Dictionnaire international des militants anarchistes
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ARCOS, Leon, Edouard
Né à Marseille le 2 mai 1879 — assassiné le 24 août 1905 — Ouvrier boulanger ; journalier — Marseille (Bouches-du-Rhône) — Gênes (Italie)
Article mis en ligne le 21 juin 2011
dernière modification le 12 juillet 2024

par R.D., Thierry Bertrand
Léon Arcos

En 1896 Léon Arcos vivait au 14 rue Bussy l’Indien, à Marseille, avec sa mère,Thérèse Maurey, et ses deux frères, eux aussi anarchistes, Louis 19 ans, employé, Henri 13 ans menuisier. Son père, Alexandre, était déjà décédé.
Il avait à ce moment là comme métier ouvrier boulanger.

Il semble que Léon était ce qu’on peut appeler un anarchiste — illégaliste. Tout débuta le 13 juillet 1897 quand il avait été condamné par le Tribunal Correctionnel de Toulon à 15 jours d’emprisonnement pour "coups et blessures". En effet, Arcos se reposait devant la porte d’un
corridor à Toulon, quand, vers midi, un officier supérieur de la marine en retraite, qui voulait rentrer chez lui, et ne le pouvant pas à cause d’Arcos, lui demanda de le laisser passer ; troublé dans son repos, Arcos s’était alors levé et avait violemment frappé le retraité.
A cette époque ilArcos travaillait comme marin de commerce et n’avait nulle
part où dormir.

Il avait été signalé comme anarchiste par la préfecture le 15 septembre1897.
Il semble qu’il ne cachait pas son engagement car il avait été renvoyé, cette même année, pour ses agissements, de la compagnie des Trois Mathildes, huilerie se trouvant rue d’Arenc à Marseille. Le prétexte qui fut donné par la direction était une pénurie de travail.
A cette époque il ne vivait plus en famille mais en garnis avec l’anarchiste, Chaumel, au 1 rue de la Lune d’or.
Le 11 octobre 1897 il avait été arrêté, en compagnie de Chaumel, à la sortie de l’Église de la Belle de Mai pour attentat au libre exercice du culte catholique. Le 16 décembre suivant la cour d’appel d’Aix le condamnait à 15 jours de prison pour outrage à un Ministre du culte catholique.
Afin de le repérer, la police notait dans son dossier qu’il était de « corpulence assez forte » et « coiffé d’habitude d’une casquette de velours blanc tigré ».

Le 1er février 1898, en pleine affaire Dreyfus, la ligue Antisémite organisait une réunion à la Brasserie Marseillaise, Rue St Basile. Le soir une cinquantaine de compagnons, dont Léon, mais aussi Sébastien Faure, Théodore Jean, Escartefigue…se présentaient à la porte munis de cartes d’invitations
qu’ils avaient fait imprimer eux-mêmes. L’entrée leur fut refusée et une bagarre s’ensuivit. Les anarchistes, refoulés, firent alors le tour du pâté de maison et pénétrèrent dans la Brasserie par l’entrée donnant sur l’Allée des Capucines. Ils se trouvèrent alors dans une salle qui n’était séparée de celle où se tenait la réunion que par un vitrage, sur lequel ils se précipitèrent, forçant les portes et brisant de nombreux carreaux. Ils semèrent aussitôt la panique et interrompirent la réunion. Les agents intervinrent et firent évacuer les deux salles puisprocédèrent à l’arrestation de plusieurs anarchistes dont Léon Arcos, Maurice Chaumel et le companon italien Fenaglia.

Fin février 1898 il était colporteur et avait été arrêté à Nice pour avoir volé une bicyclette.
Deux mois plus tard, en avril, la Cour d’appel d’Aix le condamnait à 6 mois de prison pour complicité de vol par recel. Il ne restait pas longtemps en liberté puisque le 31 août le Tribunal correctionnel de Marseille l’envoyait un mois en prison pour port d’arme prohibée.

Début mars 1899 la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône l’acquittait lors de son jugement pour vol commis avec violence.

En mars 1900 le Tribunal correctionnel de Marseille le condamnait à trois mois de prison pour voies de fait et outrages à des agents.
Début août 1900 il était à nouvezau condamné à 13 mois de prison. Il était accusé d’avoir agressé un marin dans la nuit du 9 au 10 juillet. Alors que ce dernier regagnait son bord, au port du Lazaret à Toulon, il rencontra un individu qui, après lui avoir demandé du feu, commença une conversation. Chemin faisant, le marin se vit tout à coup agressé par deux individus et son compagnon de conversation, au lieu de le défendre, contribua à le dévaliser de son porte-monnaie. Celui ci n’était autre que Arcos Léon.

Léon Arcos avait été déclaré insoumis le 16 janvier 1901 mais rayé des contrôles de l’insoumission en février, aya,nt été signalé détenu à la Maison centrale de Nîmes par suite d’une condamnation de 13 mois de prison par le tribunal correctionnel de Marseille le 8
août 1900 suite à l’agrssion et le vol du marin de Toulon.
A sa sortie de prison, il avait été escorté par des gendarmes, le 10 août 1901, à la caserne du 5e Bataillon d’Infanterie légère d’Afrique (Bat’ d’Af’). d’où il fut envoyé à Batna (Constantne Algèrie) avant de rejoindre le Bataion en Tunisie.
Le 25 février 1902, il était condamné par le Conseil de Guerre de la Division d’occupation de Tunisie à la peine de deux ans de prison pour « pillage de marchandises et d’effets commis
en réunion et à force ouverte.
 ».
Léon Arcos désertait le 23 janvier 1904. Le 22 mars 1904 le même Conseil de guerre le condamnait par contumace à la peine de mort et à un an de prison pour "voies de fait envers son supérieur pendant le service et évasion par bris de prison".

Léon Arcos était parvenu à gagner l’italie où, à Gênes, il allait vivre sous la fausse idntité de Jean Casairoli, acrobate, né à Bastia.

Le 24 août 1905 Léon se fit mortellement tirer dessus par un certain
Gardanne avec un revolver. Ce Gardanne était recherché à Cannes pour un crime et il s’était enfuit en Italie avec sa compagne, Thérèse Aquin. Fin 1904, celle ci, lasse des mauvais traitements que lui faisait subir Gardanne, l’abandonna, et alla se fixer à Gênes. Ce fut là qu’elle rencontra Léon Arcos. Gardanne l’assassinat par jalousie.
Le véritable nom de Gardanne était Lucien Vial.


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