pour être heureux, il suffisait de mener une vie simple fraternelle et généreuse, sans ambition et très proche de la nature. Ils rendirent donc visite au groupe des amis et disciples de l’écrivain de Manosque en 1938. Ce séjour au Contadour fut renouvelé l’année suivante et tous deux se nouèrent ainsi d’amitié avec Jean Bouvet, Alfred Campozet, Lucien Jacques, Hélène Laguerre.

Pendant l’Occupation, sous la pression de l’occupation militaire et des persécutions, Pierre Melet abandonna l’enseignement et suivit, en juin et juillet 1941, un stage accéléré de formation de berger à l’issue duquel il fut engagé dans un élevage de la région d’Évreux en Normandie. Il partit ensuite s’installer dans un petit village des Alpes où il mena une vie isolée et retirée du monde qui lui convenait parfaitement. De plus, écrivait-il, « c’était la guerre, aussi était-il bon d’être ignoré et de rester dans l’ombre ». L’heure étant alors au « retour à la nature », on lui proposa, en mars 1943, de devenir assistant-berger (sorte de conseiller technique). Il accepta et, le 1er août de la même année rejoignit la Bergerie nationale de Rambouillet (Seine-et-Oise). Il entra en fonction le 1er octobre 1943, auprès du syndicat ovin de la région d’Aix-en-Provence. En novembre 1944, il obtint sa mutation pour les Hautes-Alpes. C’est là qu’il écrivit alors son roman le Galvaudeux qui lui valut, en janvier 1948, le prix Sully Olivier de Serres de littérature paysanne. Par la suite, Pierre Melet fut maire d’Antonaves (Hautes-Alpes) de 1959 à 1971, et publia plusieurs ouvrages consacrés à la montagne et aux bergers. Sa compagne mourut le 25 mars 1987. Pierre Melet entreprit alors la rédaction de ses mémoires.

Pierre Melet est décédé à Antonaves le 18 décembre 1991. I avait légué ses biens à la commune de Champoléon à la condition qu’une Maison du berger y fut créée, ce qui fut fait en 2009.

OEUVRE : Mesure d’Homme (itinéraire d’un militant), 1937. — Le Galvaudeux, 1948 (réédition Grenoble, Éditions Didier-Richard, 1979). — Antonaves, mille ans d’histoire, préface de Jean Giono. — Trente années au service des bergers, 1974, 316 p. — Bergers mes amours, préface de Henri Frossard, 1978, 262 p. — Le chemin des étoiles, préface de Émile Escallier, 1980, 300 p. — Aux couleurs de l’automne, l’Amitié par le Livre, 1982. — À l’ombre du campanile, préface de Philippe Lamour, 1983.


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