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GOZZOLI, Virgilio “VIR” ; “ICONOCLASTA” ; “MATACCIO” ; “Gigi Vizzo-Rollio”

Né à Pistoia le 10 novembre 1886 — mort le 24 aout 1964 — Ouvrier typographe ; mécanicien — UAI — USI — Pistoia (Toscane) — Courbevoie (Hauts-de-Seine) — Barcelone (Catalogne) — New York

 
Virgilio Gozzoli

Initié à Pistoia à l’anarchisme individualiste par Tito Eschini et Ettore Bartolozzi, Virgilio Gozzoli avait commencé à collaborer en 1913 au journal L’Iconoclasta puis au numéro unique de Il Pensiero iconoclasta individualista. En 1914, il était condamné à un mois de prison pour sa participation aux évènements de la « semaine rouge ». Appelé sous les drapeaux en 1916, il était ensuite réformé et écrivait de nombreux textes et pièces de théâtre à caractère social ou antimilitariste.

En avril 1919, il fondait la revue Iconoclasta (Pistoia, plusieurs séries entre mai 1919 et avril 1921). Ouvrier à l’usine mécanique S. Giorgio, il participait au mouvement d’occupation des usines et à la lutte contre la montée du fascisme En avril 1921, son imprimerie était détruite par les fascistes qui le bastonaient et il était arrêté comme étant l’un des animateurs du groupe « Arditi del popolo » de Pistoia.

En novembre 1922, après s’être enfui encore menotté et avoir gagné à pied Modane en traversant la montagne de Bardonecchia, il passait en France où apr_ès un bref séjour dans les mines de l’est, il gagnait Paris où il allait travailler comme mécanicien. Il collaborait au Comité en faveur des victimes politiques organisé en mai 1923 par R. Schiavina à Paris. Il collaborait au journal La Revendicazione fondé par Rassi en juin 1923. À partir de mai 1924, avec U. Fedeli, il publiait une nouvelle série de sa revue Iconoclasta (Paris, au moins 7 numéros) et participait à la fondation des Œuvres internationales des éditions anarchistes. Il était alors membre avec U. Fedeli et T. Rasi de la rédaction de La Rivista internazionale anarchica (Paris 8 numéros de novembre 1924 à juillet 1925). Il prenait également part à la dure polémique opposant dans les milieux libertaires italiens les partisans et adversaires d’une participation aux légions garibaldiennes et d’une expédition armée en Italie (en fait une provocation montée par l’agent fasciste R. Garibaldi).

Virgilio Gozzoli collaborait également à l’Encyclopédie anarchiste de Sébastien Faure (dans laquelle il rédigea la notice Art) et au journal La Tempra (Paris, 11 numéros de juillet 1925 à novembre 1926) dont il était le directeur. En juillet 1925, il s’installait à Courbevoie avec sa compagne Marguerite Guestini (née à Pistoia le 10 novembre 1893) et travaillait comme mécanicien tout en installant une imprimerie à son domicile. En mai 1929, il publiait avec Gigi Damiani le journal Fede (Paris, 12 numéros du 10 mai 1929 au 4 avril 1931). Le 3 juillet 1930, il était l’objet d’un arrêté d’expulsion mais parvenait à obtenir un sursis. Toutefois dès la proclamation de la République en Espagne, il gagnait Barcelone où il fit partie avec Bruzzi et Castellani du Bureau libertaire de correspondance. Fin 1932, il partait pour Bruxelles puis rentrait clandestinement en France.

Il participait comme délégué au congrès tenu à Puteaux le 12 novembre 1933, où était fondé la Fédération anarchiste des réfugiés italiens et de son organe Lotte sociali (Paris, 8 numéros de décembre 1933 à février 1935) dont il était membre de la rédaction. L’arrêté d’expulsion ayant été réactivé le 4 juin 1934, il serait, selon la police, parti en Espagne jusqu’en mars 1935. En mars 1935, dans le but de déclencher une campagne en faveur du droit d’asile, il se présentait spontanément à la préfecture de police avec entre autres Marzocchi, Perissino, Bonomini et Tommassini, action qui leur permit d’obtenir un an de sursis aux arrêtés d’expulsion. Les 1er-2 novembre 1935, il participait au congrès anarchiste italien de Sartrouville où était fondé le Comité anarchiste d’action révolutionnaire.

Virgilio Gozzoli

Le 26 juillet 1936, il prenait part à Paris à la réunion où était décidé l’envoi immédiat de compagnons en Espagne. Il allait alors assurer les liaisons entre Paris et Barcelone puis à partir d’octobre 1936 entrer à la rédaction de Guerra di classe (Barcelone, 30 numéros du 9 octobre 1936 au 30 novembre 1937) dont, après un passage sur le front de Huesca, il allait assurer la direction après l’assassinat en mai 1937 par les staliniens de C. Berneri et Barbieri. Il fut à la même époque avec Celso Persici et D. Ludovici l’un des représentants de l’Union Syndicale Italienne (USI) au siège du comité régional catalan de la CNT-FAI.

En décembre 1937, et suite aux affrontements de mai 1937 avec les staliniens, il revenait en France et participait à Marseille au congrès de fondation de l’Union anarchiste Italienne et de son organe Il Momento (Paris, 4 numéros du 1er mai au 28 juin 1938) dont il était nommé responsable avec L. Mastrodicasa. Il travaillait alors comme typographe au journal Le Peuple.

Puis la situation empirant chaque jour pour les réfugiés, Gozzoli émigrait aux États-Unis en novembre 1938 où il allait collaborer au journal Il Martello (1916-1940) de Carlo Tresca. En 1942, il était avec T. Rasi le responsable du mensuel antifasciste Chanteclair (New York, 18 numéros d’octobre 1942 à mars 1945). Pendant la guerre, il allait se rapprocher des positions de R. Rocker et accepter de soutenir les démocraties libérales préférables à la monstruosité du fascisme nazi.

En 1958, il rentrait à Pistoia et traduisait en italien le livre de Rocker Nationalisme et culture. Virgilio Gozzoli est décédé à Pistoia le 24 aout 1964.

Une partie de ses archives et de sa correspondance a été déposée à l’Institut d’histoire sociale d’Amsterdam IIHS Fonds Gozzoli.

Œuvre :

  • Dans sa jeunesse il fut l’auteur de quelques œuvres dramatiques en prose et vers.

Sources :

  • Dizionario biografico degli anarchici italiani (notice de Alberto Ciampi & Luigi Di Lembo).
  • Arch. dép. Gard 1M757 (Menées terroristes, liste du 16 avril 1937.
  • Défense de l’homme, aout/septembre 1964.
  • Leonardo Bettini, Bibliografia dell’anarchismo : periodici e numeri unici anarchici in lingua italiana pubblicati (1872-1971), Firenze CP, 1972 & 1976 (https://bettini.ficedl.info/).
  • Il Martello, New york, 17 octobre 1938 (article de Carlo Tresca).
  • Liberté, Paris, nº 108, 1er octobre 1962.
  • L’Adunata dei Rerattari 14 novembre 1964.

Au moins 1 revue francophone parue sous ce nom (voir sur le site Bianco).
Au moins 1 ouvrage recensé dans le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones.
Au moins 1 carte postale anarchiste parue avec ce nom. Voir sur Cartoliste.
Almeno 19 periodici in lingua italiana pubblicati su questo nome (vedere sul sito Bettini).
Au moins 1 périodique espagnol publié avec ce nom entre 1869 et 1939 (vedere sul sito Madrid-Santos).
chansons / poesies (voir site Canto).