Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

FAURE, Paul

Né le 21 mars 1880 à Montbrison (Loire), mort après 1956 — Charpentier — Montréal (Canada)
Article mis en ligne le 29 mai 2024
dernière modification le 23 juillet 2024

par Daniel VIDAL, Marianne Enckell, R.D.

Venu de France vers 1915-1919, Paul Faure fut l’un des personnages clés du difficile développement de l’anarchisme dans la “Belle province”. Pendant plus de quarante ans, il diffusa au Québec les écrits anarchistes qu’il faisait venir de France. Il entretenait une correspondance avec quatre militants affiliés à La Revue anarchiste et à la Librairie Sociale, Émile Bidault, Louis Descarsin, Gaston Deleuze et Pierre Berteletto, ainsi qu’avec les écrivains anarchistes-individualistes E. Armand et Gérard de Lacaze-Duthiers.

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1919, il fit l’objet d’une perquisition et d’une confiscation de livres et périodiques, en lien avec son activisme anarchiste. Puis il s’investit à l’Université ouvrière fondée au Québec en 1925 par Albert Saint-Martin. En 1923, depuis Montreal il partipipait à l’emprunt pour Le Libertaire quotidien
En 1930 et 1931, il fit campagne en faveur de Joseph Séraphin Avila Gaudry, un libre penseur emprisonné pour avoir fait de la propagande anti-religieuse.

Durant longtemps, il entretint une correspondance régulière avec E. Armand, en France, des années 1930 jusqu’en 1956. En octobre 1931, il lui fit part de ses difficultés : « Très en retard pour payer mes dettes. Disons que les affaires périclitent. Je dirais même que la situation devient catastrophique. Quant à l’issue, je ne vois que misère grandissante et la mort par inanition, devant une montagne de bonnes choses. Bref c’est le chaos économique et moral. »

La victoire de l’Union nationale aux élections de 1936 qui promulgue l’année suivante une Loi protégeant la province contre la propagande communiste va anéantir le courant anarchiste.

En 1937 il résidait 1770 rue de Savoie à Montréal et était abonné au Libertaire (Paris).

De nouveau en 1949, dans un contexte très réactionnaire au Québec, Paul Faure fut l’objet de deux visites de la police à son domicile, au cours de laquelle une partie de sa bibliothèque fut saisie.

Sa dernière lettre connue à Armand date de juillet 1956 : « À quelques reprises, j’ai tenté de pousser à l’action les quelques rares Canadiens qui avaient été le plus en vue dans le mouvement. Mais hélas ! Aucun n’a voulu reprendre la lutte. Apparemment chacun songeait à sa situation économique et reprenait sa course aux dollars. » On perd ensuite sa trace.


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