Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

MONCLUS GUALLAR, Vicente

Né le 23 janvier 1911 à Abiego (Huesca) — Ouvrier agricole — FIJL — CNT — Aragon — Russie — Villeneuve-sur-Lot (Lor-et-Garonne)
Article mis en ligne le 8 décembre 2010
dernière modification le 12 juillet 2024

par R.D.
Vicente Monclus Guallar

Militant de la CNT et des jeunesses libertaires (FIJL) de la comarcale de Barbastro, Vicente Monclus Guallar, dont l’un des frères, Joaquin, sera fusillé par les franquistes le 30 août 1936, avait participé le 20 juillet 1936 à l’assaut de la caserne de Barbastro puis fut milicien sur le front de Huesca dans la Colonne Roja y Negra puis dans la 127e Brigade Mixte où il eut le grade de commissaire. Après avoir combattu sur le front de Saragosse puis au Levant, il intégra en 1938 l’école d’aviation de La Ribera (Murcie). Il fit ensuite partie dun groupe d’élèves pilotes de l’armée républicaine qui en décembre 1938 furent envoyés en Union soviétique pour s’y perfectionner.

Dès la fin de la guerre civile en Espagne, il refusa comme d’autres pilotes espagnols de se mettre au service du gouvernement soviétique et demanda à pouvoir émigrer en France ou aux États-Unis. Le 29 janvier 1940 il fut arrêté à Moscou avec sept autres pilotes — Juan Navarro (de Barcelone), José Giménez Llop (de Reus), José Gobart (de Barcelone), Juan Sola Pala, Luis Milla (de Madrid), Francisco Tares et Francisco Pac (de Barcelone — qui furent tous internés à la prison Boutyrki puis à la Loubianka. Après 8 mois passés à l’isolement en cellules individuelles, tous furent jugés en septembre 1940 et condamnés à la déportation dans les camps de travail de Sibérie où les sept compagnons de Monclus décèderont les uns après les autres de faim et de froid. Vicente Monclus qui avait été condamné à huit ans de travaux forcés pour « agitation impérialiste » ne fut pas interné au camp 99 de Kataganda (Kazakhstan) où furent déportés un groupe de marins (voir Avelino Acebal Pérez) et de pilotes (voir Jaime Beltran Talon) républicains espagnols. Il aurait été interné dans divers camps dont notamment celui de Potma et de Vorkuta.

En 1947 la Fédération espagnole des déportés et internés politiques (FEDIP) et son secrétaire José Ester Borras initiait une campagne internationale pour obtenir la libération des pilotes et marins républicains espagnols détenus dans les camps soviétiques. Cette campagne, relayée par l’ensemble des organisations antifascistes espagnoles à l’exception des communistes, aboutit à la libération et le rapatriement au printemps 1954de quelques uns des survivants dont ne faisait pas partie Monclus.

Vicente Monclus, après seize années passées au goulag, fut remis en liberté le 23 mars 1956 et par l’intermédiaire de la Croix rouge internationale put reprendre contact avec son frère Isidro qui s’occupera de la gestion de son rapatriement en France. Le 23 novembre 1956, il arrivait à Paris puis rejoignait son frère qui était réfugié à Villeneuve-sur-Lot où il était membre de la FL-CNT.

Œuvre : — 18 años en la URSS (Buenos Aires, Ed. Claridad, 1959).


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