Dictionnaire international des militants anarchistes
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JOYA MARTINEZ, Manuel
Né le 16 février 1914 à Alcolea (Almeria) - CNT - Espagne – Annecy (Haute-Savoie) – Marseille (Bouches-du-Rhône)
Article mis en ligne le 3 septembre 2010
dernière modification le 27 octobre 2023

par R.D.

Manuel Joya Martinez était passé en France lors de la retirada de février 1939. Interné au camp de Saint-Cyprien, il fut ensuite ensuite enrôlé en juin dans la 82e Compagnie de travailleurs étrangers à Celliers en Savoie, puis au printemps 1940 dans le Lot-et-Garonne. Á l’arrivée des allemands, il tentait avec quelques camarades de s’embarquer pour l’Angleterre mais était arrêté à Mont-de-Marsan et renvoyé en Haute-Savoie dans la Compagnie, devenue 515e Groupe de travailleurs étrangers, pour y participer à la construction d’une route près de la frontière suisse. Puis après la dissolution du 515e GTE, il était transféré au 517e GTE à Doussard.

En mars 1943 il effectuait sa premère mission de Résistance en conduisant jusqu’à la frontière suisse un groupe de réfugiés autrichiens qui étaient cachés dans les couvents de la région. Il entrait alors en contact avec Miguel Vera Navas et intégrait les premiers noyaux du maquis dont le responsable était Avelino. Il participait avec Vera et son adjoint Manuel Martinez El Chacho à toutes les missions de ravitaillement, de vols de bicyclettes, de sabotages et de liaisons.

Averti qu’il allait être arrêté par les Allemands, il gagnait le maquis de la Combe d’Ire, commandé par Antonio Jurado, et y retrouvait des compagnons dont Francisco Ortiz, Braulio Ramos, Jaime Barba et José Clausell Caterre. Après un stage en déccembre 1943 à l’École des cadres du maquis à Manigod, il montait en janvier 1944 au plateau des Glières où, à 1800 mères d’altitude s’étaient regroupés sous le commandement de Tom Morel de l’Armée secrète (AS) des groupes des FTP, des unités de l’AS et une soixantaine d’espagnols qui, en février allaient constituer la section Ebro, commandée par Gabriel Vilches.

Dès le 5 février 1944 une vaste offensive contre le maquis était déclenchée par les troupes allemandes appuyées par des miliciens et des GMR. Après une résistance acharnée, la mort au combat de 112 français et 7 espagnols, les survivants commençaient à partir du 26 mars à évacuer le Plateau et à traverser les lignes allemandes. Dans des conditions très difficiles, 293 français et 51 espagnols parvinrent à s’échapper. Manuel Joya, dans un groupe dont faisaient également partie Ortiz, Clausell, Perea, Barba, et Ramos fut au nombre de ces survivants. Il regagna ensuite le maquis et participa à la Libération d’Annecy puis à la prise de Saint-Jean-de-Maurienne.

Manuel Joya Martinez qui avait la carte n°99 de « Premier Résistant » en Haute-Savoie et avait été décoré en mars 1951 de la Croix de guerre avec étoile de bronze, continua par la suite de militer à Marseille dans le mouvement libertaire espagnol en exil.

Œuvre : - Le lièvre court encore (Marseille, 9 pages, janvier 1986).


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