BOURGUER, Jean, Joseph

Né le 16 janvier 1871 à Reims - Tisserand - CGT - Reims (Marne), Roubaix, Tourcoing (Nord), Trélazé (Maine-et-Loire)
lundi 4 décembre 2006
par  R.D.
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Né à Reims en 1871, Jean Bourguer correspond à l’image traditionnelle de l’anarchiste ; toute sa vie il fut un révolté. Tisseur, il travailla tantôt à Reims, tantôt à Roubaix. En 1891, Bourguer faisait partie du groupe anarchiste de Reims avec notamment Hamelin, Beauvillain, Pflug, Leprêtre et Geoffroy et tentait d’organiser le mouvement en Fédération du nord-est. Il était également l’un des diffuseurs du Père Peinard à Reims. En décembre 1891 la police signalait qu’il "avait excité les ouvriers à marcher en masse sur l’Hôtel de ville" et aller au bureau de police pour délivrer un compagnon qui venait d’être arrêté". Il figurait sur la liste d’anarchistes de Reims établie le 29 mars 1892 par le Préfet.

Au moment de son service militaire, en 1892, il fut condamné par contumace -il était semble-t-il alors en Belgique ou à Paris - le 19 février à un an de prison et cent francs d’amende pour excitation de militaires à la désobéissance, cris séditieux, et provocation au meurtre. Il aurait refusé de passer le conseil de révision : " Je ne veux pas tirer sur mes frères," avait-il déclaré lors du tirage au sort le 12 février, "à bas la Patrie, à bas les frontières, je refuse de tirer !... ". Il fut également l’objet d’une contravention pour y avaoir distribué le journal anarchiste Le Conscrit. Bourguer fût arrêté chez sa compagne Plonquette le 3 avril et le 21 mai condamné à deux ans de prison et 200f d’amende.Un compte rendu du procès fait par Prudhomme a été publié dans Le Père Peinard. A l’été 1894 il était sous les drapeaux.

En 1897 il était l’un des rédacteurs de La Cravache (Roubaix, 11 niméros du 14 novembre 1897 à 22 janvier 1898) puis du titre qui le suivit Le Cravacheur, dont il devint gérant à partir du numéro 6 à la place de A. Sauvage (neuf numéros, 4 février à 16 avril 1898). Il collaborait à la même époque à l’hebdomadaire anarchiste Le Droit de vivre publié à Paris par Constant Martin (n°1, 23 avril à n°9, 15 juin 1898). Le 12 avril 1899 il avait participé au café "Le cruchon d’or" à la la création du groupe L’En Dehors dont faisaient égalemnt partie Lapinte, Geoffroy, Prdhomme Albert d’Iris, Desfossez et A. Marquette. En juillet 1899 il fût l’auteur d’un tract anticlérical publiant les noms de prêtres condamnés dans des affaires de moeurs et dénonçant "les ensoutanés" et "les cafards de sacristie".

Il représenta les Bourses du Travail de Bordeaux (Gironde) et de Reims (Marne) au Xe congrès de la Fédération nationale des Bourses du Travail de France et des colonies tenu à Alger du 15 au 18 septembre 1902. Il fut également délégué au XIe congrès national corporatif — 5e de la CGT — tenu à Paris en septembre 1900 et au XIIIe congrès tenu à Montpellier, septembre1902 ou il représentait la fédération du Textile et la Bourse du Travail de Reims.

En septembre 1903 il fût avec entre autres Charles Dhooghe, V. Grimbert et Louis Maillard d’un appel à la suite duquel fût constitué le groupe Les iconoclastes dont furent entre autres membres Beauvilain, Deverly, Boucher, Quirin et C. Liénard.

Entre 1906 et 1913 il allait être l’un des principaux rédacteurs avec Charles Dhoogue et Victor Grimbert d’une nouvelle série du journal La Cravache (Reims, 115 numéros) et où il traitait surtout des questions syndicales et anticléricales.

En 1905, Bourguer s’installa à Tourcoing et adhéra à l’Union des Travailleurs de Reims ; il était alors gérant du journal anarchiste du Nord Le Combat paru successivement à Tourcoing, Lille, Roubaix entre 1905 et 1914. . Bourguer faisait à ce moment des conférences dans le Nord et à Reims. Il appartenait au conseil d’administration de la Bourse du Travail de Reims.

À l’automne 1907, Bourguer fut condamné à vingt ans de travaux forcés et d’interdiction de séjour pour recel d’un fauteuil volé trouvé chez lui, et ce bien que le voleur ait déclaré au procès que Bourguer n’était pas au courant. Il réussit à s’enfuir aux États-Unis avec les papiers d’un compagnon et s’installait à Philadelphie.

Après la première guerre mondiale, il revint en France et s’installa à Trélazé près d’Angers. Sa peine ayant été couverte par la prescription, il revint faire à Reims une conférence à la Bourse du Travail où il déclara : " Anarchiste, je suis parti, anarchiste je reviens. "


Sources : Arch. Nat. F7/13 567 et F7/13 607. — Arch. Dép. Nord, M 4 175 et M 224/7. Arch. Dép. Marne, 30 M 70 à 30 M 85. — Journal La Cravache. — D. Serres, La Cravache, Mémoire de Maîtrise, Reims, 1975. — Le Père Peinard, n° 172, 3 au 10 juillet 1892. — Compte rendu des congrès = Dictionnaire biographique du mouvement..., op. cit. // R. Bianco « Un siècle… », op. cit. // AD Marne 30M74 // AD Marne 30M107//


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