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Dictionnaire international des militants anarchistes
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LEMONNIER, Henri, Gaston
Né à Paris le 18 juillet 1883 – mort le 1er décembre 1945 - Facteur - FCA – FCAR - AFA - CGT – CGTU – CGTSR – Paris 13 – Montreuil sous Bois (Seine-Saint-Denis)
Article mis en ligne le 28 mars 2008
Dernière modification le 12 mars 2018

par R.D.

Henri Lemonnier qui était facteur des postes à Saint Mandé était au début des années 1910 le secrétaire du groupe du 13è arrondissement des Jeunesses Anarchistes communistes. Domicilié 24 Avenue d’Italie, puis 32 Avenue de Paris à Villejuif, il était membre en 1911 du groupe 5-13è de la Fédération communiste révolutionnaire (FCR) puis de la Fédération Communiste Anarchiste révolutionnaire. Le 12 avril 1913, lors d’une réunion de la FCA, il fut nommé aux cotés de Cuisse, Cuelard, Jahane, Labrousse et Schneider à la commission chargée d’organiser le congrès de cette organisation prévu pour août. Il était également membre du groupe des Amis du Libertaire et le secrétaire de La Jeunesse communiste du XIIIème. .

En janvier 1914 il déménageait 134 rue de Lagny et 74 rue Armand Carrel à Montreuil-sous-Bois (Seine Saint Denis) et appartenait au groupe local de la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire (FCAR) dont il fut nommé secrétaire.

Pendant la guerre, maintenu exempté de service militaire en décembre 1914, il assista le 15 mars 1915 à la réunion que le groupe des Temps Nouveaux tenait chaque semaine rue Broca, puis le 27 octobre suivant à celle organisée par E. Armand à la Maison commune, 49 rue de Bretagne, en vie de créer le journal Pendant la mêlée (Paris, 4 numéros du 15 novembre 1915 au 15 janvier 1916) dont le gérant était Ch. Michel et qui sera remplacé le 26 janvier par le titre Par delà la mêlée.

En juin 1921, après le congrès du syndicat des employés des postes, Henri Lemonnier fut élu titulaire du conseil syndical. Après qe son syndicat ait rejoint la CGTU, il y défendit les positions anarcho-syndicalistes ce qui lui valut d’être attaqué dans les colonnes de l’Humanité où, lors du premier congrès de la Fédération unitaire des postes le 24 avril 1924 auquel participèrent environ 200 délégués, il fut présenté comme « l’interprère » des anarchistes.

En 1922 il participa avec entre autres Guérineau, Bott, Bastien et René Nartin à l’enquête sur "le fonctionnarisme syndical" publiée par La Revue anarchiste de Sébastien Faure. Dans sa réponse, publiée dans le numéro d’avril 1922, il insistait sur la rotation automatique des mandats, et affirmait qu’il fallait n’autoriser que des permanents techniques, et que les responsabilités syndicales devaient être confiées à des militants bénévoles.

En novembre 1922, employé des PTT, il était secrétaire du 23e groupe (Montreuil/Vincennes/Saint-Mandé) de la FPU. Henri Lemonnier fit ensuite partie des Groupes syndicalistes révolutionnaires (GSR), une tendance minoritaire de la CGTU, animée par Benoît Broutchoux, Marie Guillot et Joseph Lartigue, secrétaire de la FPU. Ces militants très attachés à l’unité et à l’indépendance syndicale avaient, au 1er congrès de la CGTU, tenu à Saint-Étienne du 25 juin au 1er juillet 1922, voté pour la motion Monmousseau, contre la motion Besnard, et étaient entrés, avec la majorité, à la commission exécutive confédérale.
Mais à l’été 1923, comprenant que la direction Monmousseau roulait pour Moscou, ils étaient passés dans l’opposition. Henri Lemonnier fut délégué au congrès de Bourges de la CGTU, en novembre 1923, où il vota la motion Lartigue, contre la majorité procommuniste.
Quelques jours auparavant, dans Le Journal du peuple, il avait formulé le vœu d’un retour à l’unité syndicale, mais regretté que la direction pro-communiste de la CGTU y ait renoncé : « Seuls les syndicalistes purs et les anarchistes ont jusqu’ici tenté loyalement de refaire la soudure entre les syndiqués de la CGT et ceux de la rue Grange-aux-Belles », écrivait-il.
Après Bourges, les communistes menèrent une lutte intense contre la direction de la FPU qu’ils qualifiaient d’« anarcho-syndicaliste » – en fait il semble que parmi les responsables fédéraux, seul Henri Lemonnier, secrétaire adjoint, était anarchiste. À cette époque, il collaborait au Libertaire quotidien.

En avril 1924, à l’approche du 1er congrès fédéral, L’Humanité redoubla ses attaques contre les principaux responsables de la FPU : Moiny, Fronty, Boudet, Peytaud, Lemonnier, « interprète des anarchistes » et soumis à son « patron » Lartigue, présenté comme un incompétent.
Le congrès, tenu à Paris du 24 au 27 avril 1924, rassembla 200 délégués. Le dernier jour, la majorité syndicaliste révolutionnaire fut renversée. Si le rapport moral fut approuvé par 97 voix contre 85 et 6 abstentions, la motion d’orientation ne recueillit que 80 voix, contre 103 et 4 abstentions. Une nouvelle direction, pro-communiste, fut élue.

Henri Lemonnier fut sans doute ensuite membre de la CGTSR et de l’Association des fédéralistes anarchistes (AFA) et collabora de 1929 à 1939 à La Voix Libertaire (Limoges) organe de l’AFA.

Henri Lemonnier est décédé à Antony le 1er décembre 1945.


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