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Dictionnaire international des militants anarchistes
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Né à Calestano le 18 juillert 1899 – mort le 28 octobre 1980
GHILLANI, Odoardo « Idolardo GANDOLFI » ; « Edouard Onillani » ; « Jules Robert FERY » ; “Giovanni CASANOVA”
Journalier ; peintre en bâtiment - Paris – Barcelone (Catalogne) – Bordeaux (Gironde) - Calestano
Article mis en ligne le 25 juillet 2007
Dernière modification le 18 mai 2010

par R.D.

Odoard Ghillani, après avoir passé son enfance et son adolescence en Suisse et en Allemagne, était rentré en Italie en 1918 où il était mobilisé dans l’infanterie pendant la dernière année de la guerre. Libéré en 1921 il retournait à Calestano où il adhérait à la Ligue des journaliers.

Ne trouvant plus de travail, il émigrait clandestinement en Suisse, puis en 1923 à Paris . Le 13 février 1924 il était l’objet d’un arrêté d’expulsion, puis le 6 septembre d’une condamnation à deux mois de prison pour infraction à l’arrêté d’expulsion. Il allait alors au cours des années suivantes utiliser de nombreux noms – dont « Odolardo Gandolfi, Edouard Onillani, Jules Robert Fery » — pour tenter de rester à Paris, ce qui ne l’empêchera pas d’être arrêté à plusieurs reprises. Le 15 janvier 1926 il était condamné à deux mois de prison pour « infraction à l’arrêté d’expulsion ». Puis en 1928 il était une nouvelle fois arrêté et condamné pour la même raison le 31 décembre à quatre mois de prison.

Il partait ensuite pour Barcelone où sa maison allait devenir le point de passage de nombreux militants et participait à l’agitation précédant la proclamation de la République. Suspecté d’avoir participé à un congrès anarchiste et à un attentat contre le pavillon italien de l’exposition espagnole, il était arrêté et emprisonné. En 1932, suspecté d’avoir été complice lors de la tentative d’évasion des militants italiens Burlando et Baffoni, il était l’objet d’une mesure d’expulsion. Toutefois Ghillani, avec l’aide des compagnons, parvenait à rester dans la cité catalane.

Lors du déclenchement de la guerre civile il s’enrôlait dans la Colonne Ascaso, mais rentrait rapidement en France, étant devenu suspect aux yeux de ses camarades. Il s’installait d’abord à Toulouse, puis sous le nom de Giovanni Casanova à Bordeaux (Gironde). En 1937 il figurait sur une liste intitulée « Menées terroristes », établie par la Sureté générale à l’occasion des voyages officiels ; toutefois le secrétaire de la Ligue italienne des droits de l’homme (LIDU) Fausto Nitti le qualifiait en janvier 1937 « d’indigne d’appartenir aux organisations antifascistes » (cf. Nuovo Avanti).

Vers l’été 1939 il sollicita un permis pour partir pour le Mexique mais n’obtint pas l’autorisation du Ministère de l’intérieur. "Hébergé sous surveillance" à Mende, il fut interné au camp de Rieucros puis transféré à celui du Vernet d’Ariège et, en 1941, rapatrié en Italie où, dès son arrivée à la frontière il était arrêté et condamné à cinq ans de confinat à Ventotene. Libéré en septembre 1943, il retournait à Calestano où il allait servir d’interprète à un commandant allemand – « en accord avec la résistance », selon ses dires. Toutefois il était arrêté le 13 octobre, interné à la prison de Parme puis transféré au camp de concentration de Scipione di Salsomaggiore. En juillet 1944, il était réquisitionné pour aller travailler en Allemagne, mais, en raison de son état de santé, restait au camp. En octobre les partisans libéraient les prisonniers du camp. On suppose qu’il est alors rentré à Calestano et aurait collaborré au Comité de libération nationale.

Odoardo Ghillani est mort à Parme le 28 octobre 1980.


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