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Dictionnaire international des militants anarchistes
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TURCINOVIC, Nicola
Né à Rovigno d’Isria (Croatie) le 21 août 1911 – mort le 30 décembre 1971 - Marin ; maçon - FAI - FORA – CNT – Buenos Aires – Paris – Barcelone (Catalogne) & Valence (Levant) – Alger & Oran – Gênes (Ligurie) - Venise
Article mis en ligne le 27 avril 2010
Dernière modification le 27 novembre 2018

par R.D.

Nicolas Turcinovic (aussi orthographié Turcinovich) , qui n’avait fréquenté que l’école élémentaire, était entré très jeune en contact avec les milieux ouvriers libertaires de Rovigno d’Istria. En août 1927, à l’âge de 17 ans, il s’engageait comme mousse à bord du Belvedere de la Compagnie maritime Cosolich. Après s’être battu à bord avec un fasciste qui l’avait provoqué, il décidait lors de l’escale à Buenos-Aires de ne pas rentrer en Italie fasciste et désertait, ce qui lui vaudra d’être condamné par contumace à 6 mois de prison par le tribunal de Pola en décembre 1929. Il entrait immédiatement en contact avec la FORA où militaient plusieurs militants originaires d’Istrie dont Francesco Depanghere et Giuseppe Pesel.

En 1930, après le coup d’état du général Uriburu et pour échapper à la répression qui s’en suivit, il regagnait l’Europe clandestinement. Débarqué à Anvers il gagnait Paris où il allait travailler comme maçon et devenir, selon la police, « un des militants italiens exilés des plus actifs », ce qui lui valut d’être expulsé en mai 1931. Il partait alors avec des compagnons espagnols pour l’Espagne où la République venait d’être proclamée.

Dès son arrivée à Barcelone il participait avec la CNT à l’agitation sociale et dès septembre 1931, lors d’une grève, il était arrêté après avoir participé à la défense armée du local du syndicat CNT de la construction assiégé par la police. Il était interné à bord du navire prison Antonio Lopez d’où, fin février 1932, avec les militants italiens Luigi Sofra et Egidio Bernardini, il tenta de s’évader. Suite à une importante campagne menée par la CNT, il bénéficia d’une amnistie en février 1933 mais était l’objet d’une expulsion et était reconduit à la frontière française avec Egidio Bernardini et la compagne de ce dernier, Livia Bellinari. Après être passé par la Belgique et la Hollande, il regagnait Barcelone où il se trouvait dès le moi de mai. Accusé d’appartenir à « une bande de malfaiteurs », il était rapidement arrêté et interné à la Modelo pour « infraction à l’arrêté d’expulsion ». En décembre 1933 il participait à une évasion de masse de la Modelo mais était repris quelques jours plus tard. De nouveau arrêté le 28 février 1934 et condamné à 4 mois de prison pour « résistance à la force publique », il était expulsé en septembre 1934 et reconduit à la frontière portugaise. Il serait alors revenu en Espagne à Séville, puis, pour échapper à la répression, aurait, par Tanger gagner l’Algérie où il aurait résidé à Alger et à Oran. Recherché en Algérie, il regagnait l’Espagne en 1935 et s’installait dans la région de Valence.

Dès le début du coup d’état franquiste de juillet 1936 il gagnait Barcelone où la FAI le chargeait de l’organisation de la section italienne de la Colonne Ascaso où, selon les témoignages d’Umberto Caloso et de Carlo Rosselli, il se montra d’une aide précieuse lors des combats au Monte Pelato et sur le front de Huesca. En janvier 1937 Nicola Turcinovic, à la demande de la Fédération régionale des Paysans du Levant, était envoyé à Valence où il allait s’occuper de la gestion des collectivités agricoles.

A la fin de la guerre il se retrouvait bloqué à Alicante mais parvenait à gagner Madrid où il se cachait chez un franquiste à qui il avait sauvé la vie dans les premiers mois de la guerre civile. Le 19 mars 1941, après avoir été dénoncé par son logeur, il était arrêté à Madrid et aussitôt extradé en Italie où en septembre il était condamné à 5 ans d’internement à Ventotene.

En juillet 1943, à la chute du fascisme, il était transféré au camp de concentration de Renicci d’Anghiari avec plusieurs dizaines d’autres anarchistes considérés comme « dangereux ». Libéré le 18 septembre 1943, il regagnait l’Istrie et intégrait immédiatement les groupes de partisans dans le groupe commandé par Tito. Suite aux désaccords politiques avec les communistes yougoslaves, il partait alors pour Gênes où il entrait immédiatement en contact avec le mouvement libertaire. Avec de nombreux autres militants – dont Marcello Bianconi, Emilio Grassini, Pietro Caviglia, Alfonso Failla, Pasquale Bonazzi – il allait alors participer aux luttes pour la Libération. Profitant de sa précieuse expérience en Espagne, il allait servir d’agent de liaison entre les groupes de partisans anarchistes et ceux des autres organisations. Il fut également le commandant de la Brigade partisane Malatesta et de la Brigade anarchite urbaine Pisacane.

A la libération il fut l’un des militants les plus actifs à Gênes. En juin 1945 il fut le délégué de la Fédération communiste libertaire ligure (FCLL)au congrès tenu à Milan par la Fédération anarchiste communiste italienne. L’année suivante il s’installait à Venise où il allait épouser Alberta Machiori dont l’année suivante il aura une fille.

Revenu à Gênes en 1954 il participait à la plupart des congrès tenus par La Fédération anarchiste italienne (FAI). Lors du congrès tenu à Carrare en 1965, il fut nommé gérant de la librairie de la FAI et membre de la Commission de correspondance de cette organisation. En 1970 il fut l’un des fondateurs à Gênes du Cercle Armando Borghi qui regroupait de jeunes militants venus à l’anarchisme lors des luttes de cette époque.

Nicola Turcinovic est décédé à Gênes le 30 décembre 1971.


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