Dictionnaire international des militants anarchistes
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ASTOLFI, Amleto “Amleto FRANZINI”

Né à Milan le 16 février 1903 — Mécanicien ; ouvrier vernisseur — Milan (Lombardie) — Drancy (Seine-Saint-Denis) — Brest (Finistère)
Article mis en ligne le 30 juillet 2007
dernière modification le 15 juillet 2024

par R.D.
Amleto Astolfi

Fils d’Ernesto et de Tacla Rassi, Amleto Astolfi avait commencé à militer très jeune dans les milieux individualistes sans doute sous l’influence de Giuseppe Nardi le compagnon de sa sœur Angelica. Il avait été réformé du service militaire. En mars 1921 il était impliqué dans l’attentat commis au parc Scipione près d’une centrale électrique et était condamné à quinze ans de prison. Libéré de la prison d’Alessandria en février 1931, et ne trouvant plus de travail, il émigrait clandestinement en France le 16 décembre 1931, d’abord à Drancy chez sa sœur puis à Fontenay chez le compagnon Angelo Damonti qui était l’un des responsables du groupe italien Pensée et action.

Le 10 avril 1932 il avait participé à l’assemblée générale de l’union communiste anarchiste des réfugés italiens, tenue dans un café de Fontenay-sous-Bois.

En janvier 1933 le ministre de l’intérieur informait le Préfet de police qu’il n’y avait pas lieu « d’autoriser le séjour en France de Astolfi Amleto qui figurera sur ma prochaine circulaire Interdiction ». Le 28 février suivant il avait été mis en demeure de quitter le territoire. Il demeurait alors à Vincennes, 2 rue du Plateau et son cas avait été pris en charge par la Ligue italienne des droits de l’homme (LIDU) et lui avait permis en mai d’obtenir un sursis à l’arrêté.

Travaillant comme ouvrier vernisseur, il participait aux activités des comités de soutien aux réfugiés italiens, à la fondation en novembre 1933 à Puteaux de la Fédération anarchiste des réfugiés italiens et à la rédaction de son organe Lotte sociali(Paris, 8 numéros du 15 décembre 1933 à février 1935) dont le gérant était Jean Girardin. Fin 1934 il était le responsable avec Arturo Pirola du journal Nella Mischia (Paris, 2 numéros, novembre & décembre 1934). Le 26 décembre 1934 il était l’objet d’un arrêté d’expulsion en tant " qu’anarchiste dangereux" et partait alors pour Brest (Finistère) sous le faux nom de Amleto Franzini où il allait demeurer chez Ulisse Merli Carlo Franzini et en 1936 rue Roger Sallengro à Lambezellec. Il figurait sur la liste intitulée « Menées terroristes », établie par la sureté générale et répertoriant les suspects politiques. En 1935, selon la police, il résidait 41 rue Diderot à Vincennes et figurait sur la liste de vérification de domiciles d’anarchistes en région parisienne.

Le 2 octobre 1938, sous le nom de Franzini (ou Francini), il avait été l’un des orateurs, pour la Ligue italienne des droits de l’homme (LIDU), du meeting tenu par l’Union populaire italienne à la salle Sacco-Vanzetti de la Maison du peuple de Brest et où, devant une centaine d’auditeurs, il avait appelé tous les italiens à s’unir pour la paix et contre le fascisme.

Arrêté en juin 1939 à Brest et condamné le 23 à un mois de prison et 100 francs damende, sa véritable identité était découverte et après sa libération de la maison d’arrêt de Rennes il était interné au camp du Vernet d’Ariège. Extradé en décembre 1941, il était condamné à cinq ans de confinat et envoyé à Ventotene. En mai 1942 il était transféré à la colonie agricole de la Gorgona. Après la libération il collaborait au journal Il Comunista Libertario (Milan, 16 numéros de décembre 1944 à octobre 1945) dirigé par Mario Mantovani puis cessait tout militantisme anarchiste.


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