Dictionnaire international des militants anarchistes
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DELAY, Emmanuel « MANUEL » ; « M. DELOY »
Né à Paris le 28 juillet 1856 - Hénin-Liétard (Pas-de-Calais)
Article mis en ligne le 27 mai 2024
dernière modification le 4 juin 2024

par R.D.

Né de parents inconnus Emmanuel Delay fu le président de la section d’Hénin-Liétard de la Fédération syndicale du Pas-de-Calais. Il fut en 1903 gérant et membre du comité de rédaction du Réveil syndical de Lens et Hénin-Liétard (actuellement Hénin-Beaumont) dont le directeur était Benoît Broutchoux et qui du 27 avril 1903 au 10 janvier 1904 publia 37 numéros. Dans le premier numéro était paru la déclaration de principes suivante :
Grâce à de prodigieux efforts, le Réveil Syndical est paru.
Comme son nom l’indique, il tentera de réveiller l’idée syndicale chez les travailleurs qui, à force d’être abusés, se sont désintéressés de leur émancipation. Le syndicalisme, qui n’a été qu’un sport lucratif pour quelques charlatans de la région, doit être l’idée salvatrice qui régénérera la société.
Le syndicat ne doit pas être un tremplin électoral ou financier ; il doit être la grande famille des prolétaires conscients ; il doit propager l’enseignement rationnel ; il doit être un foyer de révolte raisonnée ; il doit être un outil terrible constamment dirigé contre l’exploitation, sous quelque forme qu’elle se présente.

Le Réveil Syndical, imprégné de ces idées, s’appliquera à bien servir la cause ouvrière.
Le Réveil Syndical n’est pas la propriété d’une poignée d’intrigants ; il est l’organe de tous les salariés, sans distinction de métiers.
Le Réveil syndical n’obéit pas à une coterie politique ; il est dirigé par la Fédération syndicale des mineurs du Pas-de-Calais. Il est purement économique et révolutionnaire, en dehors de toute ingérence.
Le but du
Réveil Syndical est l’affranchissement intégral de tous les travailleurs. Son moyen principal est le groupement ouvrier, le syndicat libre où chacun forge à sa tâche.
Le Réveil Syndical combattra sans trêve ni merci, le patronat qui s’enrichit scandaleusement au détriment de la classe qui produit tout et qui n’a rien.
Le Réveil Syndical fera une guerre acharnée au militarisme qui donne une capote, un képi et un fusil à un ouvrier, en lui disant Feu ! sur tes frères les grévistes !
Le Réveil Syndical luttera impitoyablement contre toutes les religions, qui abrutissent l’ouvrier et lui font croire qu’il est voué, pendant toute sa vie, au rôle de paria et de résigné.
La femme, cet être destiné à la domesticité que lui imposent les lois a coutumes, trouvera toujours
le Réveil Syndical prêt à la défendre et à la soustraire à l’exploitation de son sexe.
Le Réveil Syndical sera sans pitié pour les fumistes — nouveaux messies et fétiches modernes — qui abusent de leur popularité, trompent la classe ouvrière et se créent une fortune personnelle sur l’infortune générale.
Ayant été fondé par des ouvriers, étant nourri par des ouvriers,
le Réveil Syndical ne fait appel qu’aux ouvriers pour gagner la bataille qu’il engage coutre le capital et les institutions qui le soutiennent.
Qui vivra verra.
Vive le Syndicat économique !
Vive la Gréve générale révolutionnaire !
La Commission de Rédaction :
D. Bachy, D. Bataille, D. Broutchoux, J. Colbaërt, H. Daminai, M. Deloy [E. Delay], G. Dumoulin, H. Dussart, Évrard-Bernard. G. Falimpin, O. Goudemetz, C. Lalyre, L. Prévost
 ».


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