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Dictionnaire international des militants anarchistes
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GIACOMELLI, Nella « IREOS » ; « Petit Jardin » ; « RUDEL »
Née à Lodi le 2 juillet 1873 - morte le 12 février 1949 - Institutrice - Milan (Lombardie)
Article mis en ligne le 23 juillet 2007
Dernière modification le 2 juillet 2020

par R.D.

Nella Giacomelli avait entrepris avec sa sœur Fede des études d’institutrice et avait enseigné cinq années avant d’abandonner l’enseignement suite à des divergences avec les autorités communales. Suite à des désaccords avec sa mère, vers 1894, tout juste majeure, elle quittait sa famille et s’installait à Milan où elle commençait à s’intéresser à la question sociale ; d’abord militante socialiste, elle écrivait : « La question sociale m’occupe beaucoup. Elle me passionne, enfin la part la meilleure de moi. Réfractaire à l’amour, méfiante envers les hommes, sans curiosité pour la vie que j’ai connue trop triste et injuste pour l’apprécier, j’ai engagé toute l’énergie de mon âme et de mon intelligence dans la propagande pour les idées socialistes. »

En 1900, après une tentative de suicide (en 1898), elle rencontrait le professeur de chimie et militant individualiste Ettore Molinari qui cherchait une institutrice pour ses enfants. Tous deux allaient se consacrer à une intense propagande anarchiste. Ils fondaient le journal Il Grido Della Folla (Milan, 14 avril 1902 à 11 août 1905, puis novembre 1905 à août 1907) où elle signait ses articles du pseudonyme Ireos. En 1905 elle se rendit en France à Aiglemont (Ardennes) dans la colonie libertaire L’Essai, séjour dont elle fera un compte rendu dans une brochure. Puis en 1906 après la rupture survenue au sein du groupe éditeur de Il Grido della Folla, elle participait avec Molinari à la fondation d’un nouveau journal hebdomadaire, puis quotidien pour un bref laps de temps, La Protesta Umana (Milan, 13 octobre 1906 à 20 novembre 1909), qui sera à maintes reprises poursuivi et où tous deux développaient leurs thèses individualistes et anti organisationnelles. Elle collabora également à la composition du journal antimilitariste clandestin Rompete le File (Milan et Bologne) dont une dizaine de numéros seront publiés entre mars 1907 et septembre 1913 par Maria Rygier et Filippo Corridoni.

Pendant la première guerre mondiale, Nella Giacomelli, sous le pseudonyme de Petit Jardin intervenait dans la presse libertaire et se prononçait contre l’intervention de l’Italie dans le conflit et en faveur de l’internationalisme et contre les anarchistes interventionnistes. Elle lançait le 1er mai 1916 un manifeste contre la guerre adressé à toutes les femmes d’Italie qui lui valut d’être arrêtée et assignée à résidence à Lodi. Elle sera l’une des premières à exprimer sa solidarité avec la révolution russe. En 1917 elle collaborait au journal Cronaca Libertaria (Milan, 14 numéros d’août à novembre 1917) publié par Leda Rafanelli et Carlo Molaschi.

Dans l’immédiate après guerre elle collaborait au numéro unique de Guerra e Pace (Milan, 22 février 1919) puis elle appuyait le projet du quotidien anarchiste Umanita Nova auquel elle allait collaborer dès le premier numéro (26 février 1920). Comme la plupart des rédacteurs et collaborateurs du journal elle fut arrêtée après l’attentat au théâtre Diana et poursuivie pour « association de malfaiteurs ». Après le transfert de Umanita Nova à Rome, elle collabora ensuite sous les pseudonymes de Inkyo et Rudel à la revue Pagine LIbertario (Milan, 16 juin 1921 à 15 février 1923) fondée à Milan par Carlo Molaschi.

En mai 1928, suspectée d’être en relation avec C. Berneri accusé d’être l’organisateur de l’attentat de Lucetti contre Mussolini, Nella Giacomelli était arrêtée avec Henry et Libero Molinari puis tous trois étaient remis en liberté en septembre. Elle se retirait alors à Rivoltella, au bord du lac de Garde, où elle décédait le 12 février 1949.

Œuvres : - Una colonia comunista (Milan, 1907) ; – Meteorre rosse (Drame en trois actes, 1922) ; - en collab. avec E. Molinari Un triste Caso di libellismo anarchico (1909) réponse à la brochure de P. Schicchi Le Degenerazioni dell’anarchismo]


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