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GODONÈCHE, Victor, Francis « CASANOVAS F.V. »
Né le 21 juillet 1886 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) - mort le 4 février 1942 - Linotypiste - CGT - CGTU - Clermont Ferrand (Puy-de-Dôme) - Paris
Article mis en ligne le 5 septembre 2007
Dernière modification le 18 avril 2020

par R.D.

Victor Godonèche milita d’abord dans le Puy-de-Dôme où il travailla comme linotypiste à l’Avenir du Puy-de-Dôme. En 1906 il était avec Léon Bouchet (secrétaire) le second secrétaire du groupe anarchiste La Jeunesse Libre de Clermont-Ferrand et en octobre avait organisé une conférence de Sébastien Faure au profit de La Ruche.

Début 1907, par l’intermédiaire d’un certain Vaquier, il prit contact avec le groupe clermontois du Sillon (catholiques sociaux) auquel il alla présenter, avec le compagnon Jules Harvet, les théories libraires et antimilitaristes lors de réunions tenues chaque mercredi au 9 rue Thomas, local de ce groupe dont les charges étaient assumées par le vicaire local. Il demeurait alors 16 rue Saint Louis.

C’est à son initiative que le groupe anarchiste de Clermont invitera de nombreux conférenciers dont Libertad, E. Armand, etc. Il collaborait également au Libertaire, à L’Anarchie (Paris-Robinson, 1905-1914) d’Albert Libertad, à L’Insurgé (Limoges, mars 1910-mai 1911) et à Le Combat (Roubaix-Tourcoing, 1905-1914). En janvier 1908 il était arrêté à Paris pour « émission de fausse monnaie ». De retour à Clermont Ferrand il était en 1909 membre du Comité de Défense Sociale fondé en avril ou mai par Paulin. A la fin 1910 il semblerait qu’il travaillait dans une imprimerie à Villeneuve Saint Georges. Plusieurs de ses contributions peuvent être également trouvées dans Le Réveil Typographique (Paris, 1909-1914) organe d’action syndicaliste révolutionnaire. En novembre 1910, suite à un article paru dans L’Insurgé (Limoges), il fut inculpé de "délit d’offense au Président de la République" avec Peticoulaud, gérant du journal, et Adrien Boudet le secrétaire de la Bourse du travail.

Mobilisé comme auxiliaire pendant la guerre au 92e régiment de ligne à Clermond-Ferrand, il signait des éditoriaux dans le Syndicaliste du pseudonyme de FV Casanovas. D’idées « très avancées » mais considéré « comme un ouvrier sérieux et travailleur », il « n’a cessé de protester contre l’accusation portée contre lui en 1907 pour fabrication de fausse monnaie » (cf. F7/13611). Marié le 11 février 1915 à Clermont-Ferrand avec Solidaria Casanovas, sa femme aurait appartenu à une riche famille du Paraguay mais « qui ne leur viendrait pas en aide ».

Dès 1919, semble-t-il, Godonèche habita Paris, 17, rue André-del-Sarte, XVIIIe arr. au loyer annuel de 410 F. Il était alors le responsable du Réveil typographique et l’un des animateurs de la minorité révolutionnaire du syndicat.Il fut un des principaux fondateurs des CSR (comités syndicalistes révolutionnaires) et il remplit les fonctions de secrétaire intérimaire avec Jean Ribaut et René Reynaud à partir du 5 novembre 1920, les trois secrétaires, Monatte, Loriot et Souvarine étant détenus pour complot. Victor Godonèche conserva cette responsabilité jusqu’au 13 mai 1921, date à laquelle il partit pour Moscou afin d’assister au congrès constitutif de l’ISR (Internationale syndicale rouge). Il n’y partait pas seul mais comme membre d’une délégation comprenant Gaudeaux (ou Godeau) Sirolle, Labonne, Michel Kneller, Tommasi, Claudine et Albert Lemoine, Gaye. On trouvera dans "Syndicalisme révolutionnaire et Communisme", op. cit. plusieurs lettres de Godonèche relatant ses impressions de voyage et de congrès. À l’issue de ces assises 3-19 juillet 1921, Godonèche regagna la France où il arriva dans les premiers jours de septembre. Il avait voté une résolution relative à la liaison étroite qui devait s’établir entre l’Internationale communiste et l’Internationale syndicale et il fut désavoué à son retour ainsi que Tommasi qui dut démissionner du secrétariat de l’UD de la Seine.

Sur le plan politique, il avait été un des premiers adhérents du comité pour l’adhésion à la IIIe Internationale et élu membre de la CE du Comité. Bien entendu, Godonèche avait adhéré au PC et, aussitôt après son retour de Moscou, repris son travail de linotypiste. Il était administrateur de l’Imprimeur communiste, organe corporatif de la Chambre typographique parisienne et collaborait à la Vie Ouvrière, hebdomadaire des CSR, au Bulletin communiste organe du parti communiste et à l’Humanité.
En 1922, Godonèche assura, avec Rosmer, Tommasi et Guy Tourette, la rédaction de la Lutte de Classes, bulletin bi-mensuel de l’ISR. Après la scission syndicale de 1921, il était devenu secrétaire adjoint de la Fédération du Livre CGTU. Dans le Bulletin Communiste, il a ainsi défini le 5 juillet 1923, sa conception du rôle des membres du Parti dans les syndicats (article « À propos des Commissions syndicales ») : « Le travail des commissions syndicales consiste à faire de chaque membre du Parti un syndiqué actif, toujours au premier rang dans les batailles quotidiennes, qui provoque dans son syndicat des initiatives ayant pour objet la création des délégations d’atelier, des comités d’usine, la tenue de réunions d’entreprises où seront convoqués, sans distinction, syndiqués, non syndiqués, communistes et sans parti. Belle leçon de syndicalisme pour ceux qui, trop purs sans doute, veulent faire du syndicat non un groupement de masses, mais un petit groupe d’affinités.  » Il avait été élu à la commission administrative de l’Humanité à la conférence nationale de janvier 1923 et au congrès de Lyon (janvier 1924).

Mais des désaccords profonds devaient bientôt surgir entre la direction du Parti alors représentée notamment par Treint et l’équipe des syndicalistes révolutionnaires groupés autour de Monatte qui assuraient la rubrique sociale de l’Humanité. Tous partirent le 23 avril 1924 et se retrouvèrent en 1925 à la Révolution Prolétarienne. Godonèche était de ceux-là et il appartint avec entre autres Monatte, Chambelland, Louzon, Garnery, Villeval, Rosmer, Charbit - au premier « noyau » de la revue dont les premiers numéros (n°1, janvier 1925 à 5) furent domiciliés chez lui, rue André-del-Sarte (c’est d’ailleurs lui qui avait trouvé le titre).

Godonèche continua à militer syndicalement, se prononçant en 1925 pour la non-rééligibilité des fonctionnaires syndicaux et, fidèle à ses options, s’affirmant en 1931 pour les thèses des « 22 » et l’indépendance syndicale (Le Cri du Peuple, 21 janvier 1931).

Chômeur sous l’occupation, il fut secouru par la mairie de Monfermeil où il résidait alors mais, devant assurer des gardes de nuit sur les voies de chemin de fer, il ne put physiquement supporter ce travail et fut contraint à l’opération d’une hernie dont il souffrait depuis longtemps. Cela lui fut fatal. Victor Godoneche est mort le 4 février 1942 à Montfermeil (Seine-et-Oise).


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