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Dictionnaire international des militants anarchistes
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CHANDRE, Joseph Véran
Né à Entragues (Basses Alpes) le 5 (ou le 23 ?) juin 1875 – mort le 7 juillet 1954 - Ouvrier forgeron - AIA - CGT – La Seyne (Var)
Article mis en ligne le 6 janvier 2007
Dernière modification le 6 mai 2016

par R.D.

Fils de cultivateurs et frère de Félix, Joseph Chandre fut admis comme ouvrier forgeron à l’arsenal maritime de Toulon (Constructions navales, atelier de la petite chaudronnerie) en juillet 1899. Il habitait La Seyne, rue du Petit Filadou, et appartenait au groupe anarchiste local tout en étant inscrit sur les listes électorales. En mai 1905 il fut avec Augustin Bayle l’organisateur d’une conférence de E. Armand à La Seyne. Il participa aux activités syndicales : discours favorable à la journée de huit heures (décembre 1905), signature de l’appel aux conscrits (1908) etc… Il fut renvoyé huit jours de l’arsenal pour avoir introduit des brochures antimilitaristes. Il était à cette époque membre de l’Association internationale antimilitariste (AIA). En janvier 1907 il fut l’un des 31 signataires pour la section de Toulon de l’AIA de l’affiche Conscrits appelant les soldats à mettre crosse en l’air. (Voir Augustin Bayle pour la liste des signataires). En décembre 1907 il était allé à Marseille faire une conférence pour le groupe anarchiste Les Précurseurs.

Le 18 novembre 1908 il avait été membre du bureau du concert donné par Charles D’Avray à la Bourse du travail en présence d’environ 80 personnes.

Élu membre du conseil d’administration du syndicat des travailleurs de la marine le 7 mai 1911 où il représentait avec Antoine Bertrand la minorité révolutionnaire, il était réélu le 21 janvier 1912 ainsi qu’à la commission administrative de la Bourse du travail. Il était à la même époque le correspondant du journal La Guerre sociale et l’animateur du groupe La Jeunesse Libre de La Seyne et était inscrit au Carnet B. En janvier 1913 il fut exclu du syndicat

Pendant la guerre il fut mobilisé comme affecté spécial à l’arsenal.

En 1916 il était le correspondant et le diffuseur à La Seyne du journal de Sébastien Faure Ce Qu’il faut dire (Paris, n°1, 2 avril 1916 à n°83, 22 décembre 1917) l’un des rares hebdomadaires libertaires à pouvoir paraître pendant la guerre, bien que souvent amputé par la censure d’une bonne partie de sa surface imprimée . Arrêté et emprisonné le 8 décembre 1916 à la prison maritime, il y restait 72 jours en préventive avant de bénéficier d’un non lieu par le premier tribunal maritime. Il fut congédié définitivement des arsenaux le 13 février 1917 pour « actes et propagande antimilitariste ». et son sursis fut cassé. Selon la police il aurait décidé avec un autre militant, Antoine Bertrand, de ne pas répondre à l’ordre de mobilisation ; toutefois il séjourna de février 1917 à février 1919 dans un régiment de Digne et reçut un certificat de bonne conduite.

Il réintégra après la guerre l’arsenal (ateliers des machines) et poursuivit une action engagée pour percevoir son salaire depuis 1917 comme tous les ouvriers mobilisés. Devant le refus il fit intervenir le député Aiguier en 1921. Connu pour ses opinions libertaires, il prenait la parole lors des meetings à la Bourse du Travail de La Seyne, particulièrement lors du 1er mai 1919 et 1920. Élu membre du conseil d’administration du syndicat le 12 mars 1920, il eut 24 jours de retenue de salaire après la grève de mai 1920. Le 20 mai 1920 il annonçait sa démission du conseil d’administration en raison « de nouvelles occupations ». Il prit sa retraite le 19 juillet 1925.

Joseph Chandre est mort à La Seyne le 7 juillet 1954.

Il y a sans doute identité avec Joseph Chandre signalé en 1935 à Digne (Basses Alpes) comme "antimilitariste, anarchiste dangereux" et inscrit au Carnet B.


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