PEJOT, Benoit, François

Né vers 1861 - Mécanicien ; tisseur - Lyon (Rhône) - Barcelone (Catalogne)
samedi 20 décembre 2008
par  R.D.
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Benoit Pejot, comme la plupart des anarchistes de la région lyonnaise au début des années 1880, appartenait à la Fédération révolutionnaire de la région de l’Est (section de la Croix Rousse). Ancien tisseur, il travaillait comme mécanicien àla compagnie des tramways.

Le 9 décembre 1881, lors d’une réunion chez Deamicis des délégués des sections des Brotteaux, de la Croix Rousse et de la Guillotière, c’est Pejot qui avait proposé l’acceptation de l’adhésion du groupe de femmes Louise Michel à la Fédération. Il était également l’un des correspondants du Révolté (Genève).

Le 22 octobre 1882, au lendemain de l’arrestation de plusieurs compagnons - dont Gautier et Bordat - il fut l’un des orateurs de la réunion publique "les exploits de la police" tenue à la salle de l’Alcazar et présidée par Renaud. Devant environ les 800 personnes assistant à la réunion, il avait dénoncé les arrestations et les perquisitions effectuées notamment chez l’imprimeur de L’Etendard révolutionnaire où le commissaire de police avait "brouillé les caractères d’imprimerie et volé la copie du journal" comme il avait "volé, non seulement les livres, correspondances, papiers, mais encore jusqu’à des mandats-postes dont il n’avait pas été possible d’obtenir la restitution" lors des perquisitions domiciliaires. Puis, se tournant vers le commissaire présent placé à la tribune, il s’était écrié : " Ces brigands et assassins, dont nous avons les représentants ici, sont les mêmes qui, hier, faisaient charger la foule par les gendarmes sur la place des Terreaux". Pendant son discours les compagnons Gleizal et Hugonnard avaient placé à la tribune un drapeau rouge et un drapeau noir. Pejot avait ensuite revendiqué "hautement au nom des anarchistes lyonnais" , la manifestation de Montceau-les-Mines comme " étant des actes révolutionnaires anarchistes".

Suite à la violente manifestation des mineurs à Montceau-les-Mines en août 1882 et à la série d’attentats commis à Lyon en octobre, il fut arrêté le 24 octobre alors qu’il était venu au commissariat pour réclamer les documents administratifs saisis de L’Etendard révolutionnaire et fut impliqué dans le procès dit des 66 qui s’ouvrit à Lyon le 8 janvier 1883 (voir Toussaint Bordat).

L’accusation avait classé les prévenus en deux catégories. La première comptait les 28 prévenus suivants : Chavrier, Jean Antoine Coindre, Joseph Damians, François et Louis Dejoux, Desgranges, Nicoles Didelin, Dupoisat (ou Dupoizat), Fabre, Fages (ou Farges), Régis Faure, Gaudenzi, Genet, Genoud, Giraudon (ou Girodon), Gleizal (ou Garnier-Gleizal), Hugonard (ou Hugonnar), Huser, Landau (ou Landeau), César Mathon, Michaud, Jules Morel, Pautet (ou Pautel), Peillon, Péjot, Joseph et Hyacinthe Trenta Hyacinthe et Tressaud.
Cette catégorie était accusée « d’avoir, depuis moins de trois ans, à Lyon ou sur toute autre partie du territoire français, été affiliée ou fait acte d’affiliation à une association internationale ayant pour but de provoquer à la suspension du travail, à l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique ».

Les 38 prévenus de la seconde catégorie étaient : Baguet dit Bayet, Bardoux (ou Bardou, Berlioz-Arthaud), Joseph Bernard, Blonde, Félicien Bonnet, A. Bonthoux, Toussaint Bordat, Boriasse, Jean-Marie Bourdon, Bruyère, Champalle (ou Champal), Chazy, Cottaz, Courtois, Claude Crestin, Antoine Cyvoct, Dard, Ebersold, Etienne Faure Cou-Tordu, Georges Garraud dit Valadier, Emile Gautier (ou Gauthier), Joly, Kropotkine, Liégeon, Pierre Martin, Maurin, Pinoy, Renaud, Ribeyre, Jean Ricard, Sala, Sanlaville, Sourisseau (ou Sourrisseau), Thomas, Viallet, Charles Voisin, Zuida.
À la seconde catégorie était imputé « d’avoir, dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, accepté des fonctions de cette association ou d’avoir sciemment concouru à son développement, soit en recevant ou en provoquant à son profit des souscriptions, soit en lui procurant des adhésions collectives ou individuelles, soit enfin en propageant ses doctrines, ses statuts ou ses circulaires » (d’après la Gazette des Tribunaux, 10 janvier 1883).

Au cours de son interrogatoire Benoît Pejot avait accusé un des autres inculpés, Garraud Valadier qui s’était réfugié en Suisse, d’être un infiltré de la police. Prévenu de la première catégorie, B. Pejot a été condamné le 19 janvier 1883 à 3 ans de prison, 500f d’amende, 10 ans de surveillance et 5 ans de privation des droits civiques. En appel le 13 mars 1883, ma peine fut ramenée à 2 ans de prison, 300f d’amende, 5 ans de surveillance et 5 ans de privation des droits civiques.

En 1892 il était à Barcelone où fin février, il fut arrêté avec un autre français, Jean Fourner, et deux espagnols avec lesquels il fut soupçonné d’avoir projeté un attentat contre le consulat d’Allemagne.

En 1897 il figurait sur une liste d’anarchistes de Lyon où il demeurait 82 rue Bossiet et travaillait alors comme tisseur.


Sources : AD Rhône 4M3 — J. Maitron “Histoire du mouvement…”, op. cit. — M. Massard « Histoire du mouvement anarchiste… », op. cit. — « Le procès des anarchistes…, Lyon, 1883 = Notice de J. Maitron in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier…, op. cit. // Arc. Nat. F7/12504 // APpo BA 1499 // Le Matin, 3 mars 1892 // AD Rhône 4M307 //


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