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Dictionnaire international des militants anarchistes
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JULIAN, Fernand
Né le 6 mai 1877 à Générargues (Gard) – mort le 10 décembre 1927 - Ouvrier terrassier – CGT – CGTU – Marseille (Bouches du Rhône) – Draveil (Essonne)
Article mis en ligne le 19 juillet 2019
Dernière modification le 4 août 2019

par R.D.

La famille de Fernand Julian était originaire du canton d’Anduze, terre des Camisards. Son père, illettré, ouvrier agricole était catholique (sans doute de conversion récente) mais avait épousé une protestante.

Garçon de ferme, Fernand Julian quitta sa famille et exerça différents métiers avant de partir au régiment en 1897. Cuirassier au 3e de Ligne à Nice, il supporta difficilement l’armée et devint antimilitariste. Il fut arrêté pour désertion durant l’été 1898 et déféré en Conseil de guerre.
Il s’installa, en 1903, à Marseille où il devint employé à l’Asile d’aliénés Saint-Pierre. Il fréquenta les milieux anarchistes et était porte-drapeau en tête du cortège qui, en janvier 1905, accompagna la dépouille mortuaire de Louise Michel jusqu’à la gare de Marseille.
Julian se maria le 20 mars 1906, avec une employée de l’Asile, Clémentine Latrémolière. Le couple, après une première tentative infructueuse, s’installa en région parisienne, en 1908. Ils séjournèrent d’abord à Viroflay puis à Vigneux. Fernand Julian travaillait alors comme terrassier aux Sablières de la Seine.
À la mi-juin 1908, toujours à Port-Saint-Louis-du-Rhône, il collectait de l’argent pour les grévistes de Draveil-Vigneux. Le chantier terminé, au début de l’automne 1908, il revint à Vigneux où il s’installa au 53, route de Corbeil.

Il était, selon un rapport de police, secrétaire du syndicat des terrassiers de la région de Draveil-Vigneux (Seine-et-Oise) en 1908, lorsque se déroula, en juin, une grève au cours de laquelle la troupe tua deux personnes et en blessa plusieurs dizaines d’autres. Le 30 juillet, la CGT ayant déclenché une grève générale, la cavalerie chargea dans les rues de Vigneux et de Villeneuve-Saint-Georges et fit sept morts et près de deux cents blessés. En fait, selon le témoignage de sa famille, Fernand Julian n’avait pas participé à ces événements car il n’était arrivé qu’à l’automne. Installé, il entra en contact avec Édouard Ricordeau, syndicaliste et anarchiste.

Dès avril 1909, l’agitation ouvrière reprit à Draveil. Le 5 juillet, à l’occasion d’une bagarre entre grévistes et « renards » sur le chantier Lavollay, Fernand Julian s’interposa. Le 8 juillet, Julian fut arrêté avec un autre militant, Ricordeau, sous l’accusation d’avoir frappé un contremaître. En fait, il s’était laissé accuser à la place d’un camarade, Roppart, qui s’il était pris risquait d’être envoyé aux Bat d’Af.
Il fut condamné, le 4 septembre 1909, à quatre mois de prison pour violences et voies de fait ainsi qu’à huit mois de prison, 16 F d’amende et trois ans d’interdiction de séjour pour coups et blessures volontaires. Libéré de la prison de Corbeil le 6 avril 1910, acclamé par 1 200 ouvriers, il reprit son combat.

Après son arrivée à la présidence du Conseil, Joseph Caillaux réactiva cet arrêté d’interdiction de séjour le 11 juillet 1911. La menace d’inculpation planait donc dès lors sur Fernand Julian. Le 6 novembre 1911 à Viry-Châtillon (Seine-et-Oise), alors qu’il soutenait la grève des plâtriers de Seine-et-Oise, il fut arrêté pour infraction à cet arrêté et condamné le 24 novembre à trois semaines de prison et 16 F d’amende pour contravention à la police des chemins de fer. Fin juin 1912 il fut une nouvelle fois arrêté pour infraction à un arrêté de séjour et pour lequel il fut condamné à 6 semaines de prison.
Il bénéficia d’une grâce le 26 juillet 1912. Depuis octobre 1911, il était inscrit au Carnet B.

Refusé par tous les patrons, il créa en 1913 une petite entreprise, « Les Puisatiers professionnels » et participa à la fondation de la cité coopérative Paris-Jardin à Draveil.

Pendant la Première Guerre mondiale, il travailla en usine puis, en 1915, fut mobilisé comme infirmier militaire à Nîmes.

En avril et juillet 1921, Julian fut élu à la commission exécutive de la Fédération CGT du Bâtiment. Le 2 décembre 1922, il intervint à la tribune d’une réunion syndicale à Argenteuil comme secrétaire général du syndicat CGTU du Bâtiment de Juvisy-sur-Orge. En 1923, présenté comme directeur de coopérative à Villeneuve-Saint-Georges, il était toujours inscrit sur la liste préfectorale des anarchistes de Seine-et-Oise. En juin 1923, lors de la grève des terrassiers de l’entreprise Jardin, sur les voies de chemin de fer de la ligne Paris-Orléans, Fernand Julian qui était secrétaire du syndicat assisté de Lacé (secrétaire adjoint) et de Valet, mena une vigoureuse action de propagande en faveur de la CGTU Il ne put toutefois obtenir un arrêt total du travail malgré le soutien de la Fédération qui accordait une indemnité de trois francs à chaque gréviste. Le sous-préfet de Corbeil lui fit interdire l’accès aux voies de chemin de fer.

Tombé malade en 1927, il mourut à cinquante ans dans la maison qu’il avait construite à la cité Paris-Jardin de Draveil. « À ses obsèques des drapeaux ouvrent le cortège que suivent de très nombreux camarades et amis. » (note de la famille, 2 avril 1995). Son fil aîné avait alors vingt-deux ans et le cadet âgé de dix-sept ans militait aux Jeunesses communistes.


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