logo site
Dictionnaire international des militants anarchistes
Slogan du site
Descriptif du site
BAICRY, Achille, Joseph
Né en 1832 à Paris - mort en 1894 -Ouvrier mécanicien ; épicier - Sedan (Ardennes)
Article mis en ligne le 8 mai 2007
dernière modification le 4 novembre 2015

par R.D.
logo imprimer

Rédacteur de la feuille sedanaise La Révolution Démocratique Et Sociale paraissant selon les besoins et les causes (n°1= 1er juillet 1888), Achille Baicry qui était à l’époque socialiste, était le seul à rédiger et vendre le journal. Il venait d’être rayé des listes électorales (après avoir voté pendant 35 ans) pour "une condamnation purement militaire" (ancienne peut être) : voies de fait envers un supérieur. Baicry intitulait son journal Organe des revendications ouvrières et socialistes des Ardennes. Il croyait possible la révolution par le bulletin de vote, manifestait encore sa méfiance à l’égard des ouvriers étrangers et à l’égard des grèves, appelait une réforme de la constitution, faisait preuve d’esprit laïque. En 1888, le cercle social "L’Étincelle" de Charleville demandait la gérance du journal à la veille des élections. En fait le journal fit campagne en faveur de la candidature de Jean Baptiste Clément.

Devenu anarchiste, Baicry, qui habitait alors 44 Fond-de-Giconne, fut mis à l’index par les patrons locaux et devint, pour subsister, colporteur de journaux. Il était en 1890 le diffuseur local du Père Peinard et publiait à Sedan Le Révolté Sedanais (51 numéros de mai 1890 au 27 avril 1892) signalé par Jean Grave dans Les Temps Nouveaux (28 mars-2 avil 1891) : "Le camarade Baicry...distribue chaque semaine...une feuille imprimée d’un coté à l’autocopiste noir, Le Révolté sedanais". Le journal, publié sans déclaration préalable, lui vaudra d’être condamné à plusieurs reprises : le 6 juin 1890 à 6f d’amende pour « contravention à l’affichage », le 15 mai 1891 à 15f d’amende pour « affichage sur papier blanc », le 27 mai 1891 à dix jours de prison pour « outrages à brigadier de police », le 15 juin 1892 à 50f d’amende pour avoir publié son journal sans déclaration.

Comme de nombreux compagnons en France, il avait été arrêté le 29 avril 1892 préventivement à la manifestation du 1er mai. Ce n’est qu’à l’été 1893 qu’il fut libéré en très mauvaise santé de la prison de Mouy avec obligation de trouver très vite un emploi et un domicile sous peine d’être immédiatement interné pour "vagabondage".

Selon une liste d’anarchistes établie en 1894, Baicry aurait alors tenu une épicerie à Givonne, près de Sedan. Puis il publiait un nouveau journal Le Pilori Sedanais (numéro 1 en août 1892) qui comptera au moins trois séries (numéro 1 de la 3è série le 27 avril 1893). Ce titre comme le précédent était autographié et souvent diffusé par voie d’affichage. Pour « outrage à agent et absence de dépôt légal » Baicry fut condamné le 20 juillet 1892 à deux mois de prison ; puis, le 3 mai 1893, suite à un article paru dans Le Pilori, il fut une nouvelle fois condamné à six mois de prison pour « outrage au procureur de la République ».

Achille Baicry est mort à Sedan en 1894.

P.S. :

Sources : APpo B a/79, pièce 316 = notice de H.M. in « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier… », op. cit. (le prénomme Jean) // Terre Ardennaise, n°11, juin 1985 (article de D. Petit) // R. Bianco « Un siècle de presse… », op. cit. // La Révolte, juillet 1892// Le Père Peinard, année 1890, 8 mai 1892, 13 août 1893 //


Haut de page
Réalisé sous SPIP
Habillage ESCAL 4.1.10