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Dictionnaire international des militants anarchistes
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GIORDANO USTORI, Federico
Né à Canosa di Puglia (Bari) le 21 février 1891 – mort le 2 (ou le 8 ?) novembre 1930 - Typographe - Milan – Genève - Paris - Lille (Nord)
Article mis en ligne le 1er mai 2010
Dernière modification le 19 mars 2017

par R.D.

Federico Giordano Ustori avait participé à Milan en 1909 à la manifestation de protestation contre l’exécution de Francisco Ferrer et l’année suivante à une manifestation de solidarité avec les anarchistes japonais. Lors de la grève des ouvriers gaziers il avait préconisé le recours à l’action directe, ce qui lui valut à partir de 1914 d’être surveillé par la police notamment pour avoir reçu chez lui à Greco Milanese le militant Mario Mantovani et d’autres "anarchistes dangereux".

Opposant à la participation de l’Italie à la première guerre mondiale, il s’affronta aux interventionistes et, après avoir été appelé sous les drapeaux, déserta en novembre 1915 et passa en Suisse avec Mantovani. Réfugié à Lucerne puis à Genève il y participait aux réunions du groupe éditeur de l’hebdomadaire Il Risveglio et se liait à Giacinta Magrini, veuve du compagnon Gregori. Le 3 septembre 1916, lors d’une manifestation pacifiste , il était arrêté dans le quartier de Plainpalais avec entre autres Emilio Emidio Leonardi, Enrico Arrigoni et Dario Fieramonte. Inculpés de "scandale et rebellion" tous furent emprisonnés au camp de Wirzwil jusqu’en novembre et furent l’objet d’un arrêté d’expulsion.

En 1918 Federico Giordano travaillait comme typographe au journal socialiste La Sentinelle à la Chaux-de-Fonds. Selon l’ambassade italienne de Paris, il aurait été en 1918 en Allemagne avec Arrigoni et Fieramonte.

Rentré en Italie après l’amnistie de septembre 1919, il commença à travailler comme typographe à l’imprimerie du quotidien anarchiste Umanita Nova jusqu’à l’attentat du théâtre Diana en avril 1921. Le 22 avril un mandat d’arrêt était lancé contre lui et il s’enfuyait en Suisse où en juin il était arrêté à Mendrisio pour "passage clandestin de frontière" avec Silvio Ferdinando Biscaro et Carlo Bianchi. Détenu à Bellinzona, il parvenait à s’évader mais était repris deux jours plus tard. Extradé en septembre en Italie, il fut finalement relaxé par le tribunal de Milan le 1er juin 1922 après huit mois de détention préventive.

En septembre 1923 il était arrêté à Noce Inferiore et assigné à résidence à Canosa. Revenu à Milan, il épousait la militante anarchiste Emilia Buonacosa et devenait le père d’une fille.

A partir de 1924, il commençait à collaborer sous le nom de Geffe à L’Adunata dei Refrattari (New York) où il justifiait la violence anarchiste, polémiquait avec Carlo Molaschi et prenait la défense d’Antonio Pietropaolo condamné à 17 ans de prison pour l’attentat du théâtre Diana.

Suite à une perquisition en octobre 1926 et pour échapper à une condamnation à trois ans de confinat, Federico Giordano Ustori qui avait laissé sa compagne en Italie, après être passé par la Suisse, avait émigré clandestinement en France en janvier 1927 et avait obtenu un récépissé provisoire de carte d’identité. Il avait d’abord été hébergé 116 rue du Chateau-des-Rentiers (13ème arr.) par le compagnon français Jean Bucco qui était le secrétaire du Comité pour les victimes politiques d’Italie. A partir de février, il logea, selon la police qui l’avait fiché sous le nom de Federico Ustori, dans une petite chambre située dans le même arrondissement et au loyer hebdomadaire de 60 fr.

Il trouva un travail de typographe dans une imprimerie de la maison des syndicats de Lille dont il fut licencié après s’être opposé aux staliniens. Il milita ensuite, semble-t-il, à Argenteuil et participa aux manifestations en faveur de Sacco et Vanzetti. Il travaillait alors comme typographe au Quotidien (Paris) et collaborait à l’hebdomadaire anarchiste Il Monito (Paris, octobre 1925-août 1929) dirigé par Raffaele Schiavina et à L’Adunata. Dénonçant le bolchévisme comme "le plus infâme nécrophage de la révolution", il soutint toutes les campagnes en faveur des divers compagnons emprisonnés en Belgique ou en Sibérie (cas de Francesco Ghezzi) et hébergea de nombreux réfugiés.

Suite à une intervention chirurgicale, Federico Giordano Ustori décédait à Paris le 2 (ou le 8) novembre 1930 des suites d’une infection.


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