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Dictionnaire international des militants anarchistes
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BONOMINI, Ernesto « BACCHINI » ; « Antonio FALCELLI »
Né le 18 mars 1903 à Pozzolengo (Lombardie) – mort le 6 juillet 1986 - Meunier ; libraire ; tapissier décorateur - Italie – Paris – Lille (Nord) - Bruxelles – Suisse – Espagne – New York
Article mis en ligne le 10 juin 2011
dernière modification le 18 décembre 2016

par R.D.
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Ernesto Bonomini

Ernesto Bonomini, qui avait commencé très jeune à fréquenter les milieux socialistes et avait été poursuivi en Italie pour antimilitarisme et propagation de chants subversifs, avait émigré en France où à Paris il entra en contact avec des réfugiés anarchistes italiens.

Le 20 février 1924, à l’hôtel Savoie il tira sur le journaliste fasciste N. Bonservizi, responsable des groupes fascistes en France, qui décéda un mois plus tard des suites de ses blessures. Dans une déclaration en octobre 1924, Bonomini affirma avoir voulu venger « toutes les victimes du fascisme » et affirma également n’avoir aucune sympathie pour le communisme qui à Moscou persécutait égalerment les anarchistes. Défendu par Maître H. Torrés, il échappa à la peine de mort et fut condamné le 23 octobre 1924 à huit ans de travaux forcés et à dix ans d’interdiction de séjour . Il fut interné à la maison de force de Melun puis à la Centrale de Riom en Auvergne. Le 21 juin 1928 il fut l’objet d’un arrêté ministériel d’expulsion.

Libéré le 22 février 1932, il écrivit dès le mois suivant un article dans le journal Lotta anarchica (Paris) où il déplorait les polémiques et divisions du mouvement anarchiste et appelait à un « front unique libertaire » contre l’ennemi commun. Arrêté quelques jours après, il fut explusé et se réfugia d’abord en Belgique avant de pouvoir rentrer en France sous le nom de Bacchini et de travailler notamment à la Librairie moderne de Lille avec Umberto Marzocchi. Arrêté fin avril 1933 il était condamné le 4 mai à un mois de prison pour infraction à l’arrêté d’expulsion.

Dès sa libération il partait pour Paris où il résidait avec sa compagne Louisette Bled (ou Biel). Il fut chargé de la correspondance en français du nouveau bureau du Comité anarchiste en faveur des victimes politiques d’Italie qui avait été formé le 29 octobre 1933 lors d’une réunion dans une salle municipale à Puteaux. Les 11-12 novembre suivant il participa au congrès des réfugiés anarchistes italiens tenu à Puteaux et où fut fondée la Federazione anarchica dei profughi italiani. En avril 1934, après avoir participé aux funérailles d’Emilio Recchioni, il fut une nouvelle fois arrêté et mis dans un train à destination de la Belgique, mais dont il parvint à descendre pour aller se réfugier à Lille. Il participa également au Congrès anarchiste italien tenu à Paris à l’automne 1935. Il aurait également séjourné à Genève avant de gagner Marseille au printemps 1936.

En juillet 1936 il fit partie du premier groupe de compagnons italiens – dont C. Berneri, Bifolchi, Girotto, Perrone, Fantozzi, etc – qui avec l’aide de Pasotti passa en Espagne pour y participer à la lutte. Dès août il fut chargé, avec notamment Renato Castagnoli, Celso Persici, Bruno Bonturi, Ludovico Rossi et Francesco Barbieri, par la Fédération anarchiste ibérique (FAI) de contrôler à la frontière de Port Bou l’entrée des volontaires étrangers. Il collabora à cette époque à Guerra di classe (Barcelone), au Libertaire (Paris) où en octobre 1936 il publia un hommage à Emile Cottin qui venait d’être tué à Farlete, et à Rébellion (Bruxelles, 1937). Dès avril 1937, il fit partie des compagnons qui dénocèrent l’offensive anti anarchiste des staliniens et les arrestations de plusieurs compagnons italiens. Lors des évènements de mai 1937, il échappa à une liquidation physique et continua de dénoncer dans Guerra di classe les assassinats et la contre révolution stalinienne.

A son retour d’Espagne fin 1937 ou début 1938, il gagna Paris sous la fausse identité de Antonio Falcelli (ou Fancelli). Après avoir participé à diverses réunions, il fut arrêté en juin 1938 et fut condamné le 26 juillet à un an de prison pour « usage de faux papiers » » qu’il purgea à Fresnes puis à Rouen.

A sa libération le 2 mars 1939, Bonomini qui avait été intégré au syndicat des correcteurs, était immédiatement arrêté et transféré à Paris puis interné au camp de rassemblement des étrangers à Rieucros près de Mende (Lozère) dont il parvint à s’évader fin avril avec le compagnon Giuseppe Picone Chiodo. Il gagna alors la Belgique où Mario Mantovani, Giuseppe Bilfolchi et Vittorio Cantarelli l’aidèrent à obtenir de faux papiers et notamment un passeport cubain avec lequel il put s’emabarquer pour le Canada. Il passa ensuite aux Etats-Unis et fut acceuili à New York par les compagnons de L’Adunata dei refrattari. Bonomini collabora à la presse libertaire sous le pseudonyme de Dick Perry et travailla ultérieurement comme décorateur à Hollywood.
En 1946 il était semble-t-il à Sao Paulo. Ernesto Bonomini est décédé à Miami (Floride) le 6 juillet 1986.

P.S. :

Sources : Lettre (du camp de Rieucros), 25 mars 1939 à Luigi Bertoni (IISG, Amsterdam) — Miguel Filgueiras « Genève : les anarchistes romands et la guerre d’Espagne, une histoire des influences anarcho-syndicalistes au sein de la classe ouvrière genevoise (Université de Genève, 2000) = Notice de M. Enckell in Chantier biographique des anarchistes en Suisse // Ephéméride anarchiste // André Colomer « Bonomini contre le fascisme » (Paris, La librairie sociale, s.d.) // Dizionario biografico degli anarchici…, op. cit (Notice de R. Bugiani, C. Ciao Pointer & M. Lenzerini) // SIA, n°17, 9 mars 1939 // « Olocausto, Forli, 1er mai 1947// Liberta, Buenos Aires, 6 juin 1925// L. Bettini « Bibliografia… », op. cit. // L’Agitazione a favore di Castagna e Bonomini, Paris, 15 décembre 1924// AD Gard 1M757 (Menées terroristes)//

Iconogr. : Libertaire, 19 décembre 1924.


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