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Dictionnaire international des militants anarchistes
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JOURDAN, Jean, Joseph dit "Chocho" ; "Chopard"
Né à Aimargues le 28 juillet 1908 - mort le 14 novembre 1986 - Ouvrier agricole – Aimargues (Gard)
Article mis en ligne le 17 janvier 2008
dernière modification le 1er février 2012

par Daniel VIDAL, R.D.
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Jean Jourdan (doc. M. Falguières)

Jean Jourdan avait quitté l’école à l’âge de douze ans. Après avoir suivi un apprentissage de maréchal-ferrant, il devint ouvrier agricole. Son père qui était marié avec Antoinette Bernard, aura deux autres enfants : Paul, également militant et Marie Antoinette.

Inspiré par la lecture de Sébastien Faure, il devint anarchite et fut membre du Groupe d’études sociales créé à Aimargues dans les années 20 et du groupe anarchiste local. Il rencontra Nestor Makhno et sa famille venus se réfugier en 1924. Lors d’une manifestation contre une
procession religieuse le 6 mars 1926, il fut blessé par un coup de sabre .

En 1927, le Groupe anarchiste d’Aimargues était constitué d’une douzaine de personnes. Ce groupe contribua à créer une coopérative de consommation, La Fourmi, sous l’influence de quelques uns de ses membres inspirés par le courant coopératiste de Charles Gide, l’Ecole de Nimes.

Les anarchistes étaient fortement implantés au syndicat autonome qui regroupait 150 travailleurs et restait en contact avec un syndicat du même type à Coursan dans l’Hérault. Jean Jourdan fut fréquemment désigné pour négocier lors des conflits avec les employeurs.

Il hébergea souvent les orateurs de nombreux meetings ou conférences organisés à Aimargues avec entre autres Maurice Joyeux, Chazoff du journal Le Libertaire, René Ghislain de Montpellier et André Prudhommeaux qui vivait à Nîmes. Jean Jourdan participe également en 1934 à l’hébergement de Paul Roussenq (voir ce nom).

Lors de la guerre d’Espagne, il aida à recruter des volontaires et André Prudhommeaux lui confia la mission d’acheter des armes et
de les faire passer en Espagne. C’est à cette occasion qu’il participa au cambriolage d’une armurerie à Narbonne.

Mobilisé en 1939, il choisit de s’insoumetre et changea d’identité et de ville : sous l’identité de Fernand Sol vivra à Toulouse et travaillera sur divers chantiers. Un an plus tard, il était arrêté à Aimargues, détenu trois jours à la Maison d’arrêt de Nimes, puis à Oraison (Alpes de Haute Provence). Après un passage à la citadelle de Sisteron, il était interné au camp de Saint Sulpice la Pointe, où il rencontrait E. Armand, et dont il parvenait à s’évader. De nouveau arrêté, à Nîmes, il était libéré après intervention de Vernier, ex-conférencier pacifiste, travaillant pour le ministère de l’intérieur du gouvernement Pétain.

A la Libération, Jean Jourdan fut nommé à la tête du comité de libération d’Aimargues. Il Organisa la réquisition de denrées alimentaires pour la population et s’opposa à la tonte de femmes du village suspectées d’avoir fréquenté l’occupant. Il refusera de devenir formellement maire du village.

Au sortir de la guerre, le groupe libertaire et le syndicat autonome
d’Aimargues étaient exsangues. Jean Jourdan se brouilla avec ses ex-camarades et s’installa dans le village voisin, Le Cailar, sur une parcelle achetée en 1948 où il ouvrira avec sa femme Marie, une guinguette connue sous le nom de Guinguette à Chocho. Jean Jourdan participera en 1973-74 aux manifestations anti-franquistes organisées à Nîmes .

Jean Jourdan qui fut également marié à Carmen Ségura (née en 1908) puis à Marie Andréo (née en 1925) avec lesquelles il n’aura pas d’enfants, est décédé à le Cailar le 14 novembre 1986.

Daniel Vidal

P.S. :

AD Gard 1M756 // M. Falguières "Jean Jourdan libertaire d’Aimargues" (Ed. Comedia, Nîmes, 2008) // Registre de l’Etat civil d’Aimargues //

Iconogr. : M. Falguières.


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