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Dictionnaire international des militants anarchistes
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PAON, Roger, André
Né à Mont-Saint-Aignan (Seine-Inférieure) le 4 mai 1919 - mort le 7 janvier 2011 - Comptable - UA – LICP - FA – Rouen (Seine-Maritime) – Nice (Alpes Maritimes)
Article mis en ligne le 18 novembre 2008
Dernière modification le 6 novembre 2012

par R.D., René Bianco

Issu d’une famille dont tous les membres étaient originaires de la région de Dieppe et de Rouen, Roger Paon passa sa prime enfance sur une péniche conduite par son père sur la Seine, la Marne, l’Oise etc... Sa mère était présentée comme mécanicienne sur l’acte de naissance. A l’âge de douze ans, après l’école, il commença à travailler sur le port de Rouen. Fin 1935, il adhéra aux Jeunesses socialistes, groupe qui comptait alors dans cette ville quelque cent soixante ouvriers et étudiants dont certains n’hésitèrent pas à contester, de l’intérieur, les positions prises par les responsables nationaux de la SFIO. En 1936, il participa aux grèves du port, puis à la suite d’un différend avec le Bureau national des Jeunesses socialistes la section de Rouen fut dissoute et Roger Paon prit ses distances d’avec le Parti socialiste. Il fréquenta alors la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP) fondée par Victor Méric, puis rapidement prit contact avec des anarchistes dont Alfred Thebault. Il devint, en 1937, secrétaire du groupe de Rouen de l’Union anarchiste dans lequel militaient également Briard, Debatte Devrèze, etc. Il demeurait alors 7 rue de Tivoli à Mont Saint Aignan.

Pendant l’Occupation, il eut divers contacts avec la Résistance, notamment pour l’aide aux réfractaires et il s’efforça de maintenir les contacts avec quelques militants anarchistes de sa région, principalement Alfred Thebault.

A la Libération, Roger Paon participa à la reconstitution du mouvement libertaire et collabora alors au Libertaire organe de la Fédération anarchiste, à Ce qu’il faut dire (Paris, 1944-1948, puis 1949) de Louvet, puis à Contre Courant (Paris, 1950-1968) également de L. Louvet ainsi qu’aux Nouvelles Pacifistes (Paris, 1949-1950) de la Confédération générale pacifiste animé par André Maille et L. Louvet.

Il s’installa à Nice où il trouva un emploi dans le bâtiment et devint vite l’un des animateurs du groupe local (groupe Élisée Reclus) adhérent à la Fédération anarchiste. C’est ainsi qu’il assura la publication, de la première série de l’Ordre social (Nice, 15 numéros d’octobre 1950 à novembre 1953) auquel collaborèrent entre autres Dante Gioia, Marcel Hestaut, Bruno Athos et Franco Di Lorenzo, De Lucca et Constant Planas. Opposé à la tendance communiste libertaire de Georges Fontenis, il participa au regroupement publiant le bulletin L’Entente anarchiste (Paris, 5 numéros du 30 octobre 1952 au 8 février 1953) puis collabora à plusieurs des bulletins édités par l’Alliance Ouvrière Anarchiste (AOA) dont L’Anarchie (Paris, 5 numéros de janvier à juin 1954), et Le Rail Enchaîné (Paris, 1953-1954). Il s’intéressa aussi très activement aux objecteurs de conscience dont il dirigea plusieurs chantiers, notamment en Dordogne dans les années soixante. Il prit alors une part non négligeable à l’oeuvre entreprise par Louis Lecoin pour la reconnaissance du droit à l’objection de conscience.

Roger Paon collabora jusque vers 1970 au Monde libertaire. Parvenu à l’âge de la retraite, retiré de la vie militante, il vécut sur les hauteurs de Nice, à Saint-André, où il réunit les documents nécessaires à la rédaction d’un ouvrage sur la batellerie. Roger Paon a fait don dans les années 1980 d’une partie de sa bibliothèque au CIRA de Marseille.

Outre les titres cités ci-dessus, Roger paon a également collaboré à La Voie de la Paix, à l’hebdomadaire italien Umanita Nova et à l’Unique d’E. Armand.

Roger Paon est décédé le 7 janvier 2011.

OEUVRE : - Marine de Rivière, images de la batellerie, Breil-sur-Roya, Éd. du Cabri, 1987, 207 p.


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