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Dictionnaire international des militants anarchistes
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LEMOS REIS, Nito
Né le 17 décembre 1927 à Sao Paulo – mort le 12 février 2019 - Cordonnier ; chauffeur routier – Sao Paulo
Article mis en ligne le 7 juillet 2019

par R.D.
Nito Lemos Reis

Nito Lemos Reis était l’un des cinq enfants de José Lemos Núñez et Carmen Reig Puig, un couple espagnol. Son père, José Lemos Núñez, était déjà un anarchiste et un anticlérical fervent en Espagne. Au Brésilla famille s’était installée à Vila Bertioga (Sao Paulo).

À l’époque, il était très courant pour les anarchistes d’organiser leur propre bibliothèque à la maison, contenant des livres, des revues, des journaux et d’autres publications à caractère social et libertaire. C’est avec ce matériel que José, le père de Nito, encouragea la lecture libertaire parmi ses enfants et les amis de ses enfants.

Vers 1942, sous la dictature de Getulio Vargas et sous le régime d’Estado Novo, ces jeunes gens avaient invité d’autres garçons et filles et avaient fini par fonder un groupe appelé Centro Juvenil de Estudios Sociales dont l’objectif principal était de lire et de débattre des questions sociales, notamment sur la base du fonds apporté par José Lemos Núñez. C’est ce groupe –essentiellement formé des familles Lemos, Cubero et Cuberos - qui finit par créer une nouvelle génération d’anarchistes à Vila Bertioga (ce qui sera essentiel pour le renouveau de l’anarchisme dans les décennies suivantes).

Nito participait également aux activités de Nossa Chacara, une ferme construite à Iatim (Sao Paulo) par un groupe pour y abriter ses activités et enregistrée en novembre 1939 comme Sociedade Naturista Amigos de Nossa Chacara (SNANC). Après l’implantation de la dictature militaire en avril 1964, les compagnons avaient revendu cette ferme à Itaim pour en acheter en 1966 une autre à Mogi das Cruzes et appelée Nosso Sitio et à laquelle Nito -comme plusieurs autres compagnons - dont Gumersindo Alvarez Fernanez, Felix Gil Herrero, Joao Rojo, José Oliva Castilo, Antono Martinez - contribua financièrement et aussi pour y amener les compagnons avec son camion lors des réunions périodiques qui s’y déroulèrent pendant la dictature. .

Après une longue période de répression, le Centro de Cultura Social de São Paulo rouvrit publiquement le 9 juillet 1945. Un jour, le militant espagnol Alfredo Chaves, qui faisait partie du Centro de Cultura Social de São Paulo, assista à l’une des réunions du Centro Juvenil de Estudos Sociais. Il en informa les autres militants du Centro de Cultura Social, qui assistèrent également aux réunions du Centro Juvenil. Parmi eux, il y avait Edgard Leuenroth, qui avait été l’un des organisateurs de la grève générale de 1917 à São Paulo, qui se répandit aux principales villes du Brésil, notamment Rio de Janeiro.

Dans les années 1950 Nito fut également l’u des principaux animateurs du Centro de Cultura social et de son groupe théâtral auquel participait également sa compagne Luz Alvarez (née en 1931), fille du compagnon Gumersindo Alvarez Fernandez avec laquelle il s’était uni librement en 1957 et avec laquelle il eut une fille Thais Alvarez Lemos Gil.
A cette époque , Nito collaborait à la diffusion des journaux A Plebe et Açao Direta.
Par la suite il participa à la distribution et au financement des journaux O Libertario (octobre 1960) puis Dealbar ( septembre 1965).

Après la fin de la dictature militaire et la réouverture du Centre de culture sociale le 14 avril 1985, avec le poids de l’âge, Nito Lemos Reis s’éloigne progressivement des activités publiques des médias anarchistes. Toutefois il avait été l’un des fondateurs en septembre 1986 du Circulo Alfa de Estudios historicos.

Les jeunes libertaires, d’autre part, n’ont pas non plus l’habitude de rendre visite à leurs compagnons plus âgés ; beaucoup finissent par ignorer l’histoire même de l’anarchisme. Ainsi, les jeunes ratent l’occasion d’apprendre de la vaste expérience de leurs aînés.
Même sans le contact des membres plus jeunes et plutôt découragé par les orientations sociales d’aujourd’hui, Nito Lemos Reis, dans une interview réalisée par des membres du Noyau d’études libertaires Carlo Aldegheri (NELCA) le 12 mars 2017, nous déclara : "Je crois en l’anarchisme comme solution humaine. Ce serait une solution à l’ensemble du problème social."

Nito Lemos Reis est décédé le 12 février 2019 à Sao Paulo d’une insuffisance cardiaque.


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